L’exposition « Rapporteur de guerre » – Patrick Chauvel
Déjà exposé à Bastia, Patrick Chauvel est également à l’honneur au Centre Mondial de la Paix de Verdun jusqu’au 26 mai. Des photos violentes, étonnantes, qui témoignent d’une carrière entière passée à montrer la réalité, pour que plus jamais l’on ne puisse dire « on ne savait pas ».

© Patrick Chauvel
De guérillas en révolutions, de batailles en exécutions, ce témoin de la guerre retrace ici 30 années de conflit à travers des photos prises en Afghanistan, en Tchétchénie, en Haïti, au Liban ou encore au Vietnam. Une sélection qui, si elle choque, sensibilise forcément le public par le trouble que crée la vue de ces corps, de ces enfants, de la torture et de la mort.

Au Centre Mondial de la Paix à Verdun jusqu’au 26 mai 2013
Patrick Chauvel – Portrait
A 63 ans, Patrick Chauvel, légende vivante du photoreportage, continue de parcourir la planète d’un conflit à l’autre. Dans son dernier livre, il revient sur les révolutions sud-américaines des années quatre-vingt.
Quand le photoreporter Patrick Chauvel a monté sa société de production, son banquier lui a proposé de la baptiser «Agios». Il y a de quoi : «Financièrement, je n’ai jamais eu deux années tranquilles devant moi. Je n’ai pas acheté d’appartement, ma moto a trente ans et ma voiture, quarante !» Ca ne l’angoisse pas, mais ça peut l’énerver. Surtout quand le manque d’argent le cloue au sol alors qu’un conflit éclate à l’autre bout du monde. Visiblement, il n’a toujours pas digéré d’avoir raté la chute de Saigon… Depuis, il s’est rattrapé.

C’est en couvrant l’année dernière la révolution libyenne que lui est venue l’idée de son nouveau livre, Les pompes de Ricardo Jesus : «L’enthousiasme des printemps arabes m’a rappelé celui des printemps sud-américains». Cela donne un passionnant récit dans lequel les aventures s’enchaînent, du Salvador à Cuba, du Nicaragua au Suriname, à dos d’âne avec des guérilleros dépenaillés, au cœur de la jungle avec des mercenaires anglais. Il y a des évènements inattendus – l’assassinat de l’archevêque Romero en plein office, une baignade matinale avec Bob Marley – des histoires d’amour et d’amitié : «il y avait quelque chose de joyeux au milieu de toute cette violence. Aujourd’hui, dans le monde arabe, il est beaucoup plus dur de décompresser, il n’y a pas d’alcool et les femmes sont cachées…»
Au domicile de Bob Marley. Le chanteur jamaïcain invite le photographe à fumer un joint avec lui.PATRICK CHAUVEL / CORBIS-SYGMA
Certains jeunes photographes sont venus au métier à la lecture de son premier livre. Lui qui a dû faire le deuil de son maître, Pierre Schoenderffer, récemment disparu, se retrouve aujourd’hui investi du rôle de grand ancien. La roue tourne. Il se souvient d’avoir croisé en Lybie, au bord d’une route, un de ces garçons pleins d’audace et d’enthousiasme : «Je regardais le désert, il me parlait, je n’écoutais pas trop, et puis ce qu’il m’a dit m’a touché, il y avait quelque chose de presque romantique dans sa vision du métier. Cela m’a rendu optimiste, je me suis dit « tiens, la relève est là… »». Quelques mois plus tard, Rémy Ochlick, vingt-huit ans, était tué dans un bombardement à Homs, en Syrie. C’est vers ce pays déchiré que veut maintenant s’envoler Patrick Chauvel : «Tant que le corps suit, je lâcherai pas l’affaire.»
Pour vous procurer son dernier livre, cliquez ici
Source : Vladimir de Gmeline – Marianne
Stanley Greene à la Petite Poule Noire
Stanley Greene a vécu 1000 vies: membre des Black Panthers et militant anti-guerre du Vietnam à l’adolescence, presque tué lors d’un attentat à la Maison Blanche de Moscou, remarqué par la légendaire W. Eugene Smith, il a été témoin de toutes les guerres contemporaines, notamment la Tchétchénie de 1994 à 2003 dont témoigne l’impressionnant «Open Wound: Chechnya.» L’existence de Stanley est dévouée corps et âme à son engagement photographique. A la fois timide et déterminé, il a cette impudeur des grands témoins; c’est cette impudeur que nous avons souhaité questionner avec lui.
Avec l’aide de Nathalie Lopparelli de l’atelier Fenêtre sur cour, son tireur depuis toujours, il a accepté de se plonger dans ses archives, de les redécouvrir, de se confronter à nouveau à l’horreur de certaines scènes, parfois longtemps occultées. De cette plongée en apnée est née l’exposition Entre chien et loup, un voyage non chronologique dans son travail – certains tirages étant exposés pour la première fois -, où l’Azerbaïdjan côtoie le Liban, où les femmes moscovites frôlent les soldats d’Irak, où la nuit parisienne se prolonge dans les eaux sombres de la Nouvelle Orléans, comme autant de fragments d’une longue histoire photographique où chaque image révèle une obscurité ou une tendresse là où on ne l’attendait pas.

Goz Beida, Tchad. Janvier 1995. ©Stanley Greene
En fouillant dans leurs archives, Stanley et Nathalie ont aussi retrouvé des images qui avaient été considérées comme immontrables. Oubliées pendant des années, elles lui sont revenues comme le ressac, l’ont hanté, puis se sont imposées. Exposées dans la salle du sous-sol, c’est une descente dans l’enfer de Greene; l’enfer, comme dans ces salles cachées qui abritaient autrefois les livres censurés de la BNF.
Peu de photo-journalistes sont capables de mettre des mots sur les intentions contenues derrière leurs images, sur la nécessité de couvrir les horreurs du monde, sur la difficulté de vivre avec. Stanley Greene fait partie de ceux qui peuvent, et il nous fera l’immense plaisir d’une rencontre avec le public, et de se livrer, aux côtés de ses images…
Jusqu’au 23 décembre 2011
A la Petite Poule Noire
12 bd des Filles du Calvaire / 75011 paris
Ouvert de 12h à 19h / du mardi au samedi
Métro Saint Sébastien Froissart
Yuri Kozyrev
Né en 1963, en ex-URSS, Yuri Kozyrev a couvert, en tant que photojournaliste, depuis vingt ans tous les conflits importants de l’ex-Union Soviétique, y compris les deux guerres de Tchétchénie.
Après le 11 Septembre 2001, il se rendit en Afghanistan, où il couvrit la chute des talibans.
Entre 2003 et 2009, il passa la plupart de son temps à Bagdad comme photographe sous contrat pour le Time Magazine, voyageant à travers le pays pour rendre compte des différents aspects du conflit irakien. Il en ressortit notamment un livre « Inside Iraq‘, paru en 2008 publié à l’occasion des 20 ans du Festival Visa pour l’image de Perpignan.
Les citoyens de Owja et Tikrit se rassemblent pour enterrer les corps des fils du leader irakien renversé. 2 août 2003.
À chaque grande guerre son photographe. Capa pour la guerre d’Espagne, Griffiths pour le Vietnam… et Kozyrev pour l’Irak.
Yuri Kozyrev a reçu de nombreux prix pour ses photographies, dont plusieurs World Press Photo pour des photos prise notamment en Tchétchénie et en Irak.
En 2011, Yuri a remporté le Visa d’or catégories news pour l’ensemble de son travail: « Sur la route de la Révolution « . Depuis Février, Yuri a voyagé en Egypte, Bahreïn, Yémen et en Libye afin de couvrir les révoltes arabes pour le magazine Time. Il a également remporté deux prix: le Trophée publique et le Grand Prix Bayeux-Calvados pour son travail.
Comme les affrontements avec la police, la foule de la place Tahrir grandit chaque jour. Bannières et drapeaux recouvre la place, Novembre 25, 2011.
Pour voir les tout derniers clichés de Yuri Kozyrev, rendez-vous sur le site du Time
« Black Passport » – Stanley Greene
Célèbre photographe américain, disciple d’Eugène Smith, Stanley Greene revient ici sur sa carrière : de la photo de mode au reportage de guerre (Soudan, Rwanda, Tchétchénie, Afghanistan, Irak) en passant par des photos plus personnelles. Ses commentaires en « voix-off » nous éclairent sur sa pratique et rappellent que le professionnel et le personnel se tressent l’un à l’autre pour dessiner une approche du monde et de ses fracas, un regard sur les individus qui le peuplent.

Livrer ainsi son journal intime était un pari risqué. S’il est réussi c’est que Stanley Greene ne joue pas les héros, n’accumule pas les superlatifs sur l’horreur ou le danger, mais raconte simplement, ses doutes et ses peurs, ses interrogations sur la motivation de la violence et la notion de courage, son quotidien chaotique, l’amour et les séparations. Avec sincérité. Composé de courts récits où les images privées cohabitent avec les documents les plus durs sur la Tchétchénie ou le Rwanda, ce livre offre une passionnante introspection.
Broché : 200 pages
Editeur : Textuel
Prix : 45€ chez amazon
Stanley Greene – Biographie
Né à New York en 1949, Stanley Greene se lance dans la photographie après sa rencontre avec Eugène Smith, l’un des plus grands et des plus anciens photojournalistes, dont il remportera d’ailleurs le prestigieux prix en 2004, pour son reportage sur la guerre en Tchétchénie.
D’abord photographe de mode, il se spécialise, pour l’agence Vu qu’il a rejointe en 1991, dans les reportages durs, sur la misère, la guerre en Afrique, en ex-URSS, en Asie, en Amérique Centrale ou au Moyen-Orient. Il participe avec d’autres photographes à la création de l’agence Noor en 2007, en affichant une ligne éditoriale pure : un retour à l’essai photographique comme genre à part entière. Stanley a remporté trois World Press.
Voici une interview prise dans les locaux de Polka Magazine. Un très bon magazine photo qui organise des expositions gratuites en lien avec le numéro paru en kiosque. Je conseille à tout le monde d’y aller, qui plus est, ils ont déménagés dans le 3e arrondissement de Paris, beaucoup plus accessible que le quartier de Ménilmontant.
Prix remporté par Stanley Greene :
Open Society Institute, 2006
W. Eugene Smith Award, 2004
World Press Photo, 2004, 2001, 1993
Prix Scam Roger Pic, 2002
Pour plus d’informations sur Polka Gallerie cliquez ici
World Press Photo Award 2008
Le prix de la meilleure photo de presse de l’année 2008 fut décerné à Anthony Suau en février dernier.
La scène, dramatisée par l’emploi du noir et blanc, se déroule à Cleveland, Ohio, alors qu’un policier patrouille arme au poing dans un logement de toute évidence abandonné par ses occupants ruinés, dans le scandale des prêts hypothécaires. L’absurdité de la scène mais aussi le poids de cette actualité, qui a entraîné le monde dans une crise économique douloureuse, ont certainement fait pencher le jury en faveur de cette photo.

©Anthony Suau
Spécialiste du noir et blanc, à 52 ans Anthony Suau n’est pas un débutant. Photographe attitré de Time depuis 1991 et fournisseur d’une dizaine d’agences, il avait remporté le même prix en 1987 (manifestations en Corée du sud) et un prix Pullitzer en 1984 (famine en Ethiopie). Il détient la Médaille d’or Robert Capa pour son travail en Tchétchénie en 1995 et 1996.
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