Stephen Dupont est né à Sydney, en Australie, en 1967. Au cours des deux dernières décennies, Dupont a produit un travail remarquable. Des photographies envoûtante montrant la beauté des cultures fragiles et des populations marginalisées. Il saisit habilement la dignité humaine de ses sujets avec une grande intimité dans certaines régions les plus dangereuses du monde. Ses images ont reçu une reconnaissance internationale pour leur intégrité artistique et les précieux renseignements qu’elles donnent sur les gens, la culture et les communautés qui sont en train de disparaître de notre monde.
Son travail lui a valu de prestigieux prix comme le Prix Bayeux des correspondants de guerre ou encore la médaille d’or Robert Capa remise pour « le meilleur grand reportage photographique publié ayant requis un courage et une logistique exceptionnels ».
En 2007, il reçu le prix W. Eugene Smith pour son projet sur l’Afghanistan.

Stephen Dupont "Searching for Weapons," 2007
Son travail a été présenté dans les plus grands journaux : The New Yorker, Newsweek, Time, Le Figaro, Libération, The Sunday Times Magazine, The Independent, The Guardian, The New York Times Magazine, Vanity Fair….
Stephen Dupont a exposé un peu partout dans le monde : Londres, Paris, New York, Sydney, Canberra, Tokyo et Shanghai, mais aussi à Perpignan pour Visa Pour l’Image 2010.
Pour plus d’information, n’hésitez pas à aller voir son site internet.



Visa pour l’image, qui a lieu tous les ans à Perpignan, est le le rendez-vous exceptionnel des amoureux de la photographie. Le festival réunit des milliers de visiteurs autour d’une même passion. Explorez les expositions réparties dans toute la ville et découvrez de saisissants reportages, réalisés par des photojournalistes du monde entier. Assistez aux soirées-projections en plein air dans le somptueux cadre médiéval du cloître du Campo Santo ; participez aux colloques et rencontres ; rendez-vous aux stands des agences et des grandes marques de la technologie photographique.
Expositions
Du 28 août au 12 septembre 2010.
Les expositions – reportages ou anthologies d’un photographe – abordent une grande diversité de sujets : guerre, nature, environnement, populations, religions, faits de société et grands fléaux de notre époque.
Soirées de projection
Les soirées de Visa pour l’Image au Campo Santo retracent les événements les plus marquants de l’année écoulée et présentent des reportages sur de nombreux sujets (faits de société, conflits…), sujets dont on parle et sujets que l’on tait.
Rencontres
Perpignan constitue un forum de discussion pour les professionnels qui peuvent évoquer leurs problèmes et débattre des questions de production et d’utilisation d’images, et de l’avenir de la profession. De nombreux sujets sont abordés lors du colloque et des rencontres avec les photographes.
Visa pour l’image est devenu au fil des années le lieu incournable du photojournalisme. Il permet aussi à des professionnels de la presse venus du monde entier de se rencontrer et d’échanger.
Toutes les infos sur http://www.visapourlimage.com

Le nouvel album de Reporters Sans Frontières sortira le 9 septembre. À l’honneur, les Boulat, père et fille.
Vingt-cinq ans que Reporters Sans Frontières lutte en faveur de la liberté de la presse a travers le monde. Pour célébrer cette date anniversaire, une exposition aura lieu en parallèle au Petit Palais, à Paris, du 9 septembre au 27 février 2010. Elle rassemblera les cent images publiées dans le numéro 34 de la collection 100 photos pour la liberté de la presse.
Co-fondatrice de l’agence VII, auréolée de nombreux prix pour ses reportages en zones de conflits, Alexandra Boulat, décédée en 2007, était la fille de Pierre Boulat, illustre photojournaliste. Ce dernier collabore longtemps avec le prestigieux magazine américain Life avant de s’épanouir au sein de Paris Match, à l’époque où l’hebdomadaire français publiait de nombreux grands reportages. Dans un bel hommage, la femme du défunt photographe, Annie Boulat, témoigne de deux univers très opposés. Celui de son mari s’évertuait à raconter « des histoires d’un monde qui retrouve la joie de vivre et se reconstruit. » L’œuvre de sa fille, en revanche, nous montre « le côté le plus noir de l’humanité et tente d’y trouver une lumière. » Avant de conclure : « Les regards de Pierre et d’Alexandra se croisent et se retrouvent dans la même volonté de voir et de partager. » À lire également, un superbe texte de Florence Aubenas, grand reporter au Nouvel Observateur.
Elle rend hommage à la famille Boulat dans la préface de l’album. Parle des difficultés du métier de reporter de guerre, constamment en proie au doute. Surtout, la présence d’Aubenas, retenue captive en Irak pendant de longs mois, fait écho à la situation des deux journalistes de France 3, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, otages des Talibans en Afghanistan depuis 217 jours.
100 photos de Pierre et Alexandra Boulat pour la liberté de la presse
Éditions RSF
9,90 €
Source : http://www.lemondedelaphoto.com, Benjamin Favier

« Images de guerre, images de femmes, Sipahioglu navigue entre deux eaux, entre deux zones de réalité : la rage et la volupté, la nudité et la mort. » Ces mots de l’auteur-compositeur Yves Simon, ami de celui que l’on baptise Sipa, résument parfaitement l’esprit et la force de l’oeuvre de ce grand photojournaliste de 84 ans, né en Turquie et vivant à Paris.
Comme le célèbre reporter de Magnum, Robert Capa, Sipa capta la beauté, l’élégance, au coeur des guerres et de la misère. Comme Capa, Sipa a fondé une célèbre agence (qui porte son nom) et a pris tous les risques comme en témoigne l’un de ses clichés exposés parmi une vingtaine d’autres à la galerie Basia Embiricos. Djibouti, mars 67. Quatre hommes tirent sur lui. Sipa a entendu siffler. « Les balles m’ont manqué de justesse », raconte-t-il. Il a tenu bon, il a pris la photo. Et le soir-même, peut-être, ou le surlendemain, il photographiait les maisons closes d’Afrique et les bordels de Bangkok. Une série d’images inédites qui ne figuraient pas dans sa rétrospective à la Maison européenne de la Photo en 2009.
Goksin Sipahioglu – Paris, France – 10 et 11 Mai 1968 – Exposition « Passions » – Galerie Basia Embiricos
Et puis, il y a BB que Sipa a photographiée, solitaire, au milieu de la foule d’un défilé. Bardot, songeuse et sublime à la conférence du film de Louis Malle Viva Maria ! à New York en 1965.
Sur une autre image, on croirait elle encore. Non, c’est une autre beauté, apprêtée, qui, au lieu d’un sac à main, porte un fusil, à La Havane, en 62. Sipa fut alors le seul journaliste à couvrir la crise des missiles depuis Cuba. Et d’autres femmes, toujours et encore sur tous les continents, de Pékin à Alger, une ode à la vie et à l’amour pour ce séducteur qui continue à charmer la gent féminine.
Passions, Goksin Sipahioglu.
Galerie Basia Embiricos, 14, rue des Jardins Saint-Paul, Paris 4e. 01.48.87.00.63.
Métro : Saint-Paul.
Prolongé jusqu’au 30 juin.
Entrée libre.
Mardi-samedi 14-18 heures.
Source : « Hommage au grand photographe Sipa » de Marie Audran, http://www.lepoint.fr

Le FIGRA a rendu hommage cette année à Christian Poveda, réalisateur et grand reporter de nationalité française, assassiné au Salvador en septembre 2009, alors son documentaire « LA VIDA LOCA » témoignage exceptionnel et explosif sur les gangs du Salvador sortait sur les écrans de cinéma en France.
Son film est une véritable plongée aux images “choc” dans la vie de ces gangs surtout connus du grand public pour leurs tatouages spectaculaires sur tout le corps, les fameux « maras ».
Christian Poveda savait parfaitement l’importance du FIGRA pour les réalisateurs et producteurs de documentaires. Assassiné le 30 septembre au Salvador, il appartient aujourd’hui au panthéon des trente-neuf journalistes qui ont payé de leur vie la passion de filmer au plus près de la réalité des faits et des hommes.
Il eût été ravi d’être là pour débattre avec le public des raisons essentielles de son investissement quatre ans durant pour mener à terme la réalisation de « La Vida Loca ». Revenu en 2001 dans le pays qui l’avait fait connaître dans les années 1980, en pleine guerre civile, il n’avait pas supporter la banalisation dans la capitale salvadorienne de la mort (10 victimes en moyenne par jour), que générait la guerre sans pitié des gangs viscéralement attachés à leur slogan « Tuer pour vivre, vire pour tuer ».
Les « Pandilleros » l’appelaient « l’Ami », tant il avait fait de sa caméra un coup de poing qui n’était que main tendue vers l’espoir d’un pacte de paix entre la « Salvatrucha » et la « 18 ». Certains chefs de gangs voulaient faire de lui leur médiateur. Mais condamnés par la majorité d’entre eux, ils l’ont précédé dans la mort.
Christian Poveda a payé de sa vie l’œuvre ultime d’un journaliste, réalisateur fidèle à des convictions, qui font l’honneur et la grandeur du métier.
Source : http://culturebox.france3.fr/

S’il est bien un photographe qu’on n’attendait pas à Cannes, c’est lui. Sans doute les cinéastes ou actrices seront-ils intrigués par ce Noir à la voix caverneuse, qui arbore plusieurs bagues argentées et qui aime porter – même en été – des vêtements sombres de mauvais garçon et un béret frappé du drapeau tchétchène.
Stanley Greene est l’un des photographes de guerre les plus célèbres dans le monde. Dans le photojournalisme, son aura est grande. Ses premières images d’actualité, il les prend, en 1989, lors de la chute du mur de Berlin. Depuis, cet ancien assistant du photographe américain Eugene Smith multiplie les reportages sur des terres disloquées. Il s’est rendu pendant dix ans, illégalement, en Tchétchénie, d’où il a ramené des images et un livre mémorable, Plaie à vif (éd. Trolley, 2003), sur les douleurs d’un peuple.
Il a travaillé en Afghanistan, au Darfour, en Irak, au Rwanda. En 1993, il rapporte des images stupéfiantes du Parlement russe (la « Maison blanche »), à Moscou, investi par des insurgés et que les troupes d’Eltsine détruisent. Il s’en sort par miracle.
Ses photos sont comme coupées à la serpe, contrastées, retenues ou lyriques, pointées sur des détails, des visages, immergées dans la matière et la boue. Sa vie, il l’a racontée à la première personne dans Black Passport (éd. Textuel, 2009), qui mêle aventures sentimentales et terrain.
C’est lui qui nous a proposé de suivre le Festival de Cannes. L’idée nous a semblé incongrue. Stanley Greene n’a jamais suivi un événement aussi codifié, parfois clinquant. Le seul sujet similaire, et encore, c’est en 1986, quand il s’installe en France et qu’il devient brièvement photographe de mode. Grâce à Meredith, une conquête et belle fille qu’il avait connue à San Francisco. Elle lui dit alors: « Seigneur, si seulement tu étais riche ! ».
Stanley Greene n’est pas devenu riche. Mais c’est un obstiné, qui sait ce qu’il veut. Le voilà donc à Cannes. Sans doute pointera-t-il son objectif plus sur l’envers du festival que sur les stars lovées dans un sofa. D’un autre photographe de guerre fameux, Don McCullin, l’écrivain John Le Carré a dit que, « partout où il va, il en fait un champ de bataille ». On n’en sera sans doute pas loin.
Bientôt les photos sur arretsurlemonde
Source : Le Monde, « Un photographe de guerre dans la bataille cannoise », Michel Guerrin, article paru dans l’édition du 14.05.10

Prises sur le front, au cours de la Seconde Guerre mondiale, deux cents photographies de l’agence Magnum Photos ont été réunies dans cet ouvrage. Dans les déserts d’Afrique, dans les steppes enneigées de Russie, dans la jungle des îles du Pacifique ou dans les montagnes d’Italie, ces instantanés exceptionnels ont été pris par une quinzaine de photographes de différentes nationalités, témoins sur le terrain parfois au péril de leur vie. Bien des années plus tard, ces images fixes n’ont rien perdu de leur force, et beaucoup sont à jamais imprimées dans la mémoire collective.
Né à Cherbourg, Rémy Desquesnes a soutenu à Caen une thèse de doctorat d’État en histoire sur le Mur de l’Atlantique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques dont « Le mur de l’Atlantique » et « Normandie 44″ aux Éditions Ouest-France. Il travaille en collaboration avec le Mémorial de Caen.
Jimmy Fox, ancien rédacteur en chef de Magnum à New-York nous parle de ce livre
Date de parution : octobre 2009
Format : 24 cm x 30 cm
Illustrations : noir et blanc et couleur
Éditeur : Ouest France
Pour le commander c’est ici

Célèbre photographe américain, disciple d’Eugène Smith, Stanley Greene revient ici sur sa carrière : de la photo de mode au reportage de guerre (Soudan, Rwanda, Tchétchénie, Afghanistan, Irak) en passant par des photos plus personnelles. Ses commentaires en « voix-off » nous éclairent sur sa pratique et rappellent que le professionnel et le personnel se tressent l’un à l’autre pour dessiner une approche du monde et de ses fracas, un regard sur les individus qui le peuplent.
Livrer ainsi son journal intime était un pari risqué. S’il est réussi c’est que Stanley Greene ne joue pas les héros, n’accumule pas les superlatifs sur l’horreur ou le danger, mais raconte simplement, ses doutes et ses peurs, ses interrogations sur la motivation de la violence et la notion de courage, son quotidien chaotique, l’amour et les séparations. Avec sincérité. Composé de courts récits où les images privées cohabitent avec les documents les plus durs sur la Tchétchénie ou le Rwanda, ce livre offre une passionnante introspection.

Broché : 200 pages
Editeur : Textuel
Prix : 45€ chez amazon


Né à New York en 1949, Stanley Greene se lance dans la photographie après sa rencontre avec Eugène Smith, l’un des plus grands et des plus anciens photojournalistes, dont il remportera d’ailleurs le prestigieux prix en 2004, pour son reportage sur la guerre en Tchétchénie.
D’abord photographe de mode, il se spécialise, pour l’agence Vu qu’il a rejointe en 1991, dans les reportages durs, sur la misère, la guerre en Afrique, en ex-URSS, en Asie, en Amérique Centrale ou au Moyen-Orient. Il participe avec d’autres photographes à la création de l’agence Noor en 2007, en affichant une ligne éditoriale pure : un retour à l’essai photographique comme genre à part entière. Stanley a remporté trois World Press.
Voici une interview prise dans les locaux de Polka Magazine. Un très bon magazine photo qui organise des expositions gratuites en lien avec le numéro paru en kiosque. Je conseille à tout le monde d’y aller, qui plus est, ils ont déménagés dans le 3e arrondissement de Paris, beaucoup plus accessible que ménilmontant.
Prix remporté par Stanley Greene :
Open Society Institute, 2006
W. Eugene Smith Award, 2004
World Press Photo, 2004, 2001, 1993
Prix Scam Roger Pic, 2002
Pour plus d’informations sur Polka Gallerie cliquez ici

Née en 1895 dans une petite ville du New Jersey, Dorothea Lange (de son vrai nom Margaretha Lange) contracte, assez jeune, la poliomyélite, qui la fait boiter à vie. Son enfance est également fortement troublée par le divorce de ses parents ; son père quitte le foyer familial et sa mère s’installe avec elle près de Manhattan. Assez rapidement, elle se désintéresse de l’école et décide, à dix huit ans, de suivre des cours d’art visuels. Deux ans après, elle commence sa carrière comme portraitiste indépendante et s’inscrit au club de photographie de San Francisco. Très vite, elle gagne une réputation de « photographe du peuple ».
Suite au krach boursier du 24 octobre 1929 et à une sécheresse dans les états du Sud, l’Amérique connaît une crise sans précédent. Soucieuse du sort des sans-abri et des chômeurs, Dorothea Lange décide de sensibiliser les citoyens à la pauvreté qui les entoure. Elle descend dans la rue avec son appareil photo et se lance dans le documentaire social engagé.
En 1935, Dorothea Lange est engagée par l’Office de la réinstallation, un organisme lancé par le gouvernement de Franklin Delano Roosevelt dans le cadre du New Deal. Dans un premier temps, elle assiste son mari, Paul Schuster Taylor, prend des notes avec les personnes en difficulté et réalise quelques photos.
Très vite, ses documentaires photographiques sur la dureté de la condition sociale – réalisés sans ménagement envers le pouvoir – sont remarqués et diffusés à large échelle. Ses clichés restent la propriété de l’État et sont publiés sans demande de paiement. Ce procédé leur assure une large propagation et en fait très rapidement des icônes de l’entre-deux-guerres.
Sans relâche, Dorothea Lange photographie des individus entraînés dans les rouages d’une délicate situation économique. Non pas réalisés avec une seule vocation esthétique mais dévoilant son propre regard sur la pauvreté, ses clichés réussissent à donner un fantastique retentissement politique et social.
Suite à de profonds désaccords avec le gouvernement américains (notamment sur le traitement des américains d’origine japonaise), Dorothea Lange décide, en 1943, de démissionner de ses fonctions. Dans les années 1950, elle entreprend plusieurs voyages avec son époux (en Amérique Latine, Égypte, Irlande, Viêt-Nam…) et publie quelques reportages dans Life.
En 1966, le MoMA lui consacre une exposition rétrospective. Avant elle, seuls Paul Strand, Walker Evans, Edward Weston et Henri Cartier-Bresson avaient reçu cet honneur. Elle décèderaz d’un cancer de l’œsophage quelques mois avant la présentation au public…
Quelques œuvres majeures :
- White Angel Bread Line, 1933. Gélatine d’argent. 40,6 x 50,8 cm
- White Angel Breadline, San Francisco, 1933. Gélatine d’argent. 35,6 x 27,9 cm
- Texas Tenant Farmer in California. Marysville Migrant Camp (R.A.), 1935
- Real Estate Sign, Riverside County, CA March, 1937
- Lettuce Cutting, Imperial, Valley, CA, 1937
- Abandoned Farm, Cimmaron, OK, 1937
- The Road West , 1938. Gélatine d’argent. 1938
- Yazoo Delta, Mississippi, 1938
- Migrant Camp Washing, 1938
- Western Addition, San Francisco, CA , 1951. Gélatine d’argent
Source : fluctuat.net

La Bosnie, Mogadiscio, Gaza et maintenant l’Irak : autant de visages de la guerre du Liban démultipliée, déformée et recomposée, en images et aujourd’hui en split-screen par ce photojournaliste à l’AFP qui couvre les conflits depuis près de 30 ans.
Esprit libre et indépendant, préférant la lumière naturelle à l’artificielle, les grands espaces au studio et l’inconfort aux commodités d’un bureau, le photographe voyageur quitte le Liban. Il traque, poursuit, capte l’image et tente de digérer l’injustice, les souffrances, les malheurs. En 2006, il quitte Bagdad, contourne le blocus et rentre au Liban « pour photographier à nouveau (mon) peuple qui pleure », dit-il.
Dans ce bel ouvrage, Patrick Baz partage ses coups de gueule, son désarroi devant tant de haine, sa solitude d’intrus au milieu de jeunes soldats américains « avec qui j’avais parfois du mal à communiquer ».
Lancé en avant première le 10 octobre au prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, Don’t Take My Picture. Iraqis Don’t Cry a reçu un très bon accueil de la part du public et de la presse français. Au Salon du livre de Beyrouth, c’est le regard de ses compatriotes qui se posera sur son livre. Patrick Baz espère qu’ils y liront un grand « non » à la guerre.

Entre l’érection du mur de Berlin au cours de l’été 1961 et son travail sur les ravages du sida en Afrique australe en 2001, Don McCullin n’a cessé de regarder les souffrances des autres à travers les conflits majeurs de ces quatre décennies. Un regard chargé de colère toujours, de tristesse aussi, de désespérance même, sur les inqualifiables cruautés infligées par les hommes à leurs semblables.
Un regard empli d’incompréhension et de compassion tout à la fois, regard de solidarité à l’égard des plus faibles, des démunis, des réprouvés, des victimes de ces inacceptables situations. Chypre divisée, le Congo meurtri, le Vietnam bombardé et torturé, le Moyen-Orient déchiré, le Biafra affamé, le Bangladesh ravagé, le Cambodge assassiné, le Salvador révolté, l’Irlande tourmentée, l’Irak insurgé.
Ni voyeur, ni chasseur, ni même vraiment chroniqueur ou historien, Don McCullin, autodidacte en photographie comme dans sa lecture du monde, est un homme au visage marqué mais à l’oeil limpide et innocent, incrédule devant la barbarie. A travers ses puissantes images publiées régulièrement durant vingt ans dans l’important Sunday Times Magazine, il se voue à déranger le confort dominical de ses compatriotes en leur présentant ces injustices faites à l’homme par l’homme à travers la planète. Dans sa photographie, il y a et Zola et Goya.
En même temps, il proclame sa propre culpabilité avec ses images impuissantes à changer le cours des choses… comme il n’a pu empêcher la mort de son père lorsqu’il avait quatorze ans, ou plus tard celle de ses proches. Son regard demeure l’émouvant miroir de celui des sujets qu’il photographie, auxquels il s’identifie. Il est profondément solidaire. Et puis il y a l’Angleterre qu’il photographiera souvent entre les reportages de guerre. Et cette fois il y a du Dickens chez McCullin.
Une Angleterre qu’il continue de photographier aujourd’hui. Personnage hors du commun, difficile à cerner de façon définitive, ses intérêts sont divers :les bords du Gange ; les paysages du Somerset ; les tribus perdues du Sud éthiopien ; les traces de l’empire romain autour du bassin méditerranéen. Mais toujours avec ce même regard profond et inquiet sur l’homme.
Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour que cette autobiographie de Don McCullin, qui se termine en 1982, soit enfin publiée en français. Elle nous amène à nous demander qui nous racontera le quart de siècle écoulé depuis, celui durant lequel le grand photographe de guerre a choisi de devenir un homme en quête d’une paix impossible.
Texte de Robert Pledge, Directeur de l’agence Contact Press Images

L’année 2010 sera peut-être la grande année de Robert Capa sur le grand écran. Le photographe d’origine hongroise est au centre de trois projets de films, qui tenteront de cerner l’homme et le photographe. Le co-fondateur de l’agence Magnum, né en 1913 à Budapest et décédé en 1954 en Indochine, a vécu une existence hors-norme, témoignant, appareil photo au poing, des grands conflits du XXe siècle, de la Guerre d’Espagne à la Guerre d’Indochine, sans oublier, bien sûr, la Seconde guerre mondiale. Le réalisateur américain Michael Mann («Public Enemies»), ne pouvait être insensible au talent de celui qui a fait du photojournalisme un art en soi. L’auteur de «Heat» et studio Columbia Pictures ont ainsi acquis les droits pour l’adaptation cinématographique du roman «Waiting for Robert Capa» de la romancière espagnole Susana Fortes, qui a remporté de nombreux prix littéraires en terre ibérique.

Patrick Chauvel est l’un des derniers correspondants de guerre indépendants ayant couvert les conflits majeurs de la seconde moitié du xxe siècle. Le Vietnam, le Cambodge, le Liban, le Salvador, l’Afghanistan, la Tchétchénie,… . Longtemps considéré comme « le photographe le plus fou de la planète », Patrick Chauvel a décidé de diversifier ses outils de communication. Si la photographie reste son activité principale, il est aussi passé du coté de la réalisation et de l’écriture.
Grâce à son père journaliste, il cotoyera dès son adolescence de grands journalistes ainsi que des aventuriers qui vont sceller son destin : Gilles Caron, Pierre Schoendoerffer, Joseph Kessel, Jean Lacouture… En répondant à une annonce dans un journal israélien à quelques semaines de la guerre des six jours, il découvre son métier. Gilles Caron lui laissera un Leica M3 qu’il n’aura l’occasion de lui rendre. Parti remplacer des civils dans les kibboutz, il fait le mur pour rejoindre les premières lignes lorsque la guerre éclate. Les photos sont ratées. Peu importe, Patrick a compris son chemin.
Près de 300 jours par an à l’étranger. Bercé par les tirs en rafales et les départs précipités, il acquière, peu à peu, une étiquette de photographe de guerre. Formé au laboratoire de France Soir, il abandonne rapidement le show-business pour les tranchées. Travaillant pour Newsweek, Paris Match, Sipa-Press, Sygma…
Sur place, son humanité ressort. Il capte les histoires et les émotions.
Patrick manie aussi bien la caméra que l’écrit ou la photo. Peu importe le support. « Aujourd’hui, l’information est tellement omniprésente que si l’on ne sait pas ce qui se passe, c’est que l’on refuse de le savoir ». Bien qu’il parte de moins en moins, la guerre le poursuit toujours. Elle est partout, autour de lui. « On trimbale toujours la guerre avec soi. Les sons et les odeurs la rappellent. Les barbecues renvoient aux cadavres brûlés. A Paris, un homme entre dans un bar, on a l’impression qu’il va se faire tuer. A la campagne, près des buissons, on pense toujours à une embuscade… ».
Ses clichés, anciens et récents, se superposeront bientôt pour incarner la méfiance. Méfiance des conflits à venir. Méfiance des apparences. Méfiance de la violence gratuite. Au fond, la mort est la seule chose dont il ne se soit jamais méfié.

Le trophée de la photo du 16e prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre a été décerné samedi à Walter Astrada (AFP) pour un reportage à Madagascar en février dernier.
Lancé en 1994 par la ville de Bayeux, le prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre récompense des reportages sur une situation de conflit ou ses conséquences pour les populations civiles, ou sur un fait d’actualité concernant la défense des libertés et la démocratie.
Le jury a été présidé le photographe Patrick Chauvel.
Le prix du public a honoré Jérôme Delay de l’Associated Press, pour son reportage sur les troubles au Congo de novembre 2008 à mai 2009.
Trophée Photo:
- 1er prix: Walter Astrada (AFP) – « Madagascar, une crise politique sanglante » – Madagascar
- 2e prix: Uriel Sinai (Getty Images) – « La guerre en Ossetie du Sud » – Georgie
- 3e prix: Jérôme Delay (Associated Press) – « Trouble au Congo » – RDC

Le salon de la Photo 2009 rendra hommage à Willy Ronis, disparu le 12 septembre dernier à l’age de 99 ans. Ce pilier de la photo humaniste, est né en 1910 à Paris, ville dont il a fait de ses habitants sont sujet de prédilection, pris sur le vif pour immortaliser des tranches de vie qui reflètent l’air du temps. Enfant lors de la Première Guerre mondiale, il couvrira la Seconde Guerre Mondiale pour l’agence Rapho. Dans les années 50, il côtoie les Doisneau, Boubat…. mais se distingue par son style faisant de la foule un balai chorégraphié par le mouvement improbable du hasard. Il ressort de son travail sur les milieux populaires toute la joie de vivre qui s’exprime dans les fêtes populaires.
Le salon de la photo 2009 lui consacrera une exposition.

L’exposition, qui se tiendra du 9 au 26 octobre 2009 au Musée d’Art haïtien, à Port-au-Prince, présente des œuvres de cinq photojournalistes de l’Agence VII, basée à New York. Ces photographies nous offrent un regard direct et inédit sur les effets qu’ont la guerre et la violence armée sur la vie des populations. Elles mettent également en exergue la solidarité dont font preuve des femmes et des hommes ordinaires pour aider ceux qui souffrent à préserver leur dignité et à garder l’espoir.
Les photographes se sont rendus dans huit pays : James Nachtwey a voyagé avec le Comité international de la Croix-Rouge en Afghanistan et dans le centre de Mindanao, région des Philippines ravagée par un conflit. Pendant ce temps, Ron Haviv couvrait la République démocratique du Congo et Haïti, Chris Morris le Libéria, Franco Pagetti la Colombie et le Liban, et Antonin Kratochvil photographiait la Géorgie, en Europe de l’Est.
L’exposition Notre monde – En guerre fait partie de la campagne du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge intitulée Notre monde. Elle met en évidence les défis humanitaires les plus pressants de notre époque et le pouvoir qu’a chaque être humain de faire changer les choses.
Dans le cadre de la campagne, le CICR a mené une enquête dans les huit pays couverts par les photographes, afin de faire connaître les souffrances des civils qui vivent dans des situations de conflit armé et d’autres situations de violence. En Haïti, presque toutes les personnes consultées (98%) ont déclaré avoir ressenti les effets de la violence armée, même si elles ne se considéraient pas comme personnellement ou directement touchées. Plus de la moitié des personnes directement touchées (66%) ont dit avoir eu un accès limité à des services tels que l’eau, l’électricité et les soins de santé. L’enquête révèle également que la perte des sources de revenu (41%) ou encore le fait de vivre dans l’incertitude (37%) figurent au nombre des plus grandes peurs.
Présent de façon permanente en Haïti depuis 1994, le CICR apporte un soutien à quatre postes de premiers secours de la Croix-Rouge haïtienne, à Cité Soleil et à Martissant, pour l’évacuation des blessés et malades vers les structures de santé. À Cité Soleil, il travaille à l’amélioration des infrastructures d’approvisionnement en eau, en collaboration avec la Centrale autonome métropolitaine d’eau potable et le comité de gestion de l’eau.
(source : www.cicr.org)

Nous montrer que la guerre n’est pas loin, qu’elle nous concerne, et que des populations l’ont comme seul paysage dans leur quotidien. Nous interpeller également sur ce que l’on peut faire des images aujourd’hui.
C’est dans ce but que Patrick Chauvel a créé « Guerre-ici » : une exposition qui veut sonner le réveil de nos consciences en mettant en perspective des scènes rapportées de Beyrouth, de Panama, de Tchétchénie… avec la réalité douce de Paris, Deauville ou Bayeux
Le témoignage de Patrick Chauvel
Les guerres, celles qui se passent « loin » de chez nous, rendues abstraites par la distance et pourtant si proches dans leurs violences, celle qui, ici, est plus sournoise, celle du non-dit, des petites et grandes injustices qui passent au quotidien, qui cachent le racisme et l’ignorance – les enfants de la guerre.
Tout paraît toujours normal avant la guerre, après, c’est trop tard. En regardant celles des autres, là-bas dans l’autre monde, on pourrait se regarder nous-même et éviter que le nôtre bascule à son tour.
GUERRE-ICI est une alerte. Des photos qui permettent de faire vivre un court instant ce que ressentent les autres pour mieux comprendre notre belle société qui regarde sans voir. Toutes ces guerres nous concernent : on assassine des hommes autour de nous. Notre indifférence nous rend complice, elle nous met en danger aussi.
GUERRE-ICI est une projection dans l’espace, la guerre à Paris, juste pour penser aux autres, une urgence, un cri qui m’échappe, pour ne plus entendre « on ne savait pas ». Ne plus entendre les rédactions dire « c’est loin, les gens en ont marre, ils veulent des histoires qui les concernent ».
Le plan de l’expo ici

Larry Burrows a photographié la guerre du Vietnam depuis les premiers moments de l’engagement américain, en 1962, jusqu’à sa mort en 1971, lorsque son hélicoptère fut abattu à la frontière entre le Vietnam et le Laos. Il s’est trouvé au cœur du conflit, dans un pays dévasté, parmi des soldats et des civils traumatisés par la cruauté de la guerre. Ses images, publiées par le magazine Life, ont touché la conscience américaine et contribué à faire naître les mouvements de protestation qui ont secoué les Etats-Unis dans les années 60.Comme le dit David Halberstam, » Larry Burrows fit oeuvre d’historien autant que de photographe et d’artiste. Grâce à ses reportages, les générations nées après sa mort possèdent un témoignage unique de ce que fut cette terrible guerre. Ce livre est en quelque sorte son testament. «

A quelques kilometres des plages du débarquement, la ville de Bayeux récompense pour la 16e année consécutive le travail des photoreporters de guerre. Pendant 5 jours, conférences, débats et expositions se succéderont pour sensibiliser le grand public au douleurs du monde.
Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre jusqu’au 10 octobre

Patrick Chauvel a trente-cinq ans de métier, trente-cinq ans qu’il court la planète pour photographier la guerre. Publié dans Paris Match, Times Magazine, Life, Newsweek, il a reçu le prix World Press, et est considéré comme l’un des derniers grands photoreporters vivants.
Il est de toutes les guerres, parcourant le monde armé de son seul courage et de son appareil photo. Partageant le sort de milliers de soldats aux quatre coins du monde, il a frôlé la mort à de nombreuses reprises. Et en est toujours ressorti vivant, chargé de témoignages exceptionnels.
C’est tout cela que l’on peut lire dans son livre « Rapporteur de guerre », un magnifique livre que je ne me lasse pas de relire et de relire, tellement l’histoire, son histoire est captivante. Pas une seule seconde de répit. Patrick Chauvel est de ceux qui ne tienne pas en place.
Dans les deux cahiers centraux de l’ouvrage, on trouvera quelques-unes de ses photos. Elles illustrent parfaitement sa volonté d’être le plus juste possible. Le choix de ces photos comme le choix de ces mots nous fait prendre conscience que chaque jour la guerre a lieu quelque part et que nous ne devons pas feindre de l’ignorer. Patrick Chauvel écrit : « Tout ce que je sais c’est qu’il faut témoigner. Ne plus jamais entendre : On ne savait pas. Moi j’ai vu ! Alors je rapporte ces histoires et, pour le reste, j’ai fait ce que j’ai pu. »

Eugène Richards aborde le traumatisme lié à la guerre en Irak avec quinze portraits intimes de soldats et de familles aux séquelles physiques et psychologiques imparables, dans son dernier livre « War is personal ».

Qu’il soit adulé par certains, détesté par d’autres, Eugene Richards n’en est pas moins un photojournaliste américain réputé qui a le courage et la volonté de montrer le monde tel qu’il est avec ses bons et ses mauvais cotés. Mais surtout ses mauvais cotés, il faut dire car Eugene Richards se focalise sur des sujets tels que la guerre, la pauvreté, la drogue, les urgences dans les hôpitaux, les enfants atteints du sida, la vieillesse, la misère en Afrique… et dernièrement la guerre en Iraq via le traumastisme de soldats américains de retour chez eux dans son livre « War is personal ».
Ancien membre de l’agence Magnum, collaborateur régulier du magazine Life, Eugene Richards est un photographe que ne laisse personne indifférent que l’on aime ou non son travail.












