Publié le 7th août 2010

Le nouvel album de Reporters Sans Frontières sortira le 9 septembre. À l’honneur, les Boulat, père et fille.

Vingt-cinq ans que Reporters Sans Frontières lutte en faveur de la liberté de la presse a travers le monde. Pour célébrer cette date anniversaire, une exposition aura lieu en parallèle au Petit Palais, à Paris, du 9 septembre au 27 février 2010. Elle rassemblera les cent images publiées dans le numéro 34 de la collection 100 photos pour la liberté de la presse.

Co-fondatrice de l’agence VII, auréolée de nombreux prix pour ses reportages en zones de conflits, Alexandra Boulat, décédée en 2007, était la fille de Pierre Boulat, illustre photojournaliste. Ce dernier collabore longtemps avec le prestigieux magazine américain Life avant de s’épanouir au sein de Paris Match, à l’époque où l’hebdomadaire français publiait de nombreux grands reportages. Dans un bel hommage, la femme du défunt photographe, Annie Boulat, témoigne de deux univers très opposés. Celui de son mari s’évertuait à raconter « des histoires d’un monde qui retrouve la joie de vivre et se reconstruit. » L’œuvre de sa fille, en revanche, nous montre « le côté le plus noir de l’humanité et tente d’y trouver une lumière. » Avant de conclure : « Les regards de Pierre et d’Alexandra se croisent et se retrouvent dans la même volonté de voir et de partager. » À lire également, un superbe texte de Florence Aubenas, grand reporter au Nouvel Observateur.

Elle rend hommage à la famille Boulat dans la préface de l’album. Parle des difficultés du métier de reporter de guerre, constamment en proie au doute. Surtout, la présence d’Aubenas, retenue captive en Irak pendant de longs mois, fait écho à la situation des deux journalistes de France 3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages des Talibans en Afghanistan depuis 217 jours.


100 photos de Pierre et Alexandra Boulat pour la liberté de la presse
Éditions RSF
9,90 €


Source : http://www.lemondedelaphoto.com, Benjamin Favier


Publié le 16th décembre 2009

Paris Match vient d’avoir 60 ans. Tout au long de ces décennies, le magazine français le plus populaire a raconté en images la marche du monde, ses joies et ses peines, ses fêtes et ses tragédies. Soixante photographes ont participé à cette formidable aventure. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Quelle a été leur vie, parfois fastueuse, souvent dangereuse ? A travers ces soixante portraits émaillés de témoignages et d’anecdotes, cet ouvrage retrace l’histoire d’un hebdomadaire qui a révolutionné le domaine de l’image et de la presse en se plaçant toujours au coeur de son époque. Près de 400 documents issus des archives de Paris Match rappellent la forte identité visuelle de ce magazine de reportage qui a marqué plusieurs générations.

  • Broché: 285 pages
  • Editeur : Editions de la Martinière (19 mars 2009)
  • Collection : HORS COLL
  • Langue : Français
Publié le 14th octobre 2009

Patrick Chauvel est l’un des derniers correspondants de guerre indépendants ayant couvert les conflits majeurs de la seconde moitié du xxe siècle. Le Vietnam, le Cambodge, le Liban, le Salvador, l’Afghanistan, la Tchétchénie,… . Longtemps considéré comme « le photographe le plus fou de la planète », Patrick Chauvel a décidé de diversifier ses outils de communication. Si la photographie reste son activité principale, il est aussi passé du coté de la réalisation et de l’écriture.

Grâce à son père journaliste, il cotoyera dès son adolescence de grands journalistes ainsi que des aventuriers qui vont sceller son destin : Gilles Caron, Pierre Schoendoerffer, Joseph Kessel, Jean Lacouture… En répondant à une annonce dans un journal israélien à quelques semaines de la guerre des six jours, il découvre son métier. Gilles Caron lui laissera un Leica M3 qu’il n’aura l’occasion de lui rendre. Parti remplacer des civils dans les kibboutz, il fait le mur pour rejoindre les premières lignes lorsque la guerre éclate. Les photos sont ratées. Peu importe, Patrick a compris son chemin.

Près de 300 jours par an à l’étranger. Bercé par les tirs en rafales et les départs précipités, il acquière, peu à peu, une étiquette de photographe de guerre. Formé au laboratoire de France Soir, il abandonne rapidement le show-business pour les tranchées. Travaillant pour Newsweek, Paris Match, Sipa-Press, Sygma…

Sur place, son humanité ressort. Il capte les histoires et les émotions.

Patrick manie aussi bien la caméra que l’écrit ou la photo. Peu importe le support. « Aujourd’hui, l’information est tellement omniprésente que si l’on ne sait pas ce qui se passe, c’est que l’on refuse de le savoir ». Bien qu’il parte de moins en moins, la guerre le poursuit toujours. Elle est partout, autour de lui. « On trimbale toujours la guerre avec soi. Les sons et les odeurs la rappellent. Les barbecues renvoient aux cadavres brûlés. A Paris, un homme entre dans un bar, on a l’impression qu’il va se faire tuer. A la campagne, près des buissons, on pense toujours à une embuscade… ».

Ses clichés, anciens et récents, se superposeront bientôt pour incarner la méfiance. Méfiance des conflits à venir. Méfiance des apparences. Méfiance de la violence gratuite. Au fond, la mort est la seule chose dont il ne se soit jamais méfié.