Le FIGRA a rendu hommage cette année à Christian Poveda, réalisateur et grand reporter de nationalité française, assassiné au Salvador en septembre 2009, alors son documentaire « LA VIDA LOCA » témoignage exceptionnel et explosif sur les gangs du Salvador sortait sur les écrans de cinéma en France.
Son film est une véritable plongée aux images “choc” dans la vie de ces gangs surtout connus du grand public pour leurs tatouages spectaculaires sur tout le corps, les fameux « maras ».
Christian Poveda savait parfaitement l’importance du FIGRA pour les réalisateurs et producteurs de documentaires. Assassiné le 30 septembre au Salvador, il appartient aujourd’hui au panthéon des trente-neuf journalistes qui ont payé de leur vie la passion de filmer au plus près de la réalité des faits et des hommes.
Il eût été ravi d’être là pour débattre avec le public des raisons essentielles de son investissement quatre ans durant pour mener à terme la réalisation de « La Vida Loca ». Revenu en 2001 dans le pays qui l’avait fait connaître dans les années 1980, en pleine guerre civile, il n’avait pas supporter la banalisation dans la capitale salvadorienne de la mort (10 victimes en moyenne par jour), que générait la guerre sans pitié des gangs viscéralement attachés à leur slogan « Tuer pour vivre, vire pour tuer ».
Les « Pandilleros » l’appelaient « l’Ami », tant il avait fait de sa caméra un coup de poing qui n’était que main tendue vers l’espoir d’un pacte de paix entre la « Salvatrucha » et la « 18 ». Certains chefs de gangs voulaient faire de lui leur médiateur. Mais condamnés par la majorité d’entre eux, ils l’ont précédé dans la mort.
Christian Poveda a payé de sa vie l’œuvre ultime d’un journaliste, réalisateur fidèle à des convictions, qui font l’honneur et la grandeur du métier.
Source : http://culturebox.france3.fr/



Le réalisateur de La Vida Loca, documentaire sortit le 30 septembre au cinema a été retrouvé mort au Salvador, tué par balles, début septembre. Ce dernier trounait actuellement un second documentaire sur les gangs.
« La Vida Loca » traite du gang des Maras, construits sur le modèle des gangs de L.A, ils sévissent en Amérique Centrale. Pour la petite histoire, « Mara » est un mot provenant de l’argot salvadorien. Son sens a évolué de «groupe d’amis» à «groupe de criminels». Mara désigne, à l’origine, la fourmi légionnaire mais c’est également l’abréviation de marabunta : une migration massive et destructrice de ces fourmis chasseuses…
C’est dans les années 80 qur Poveda arrive pour la première fois au Salvador en tant que photo-reporter. En 81, il réalise son premier documentaire, mais c’est dans les années 90, après avoir quitté le photo-journalisme, qu’il décide de se consacrer exclusivement à la réalisation.
Caméra embarquée, Poveda nous ramène le quotidien d’une jeunesse sans espoir, livrée à elle-même et à la mort. Après une guerre révolutionnaire au Salvador, qui dura 15 ans, la nouvelle guerre oppose « les pauvres aux pauvres »! Désormais, on ne peut plus nier que les jeunes filmés par Poveda sont autant des meurtriers que des victimes…
Ce documentaire sur les gangs du Salvador, discret mais puissant, simple mais intelligent, prend avec la disparition de son auteur, un rayonnement médiatique encore plus important.
Il réalisa, entre autre au cours de sa carrière de réalisateur, On ne tue pas que le temps en 96 et Voyage au bout de la droite en 98. En tout il aura signé 15 documentaires avant La Vida Loca.

Patrick Chauvel est l’un des derniers correspondants de guerre indépendants ayant couvert les conflits majeurs de la seconde moitié du xxe siècle. Le Vietnam, le Cambodge, le Liban, le Salvador, l’Afghanistan, la Tchétchénie,… . Longtemps considéré comme « le photographe le plus fou de la planète », Patrick Chauvel a décidé de diversifier ses outils de communication. Si la photographie reste son activité principale, il est aussi passé du coté de la réalisation et de l’écriture.
Grâce à son père journaliste, il cotoyera dès son adolescence de grands journalistes ainsi que des aventuriers qui vont sceller son destin : Gilles Caron, Pierre Schoendoerffer, Joseph Kessel, Jean Lacouture… En répondant à une annonce dans un journal israélien à quelques semaines de la guerre des six jours, il découvre son métier. Gilles Caron lui laissera un Leica M3 qu’il n’aura l’occasion de lui rendre. Parti remplacer des civils dans les kibboutz, il fait le mur pour rejoindre les premières lignes lorsque la guerre éclate. Les photos sont ratées. Peu importe, Patrick a compris son chemin.
Près de 300 jours par an à l’étranger. Bercé par les tirs en rafales et les départs précipités, il acquière, peu à peu, une étiquette de photographe de guerre. Formé au laboratoire de France Soir, il abandonne rapidement le show-business pour les tranchées. Travaillant pour Newsweek, Paris Match, Sipa-Press, Sygma…
Sur place, son humanité ressort. Il capte les histoires et les émotions.
Patrick manie aussi bien la caméra que l’écrit ou la photo. Peu importe le support. « Aujourd’hui, l’information est tellement omniprésente que si l’on ne sait pas ce qui se passe, c’est que l’on refuse de le savoir ». Bien qu’il parte de moins en moins, la guerre le poursuit toujours. Elle est partout, autour de lui. « On trimbale toujours la guerre avec soi. Les sons et les odeurs la rappellent. Les barbecues renvoient aux cadavres brûlés. A Paris, un homme entre dans un bar, on a l’impression qu’il va se faire tuer. A la campagne, près des buissons, on pense toujours à une embuscade… ».
Ses clichés, anciens et récents, se superposeront bientôt pour incarner la méfiance. Méfiance des conflits à venir. Méfiance des apparences. Méfiance de la violence gratuite. Au fond, la mort est la seule chose dont il ne se soit jamais méfié.


