Petit, le cheveu sombre, le sourire éclatant et le teint buriné, il parle anglais avec un fort accent français. Discret, il en dit peu sur sa vie personnelle. La plupart de ses collègues ignorent qu’il a une ex-femme et deux enfants, en France. Il est métis, né à Dalat en 1927 de père français et de mère vietnamienne. Élevé en France, il a fait les Beaux-Arts à Rennes, en Bretagne. Son expérience de la photo de guerre, c’est dans l’armée française, depuis 1950, qu’il se l’est forgée, car il s’est engagé dans le but d’être affecté au Vietnam où son père vit toujours. Cela fait donc vingt ans qu’il parcourt les routes de la péninsule, muni de ses appareils photo. L’Histoire et le goût de l’aventure ont fait le reste.
Sur le champ de bataille, Henri Huet est autosuffisant, rapide, « maître dans l’art de se rendre invisible », note Horst Faas qui dirige les opérations photographiques d’AP au Vietnam. Il se faufile au cœur de l’action sans se faire remarquer et se positionne toujours à la bonne distance. Pour déclencher, il sait prendre son temps ; il attend que l’image se compose. Certains se souviennent qu’il leur a appris à survivre sur le champ de bataille, certains qu’il n’est avare ni de conseils, ni de son temps, d’autres qu’il est toujours prêt pour une bonne plaisanterie. Il rapporte ses films à Saigon, épuisé, amaigri, couvert de la terre du Vietnam.
Ses photos paraissent dans les journaux du monde entier. Il saisit tous les visages de la guerre. Ceux de la détresse des soldats, ceux de la terreur des civils et ceux des enfants. Il fixe sur la pellicule les yeux d’une petite fille que des soldats américains ont trouvée dans une grotte, sur la route de Dalat, à quelques kilomètres de sa maison natale. Il y a eu aussi ce jour de janvier 1966 où il rapporte du combat tant de bonnes photos que le rédacteur en chef photo du bureau d’AP ne sait pas où donner de la tête. Et Larry Burrows, le célèbre photographe de Life, déclare en voyant la photo du médecin Thomas Cole, le visage enveloppé de bandages, apportant des soins à un autre soldat : « C’est la une de Life ! ». Ce reportage vaut à Henri Huet la Robert Capa Gold Medal.
Et l’année suivante, en septembre 1967, il ne peut échapper au feu. Il est sérieusement blessé à Con Thien. Dana Stone, qui apprécie tant sa compagnie sur le terrain, immortalise la scène : Henri grimace de douleur dans une tranchée, ses appareils à côté de lui. Évacué, opéré, il est éloigné du champ de bataille pendant quelques mois. À peine rentré au Vietnam, il est impatient de retrouver l’action. Les missions sur le terrain se succèdent à nouveau. En 1969, la direction d’AP, inquiète des dangers qu’il court, le persuade d’accepter un transfert à Tokyo. Très vite, il s’ennuie ferme et n’aspire qu’à retourner au Vietnam. Le prétexte de l’invasion du Cambodge, en mars 1970, est tout trouvé : le bureau de Saigon manque de bras et demande qu’on renforce son équipe. Henri est candidat et obtient son transfert. Il est à nouveau chez lui. Il suit de près les opérations militaires au Cambodge. Ses courriers traduisent son inquiétude et son épuisement, et ce d’autant que l’invasion du pays s’accompagne de la mort et de la disparition de nombreux journalistes, parmi lesquels ses proches amis les photographes Kyioshi Sawada et Dana Stone.
À peine revenu au Vietnam, il est à nouveau happé par l’actualité, l’invasion du Laos que préparent, depuis quelques mois, Sud-Vietnamiens et Américains. Les journalistes se groupent à la frontière, à Khe Sanh. Le temps est pluvieux, l’attente pénible. Henri Huet fait parvenir à Saïgon ce qui seront ses dernières pellicules. Pour la première fois depuis le début de la guerre, les Américains refusent d’embarquer des civils dans les hélicoptères. Les Sud-Vietnamiens suivent aussi cette règle, mais, le 9 février, l’officier qui commande la force sud-vietnamienne d’intervention au Laos convie des journalistes à l’accompagner dans son inspection du front. Les quatre photographes qui montent dans l’hélicoptère sont Larry Burrows, Kent Potter, Henri Huet et Keisaburo Shimamoto. Peu avant midi, les hélicoptères décollent et se dirigent vers le Sud. La théorie la plus communément admise est que l’hélicoptère de presse s’est égaré sur le terrain montagneux de la piste Hô Chi Minh.
Le site du crash du 10 février 1971 sera localisé presque trente ans plus tard et répertorié sous le numéro 2062. Une équipe de recherche américaine se rend sur place, accompagnée par Horst Faas et Richard Pyle fidèles à leur amitié. Du flanc de la montagne, on déterre de la pellicule 35 mm, des optiques de Nikon, des fragments de montres, des boucles de ceinture, une médaille de baptême… et le boîtier d’un Leica. Des restes retrouvés sur le site du crash ont été scellés dans le mur du Mémorial des journalistes du musée de la presse, le Newseum, à Washington, en avril 2008.
Source : http://www.slash.fr



Nick Ut a photographié cette petite fille le 8 juin 1972 qui fuyait le village de Trang-Bang, à 65 km au Nord-Ouest de Saigon, après avoir été brûlée lors du bombardement par l’aviation sud-vietnamienne. Nick Ut obtenu le prix Pulitzer pour cette photographie.
Il existe également une vidéo, beaucoup moins diffusée, filmée par le cameraman britannique Alan Downes d’ITN (Independent Television News), qui montre les événements juste avant et juste après la prise de cette photographie.
La parution de la photographie a été retardée jusqu’au 12 juin 1972 au motif qu’elle mettait en scène la nudité d’enfants. Après un débat au sein de l’agence de presse et une série de décisions individuelles, il a été finalement décidé de la publier en raison de son intérêt journalistique exceptionnel, mais en évitant de faire un gros plan sur l’enfant brûlée
La véracité de ces événements et l’authenticité de la photographie a été mises en doute dés 1972, en particulier par le président américain Richard Nixon, ce qui entraîna des nombreuses réactions. Nick Ut avait alors délcaré que « la photographie était aussi authentique que la guerre du Viêt Nam elle-même ».
Considérée comme un témoignage vivant des horreurs de la guerre et symbole du pacifisme, Kim Phúc a été nommée Ambassadrice de Bonne Volonté de l’UNESCO le 10 novembre 1997.

Patrick Chauvel est l’un des derniers correspondants de guerre indépendants ayant couvert les conflits majeurs de la seconde moitié du xxe siècle. Le Vietnam, le Cambodge, le Liban, le Salvador, l’Afghanistan, la Tchétchénie,…
Longtemps considéré comme « le photographe le plus fou de la planète », Patrick Chauvel a décidé de diversifier ses outils de communication. Si la photographie reste son activité principale, il est aussi passé du coté de la réalisation et de l’écriture.
Grâce à son père journaliste, il cotoyera dès son adolescence de grands journalistes ainsi que des aventuriers qui vont sceller son destin : Gilles Caron, Pierre Schoendoerffer, Joseph Kessel, Jean Lacouture… En répondant à une annonce dans un journal israélien à quelques semaines de la guerre des six jours, il découvre son métier. Gilles Caron lui laissera un Leica M3 qu’il n’aura l’occasion de lui rendre. Parti remplacer des civils dans les kibboutz, il fait le mur pour rejoindre les premières lignes lorsque la guerre éclate. Les photos sont ratées. Peu importe, Patrick a compris son chemin.
Près de 300 jours par an à l’étranger. Bercé par les tirs en rafales et les départs précipités, il acquière, peu à peu, une étiquette de photographe de guerre. Formé au laboratoire de France Soir, il abandonne rapidement le show-business pour les tranchées. Travaillant pour Newsweek, Paris Match, Sipa-Press, Sygma…
Sur place, son humanité ressort. Il capte les histoires et les émotions.
Patrick manie aussi bien la caméra que l’écrit ou la photo. Peu importe le support. « Aujourd’hui, l’information est tellement omniprésente que si l’on ne sait pas ce qui se passe, c’est que l’on refuse de le savoir ». Bien qu’il parte de moins en moins, la guerre le poursuit toujours. Elle est partout, autour de lui. « On trimbale toujours la guerre avec soi. Les sons et les odeurs la rappellent. Les barbecues renvoient aux cadavres brûlés. A Paris, un homme entre dans un bar, on a l’impression qu’il va se faire tuer. A la campagne, près des buissons, on pense toujours à une embuscade… ».
Ses clichés, anciens et récents, se superposeront bientôt pour incarner la méfiance. Méfiance des conflits à venir. Méfiance des apparences. Méfiance de la violence gratuite. Au fond, la mort est la seule chose dont il ne se soit jamais méfié.

Larry Burrows a photographié la guerre du Vietnam depuis les premiers moments de l’engagement américain, en 1962, jusqu’à sa mort en 1971, lorsque son hélicoptère fut abattu à la frontière entre le Vietnam et le Laos. Il s’est trouvé au cœur du conflit, dans un pays dévasté, parmi des soldats et des civils traumatisés par la cruauté de la guerre. Ses images, publiées par le magazine Life, ont touché la conscience américaine et contribué à faire naître les mouvements de protestation qui ont secoué les Etats-Unis dans les années 60.Comme le dit David Halberstam, » Larry Burrows fit oeuvre d’historien autant que de photographe et d’artiste. Grâce à ses reportages, les générations nées après sa mort possèdent un témoignage unique de ce que fut cette terrible guerre. Ce livre est en quelque sorte son testament. «
Je tenais particulièrement à vous parler de ce photographe car c’est par le biais de son travail sur le Vietnam que j’ai notamment commencé à m’intéresser au photojournalisme et à y être sensibilisé. Si vous voulez vous procurer ce livre il n’est malheureusement plus édité mais vous pouvez le faire venir des Etats-Unis en cliquant ici

Photos ensevelies du ghetto de Lodz - Henryk Ross

