Publié le 5th octobre 2011

Le photographe, fondateur de la célèbre agence Sipa est mort mercredi 5 octobre, dans un paysage médiatique bien différent. Les magazines ne se battent plus pour les meilleures images, les photographes ont du mal à vivre, et les agences photos sont en pleine déconfiture. De la vie extravagante de Goksin Sipahioglu, on aurait pu faire un film. L’homme lui-même ne laissait pas indifférent : immense (il a été basketteur professionnel), beau parleur, homme à femmes, aventurier et un peu voyou, il faisait confiance facilement et pouvait s’emporter tout aussi rapidement.

 

Né en 1926 à Izmir, en Turquie, le jeune homme commence par s’embarquer dans une double carrière de basketteur et de journaliste. Très tôt, il se vante d’aligner les scoops: en 1958, il est  » le premier journaliste turc à entrer en pays communiste après la guerre », dit-il au Monde. Il est aussi le premier occidental à photographier l’Albanie passée sous régime communiste en 1961. Mais c’est surtout à Cuba qu’il s’illustre, en 1962 : durant la crise des missiles, alors que le blocus de l’île est mis en place, il se glisse dans un cargo turc qui doit acheminer du blé à La Havane via la Barbade. A l’époque, il dirige aussi des journaux.

Mai 68 ©Goksin Sipahioglu

 

C’est Paris, capitale montante du photojournalisme, qui va lancer sa deuxième carrière. D’abord correspondant d’Hürriyet, principal quotidien turc, en 1966, il couvre mai 68 avec brio – et se fait blesser par une grenade. En 1969, il crée finalement avec sa compagne une agence : les films sont développés dans les toilettes d’un studio de 16 mètres carrés ! Pendant des années, tout est artisanal : les anciens de l’agence se souviennent des fois où Goksin Sipahioglu prenait la monnaie de la machine à café pour payer les photographes et des coupures d’électricité pour facture impayée « on tirait une rallonge jusqu’à la prise du couloir… »Sipa, créée officiellement en 1973, devient pourtant très rapidement un modèle, au côté de Gamma et Sygma.

 

Mai 68, ©Goksin Sipahioglu

 

Le patron a un sens du scoop, et il a aussi du flair pour dénicher les bons photographes. Un nombre impressionnant d’entre eux se sont vus donner leur chance à Sipa, y compris… le plombier de l’agence. Parmi les plus connus, Luc Delayahe, Alexandra Boulat, Abbas, Patrick Chauvel, Reza ou Christine Spengler ont fait leurs classes à Sipa. Mais Göksin Sipahioglu a des manières patronales particulières : il tutoie tout le monde et marche à l’affectif mais ne supporte pas les syndicats. Il cajole ses photographes mais se montre aussi très possessif. Et il ne partage pas le pouvoir.

 

Avec la crise de la presse et la montée du « people », les agences photo d’actualité vont connaître des heures difficiles. Pendant longtemps Göksin Sipahioglu refusera obstinément de vendre, avant de céder en 2001, devant les pertes, et d’accepterl’offre de Sud Communication. En juillet dernier, toujours déficitaire, l’agence a finalement été revendue à un groupe allemand qui a licencié les deux tiers des photographes et a annoncé sa volonté de transformer Sipa en agence généraliste. Une idée bien loin de l’ancienne Sipa, fleuron du photojournalisme créé par Goksin Sipahioglu.

 

Publié le 12th février 2011

Patrick Chauvel, grand reporter engagé et témoin des  plus importants conflits mondiaux depuis quarante ans, propose une série de photomontages inédits. Son travail est une projection de la guerre à Paris : il transpose ses clichés les plus frappants devant les monuments emblématiques de Paris. Notre Dame est envahie par des combattants canadiens, une jeune femme est tuée par un sniper serbe devant l’Assemblée Nationale ou encore des tankistes russes gisent sur le parvis du Trocadéro. Patrick Chauvel rappelle que les conflits, si souvent banalisés dans l’actualité, sont plus proches que ce que l’on pense.


Patrick Chauvel, grand reporter engagé et témoin des  plus importants conflits mondiaux depuis quarante ans, propose une série de photomontages inédits. Son travail est une projection de la guerre à Paris : il transpose ses clichés les plus frappants devant les monuments emblématiques de Paris. Notre Dame est envahie par des combattants canadiens, une jeune femme est tuée par un sniper serbe devant l’Assemblée Nationale ou encore des tankistes russes gisent sur le parvis du Trocadéro. Patrick Chauvel rappelle que les conflits, si souvent banalisés dans l’actualité, sont plus proches que ce que l’on pense.


Depuis la guerre du Vietnam, Patrick Chauvel a observé et photographié tous les théâtres d’opération, se  donnant pour mission de montrer la guerre dans l’espoir de la combattre.


L’Arc de triomphe © Patrick Chauvel / photomontage Paul Biota



La France vit aujourd’hui l’une des plus longues périodes de paix de son histoire. La violence est devenue  épisodique, marginale. Mais la paix n’est jamais acquise. Chauvel se souvient de Beyrouth comme d’une ville heureuse, prospère, insouciante, multiculturelle. Du jour au lendemain, le Liban a sombré dans une guerre  civile qui a  fait 150 000 morts. Il a passé plusieurs mois à Belfast. Il a séjourné à Sarajevo, une ville européenne donnée comme exemple de cohabitation réussie entre des communautés différentes puis  martyrisées par une guerre fratricide.


En superposant une image de guerre réelle sur une photographie du Paris actuel, Patrick Chauvel pousse à l’extrême le message que tous les journalistes de guerre veulent transmettre. Il faut rester mobilisé pour sauvegarder la paix.

Du 20 janvier au 17 avril 2011 à la Monnaie de Paris, 11 quai de Conti Paris 6e

Ouverture tous les jours de 11h à 18h et nocturne le jeudi jusqu’à 21h30. Fermé le lundi.



Source : http://culturebox.france3.fr et http://www.monnaiedeparis.fr


Publié le 20th septembre 2010

Sélectionné par la Mairie de Paris dans le cadre de la Nuit Blanche 2010, qui aura lieu le samedi 2 octobre 2010 de 19h à 7h du matin, Johann Soussi exposera son travail sur le métro parisien.

 

Au travers de 44 photographies argentiques grand format un regard nouveau et spectaculaire sur cet univers souterrain. Les images suspendues le long du quai de l’écluse créent la rencontre et la surprise avec le visiteur. Disposées au fil d’un parcours situé littéralement sous la rame de la ligne 5, elles offrent aux voyageurs noctambules une parenthèse culturelle et artistique dans un espace résolument « underground ».


« Je suis descendu dans le métro. J’ai plongé dans cet univers souterrain et j’ai découvert une ville dans la ville. Avec mon vieil argentique, je me suis perdu dans cet obscur labyrinthe, de prime abord peu attrayant, et j’ai observé. […] Le métro est une scène effervescente, un lieu de vie cosmopolite, hétéroclite, un véritable lieu de brassage urbain, où tout se mêle et s’entremêle. […] J’ai déambulé sur les quais, arpenté les couloirs, erré d’une ligne à l’autre, l’oeil vissé dans mon viseur. Juste regarder le métro bouger, s’animer. Et prendre des photos, capter des moments au hasard de mes pérégrinations, sous terre, là où la lumière reste toujours la même. »

Johann Soussi



Le lieu de l’exposition :


À deux pas de la Bastille, dans un coin insolite peu connu des parisiens, le quai de l’Écluse du Port de l’Arsenal ouvre l’accès au canal Saint Martin depuis la Seine et débouche sur le port de plaisance du Bassin de l’Arsenal.

Le passage du métro de la ligne 5 au dessus du lieu de l’exposition, sur un pont métallique qui enjambe le bassin de l’écluse, confère à cet espace une ambiance détonante et une atmosphère « underground ».


Dans ce lieu enfoui au cœur du Marais, habituellement fermé au public la nuit, le visiteur suit, à proximité de l’eau, un parcours photographique et découvre un univers visuel et sonore à la fois spectaculaire et étrangement familier.


Johann Soussi

« Aller-Retour »


Nuit Blanche, le 2 octobre 2010

Ouverture au public : de 19h à 7h du matin



Publié le 10th mai 2010

Soixante-dix mariages parisiens immortalisés en deux ans. A partir de demain, la Mairie de Paris joue les romantiques et présente l’exposition « Paris d’amour », 170 clichés de Gérard Uferas. Le photographe a commencé par les mariages de ses amis, puis ceux des amis de ses amis. Et a même parfois démarché dans le métro de futures mariées en plein enterrement de vie de jeune fille, leur exposant son projet. « J’avais envie d’un thème positif. On dit que Paris est une ville dure, où les gens s’ignorent, que les Parisiens ne sont pas très accueillants. C’est un discours général, qui selon moi est faux. »


Le mariage, un élément commun à toutes les cultures

Gérard Ufera

Entre son mariage civil du matin et son mariage religieux de l’après-midi, la mariée a choisi de faire une pause chez ses grands-parents


Il a donc choisi « de montrer que les gens partagent tous le même rêve, celui de rencontrer l’amour. On a beaucoup parlé du repli communautaire, mais je crois que les gens vivent beaucoup mieux que ce que l’on pense », explique-t-il. Ses images, réalisées lors de mariages de différentes cultures ou confessions religieuses, montrent en effet des valeurs partagées. « Le mariage est un point commun à toute l’humanité », ajoute-t-il. Loin des clichés ringards de photos de mariage représentant des familles en rang d’oignons, Gérard Uferas s’est attaché aux coulisses du sujet. Une mariée grignote un sandwich au jambon chez sa grand-mère entre midi et deux. Une autre a écrit le mot « oui » dans sa main, en guise de pense-bête. Un marié essuie discrètement les larmes de sa femme sur l’autel de l’église. « C’était un moment intime, j’étais très ému de prendre ce cliché », se souvient le photographe. Il a également interviewé ses sujets, et des extraits audio sont diffusés dans les couloirs de l’exposition. « Je l’ai dragué, susurre une jeune fille. J’avais un Pisco dans le nez, c’est l’alcool du Chili. Je le trouvais beau, je lui ai demandé si je pouvais lui faire un bisou. Il a dit oui. Aujourd’hui, on est mariés. » Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple.


Paris d’amour. Al’hotel de Ville, au 29, rue de Rivoli (4e), jusqu’au 31 juillet.
De 10h à 19h, tous les jours sauf dimanche et jours fériés
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Entrée gratuite.


Source : 20minutes.fr, Magali Gruet
Publié le 3rd mai 2010

A première vue, on pourrait croire à une campagne de pub pour un voyagiste. Mais, si l’on regarde un peu mieux les murs de la station RER Luxembourg, on risque de manquer son train. Jusqu’au 12 septembre, le photographe iranien Reza y présente l’exposition « Chemins parallèles ». A l’origine de ces oeuvresn une promesse de l’artiste à son fils : un voyage à deux autour du monde, dont la première étape les a entraînés sur la Route de la soie, de Pékin à Paris. En chemin, Reza a fixé sur pellicule, la Mongolie, la Russie, le Caucase. Et surtout leurs habitants, aux regards troublant.

1985. Afghanistan. Province du Nouristan. Rires et jeu d’imitation du photographe de passage dans un pays en guerre. Copyright Reza/Webistan.


L’exposition revient aussi sur plus de 30 ans de voyages. Un turmène et son cheval se découpent sur un ciel éblouissant, un viel homme lit le Coran en tailleur sur un lit pisé sur les montagnes afghanes… « Ma vie de nomade et d’exilé m’a transformé en citoyen du monde » écrit le photographe. Il en sera de même, pur quelques minutes, des voyageurs de la ligne B.

Une série documentaires sera diffusé du 24 au 28 mai prochain à 20h10 sur National Geographic Channel.

Le livre « Chemins parallèles » est paru aux éditions Hoëberke (192p. 24€)



Source :20 minutes du mardi 27 avril 2010, Hélène Colau


Publié le 4th février 2010

La Mairie de Paris rend hommage au photographe Izis avec l’exposition « Izis Paris des rêves » du 20 janvier au 29 mai 2010 à la Salle Saint-Jean Hôtel de ville à Paris.

Après avoir séduit 500 000 visiteurs avec l’exposition Willy Ronis à Paris (2005-2006) et 300 000 autres avec Doisneau (2006-2007), la Mairie de Paris entend rendre l’hommage qu’il mérite à Izis en consacrant une grande rétrospective au photographe-poète, de janvier à mai 2010.

A travers 270 photographies, des livres, des documents filmés, « Izis, Paris des rêves » présentera, dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville, toute la palette de celui qui fut aussi bien portraitiste que reporter. Le cœur de l’exposition sera dédié à l’œuvre parisienne d’Izis.

Apprécié depuis comme l’un des membres éminents du mouvement « humaniste », Izis était en 1951 l’un des 5 photographes français exposés au MoMA de New York, avec Brassaï, Doisneau, Ronis et Cartier-Bresson. Presque trente ans après sa disparition, en 1980, le photographe demeure cependant moins célèbre que ses compagnons d’alors.

 

 

Publié le 28th octobre 2009

Après le Japon en 2008, c’est au tour de l’Iran et des pays arabes d’être mis en avant lors du Paris Photo qui se déroulera dans le prestigieux cadre du Carrousel du Louvre du 19 au 22 novembre. 101 exposants, dont 88 galeries et 13 éditeurs seront présents. Au total, 23 pays seront représentés. Véritable foire internationale de la photographie, Paris Photo s’est imposé comme un rendez-vous incontournables pour les photographes, collectionneurs et éditeurs venus de tous horizons.

Un prix, réservé aux artistes présenté par les galeries participante, sera remis le 18 novembre, lors du vernissage de l’événement. Il aura pour thème : « Quand avez-vous vécu pour la dernière fois une expérience unique ? ».  En parallèle avec Paris Photo, de nombreuses expositions auront lieu dans la capitale. Novembre, c’est aussi le mois de la photo. Avec entre autres, Delpire & Cie, à la Maison européenne de la photographie, Palestine, la création dans tous ses états, à l’IMA (Institut du Monde Arabe), 150 ans de photographie iranienne (Musée du Quai Branly) ou Iran 1979-2009 : entre l’espoir et le chaos, 30 ans de photographie documentaire iranienne, à la Monnaie de Paris.

Prix d’entrée à Paris Photo : 15 €  ; tarif réduit de 7,50 €  réservé aux étudiants et aux groupes.

Pour plus d’informations, rendez vous sur le site internet

Publié le 9th octobre 2009

Le salon de la Photo 2009 rendra hommage à Willy Ronis, disparu le 12 septembre dernier à l’age de 99 ans. Ce pilier de la photo humaniste, est né en 1910 à Paris, ville dont il a fait de ses habitants sont sujet de prédilection, pris sur le vif pour immortaliser des tranches de vie qui reflètent l’air du temps. Enfant lors de la Première Guerre mondiale, il couvrira la Seconde Guerre Mondiale pour l’agence Rapho. Dans les années 50, il côtoie les Doisneau, Boubat…. mais se distingue par son style faisant de la foule un balai chorégraphié par le mouvement improbable du hasard. Il ressort de son travail sur les milieux populaires toute la joie de vivre qui s’exprime dans les fêtes populaires.

Le salon de la photo 2009 lui consacrera une exposition.

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