La valise mexicaine de Robert Capa – Rencontres d’Arles
Cette valise de négatifs fut laissée par Robert Capa dans son atelier parisien lors de son départ précipité de France en 1939. Elle fut récupérée après bien des péripéties en 2007 par l’International Center of Photography qui s’est chargé du développement des 126 pellicules de photos inédites qu’elle contenait, appartenant à Gerda Taro, David Seymour et Robert Capa pour la plupart, et Fred Stein pour 2 rouleaux.
L’exposition proposée au musée présente 100 planches contacts, 70 tirages encadrés, 60 magazines ou pages de magazines ainsi que 2 films.

La valise mexicaine RIP 2011 © Chim (David Seymour) – Madrid, Octobre–Novembre 1936
La légendaire valise mexicaine de Robert Capa, contenant des négatifs de la guerre d’Espagne, était considérée comme perdue depuis 1939. Récemment retrouvée à Mexico, elle est exposée aujourd’hui pour la première fois en Europe. La valise – il s’agit en réalité de trois petites boîtes – renferme près de 4 500 négatifs : non seulement des photographies de Capa mais également celles de ses compagnons, tous juifs et exilés, les photojournalistes Chim (David Seymour) et Gerda Taro.
Ces négatifs couvrent la guerre d’Espagne (1936-1939) à travers les chroniques détaillées de Chim en 1936-1937, la documentation de l’intrépide Taro, qui a photographié jusqu’à sa mort sur le champ de bataille en juillet 1937, et les reportages incisifs de Capa menés du début de la guerre aux derniers mois du conflit.
On y trouve également celles du photographe et ami Fred Stein, représentant Taro, des images qui sont devenues, depuis la mort de celle-ci, intimement liées aux images de la guerre elle-même.
Entre 1936 et 1940, les négatifs passent de main en main dans un souci de préservation, pour finalement refaire surface à Mexico en 2007. La guerre d’Espagne a éclaté le 19 juillet 1936. Au sens le plus large du terme, il s’agissait d’un coup d’État militaire mené par le général Francisco Franco et dont le but était de renverser le gouvernement de la République d’Espagne, élu démocratiquement et constitué d’une coalition entre la gauche et le centre. Dès ses premières heures, la guerre d’Espagne a attisé les passions de ceux qui voyaient l’attitude de Franco – qui jouissait d’un soutien matériel de l’Allemagne et de l’Italie – comme révélatrice de la montée du fascisme en Europe. De nombreux intellectuels et artistes de gauche se sont alors ralliés à la lutte antifasciste soutenant, dans des publications pour la presse internationale, la cause républicaine.

Courtesy of ICP Nen-York, MAGNUM Photos and the David « Chim » Seymour estate
Les négatifs de la valise mexicaine permettent de regarder d’un oeil nouveau l’immense production des trois photographes, à travers des portraits, des scènes de combat, ainsi que des images rappelant les effets désastreux de la guerre sur les civils. Si certaines de ces oeuvres nous sont déjà familières grâce à des tirages d’époque ou des reproductions, les négatifs de la valise mexicaine, présentés ici sous la forme de planches-contact agrandies, dévoilent pour la première fois l’ordre de la prise de vue, ainsi que certaines images totalement inédites. Ce fonds ne représente pas seulement un panorama exceptionnellement riche de la guerre d’Espagne – un conflit qui a changé le cours de l’histoire de l’Europe – mais révèle également les trois photojournalistes en tant que fondateurs de la photographie de guerre moderne. Première présentation après New York de cette exposition réalisée par l’International Center of Photography, New York.
Cette exposition et son catalogue ont reçu le soutien du National Endowment for the Arts, de la Fondation Joseph et Joan Cullmann pour l’art, de Frank et Mary Ann Arisman et de Christian Keesee. Elle a aussi reçu le soutien de Sandy et Ellen Luger.
Musée départemental Arles antique – Presqu’île du Cirque-Romain – BP 205 – 13635 Arles cedex
Du lundi 4 juillet au dimanche 18 septembre 2011
Le musée est ouvert tous les jours de 10h à 18h SAUF LE MARDI.
Il est fermé les mardis, le 1er janvier, le 1er mai, le 1er novembre et le 25 décembre.
Gratuit pour tous les publics les 1ers dimanches du mois.
Les rencontres d’Arles – Photographie
Ce festival est à la photographie ce que Cannes est au cinéma. C’est en 1969 qu’il fut créé par des photographes et des passionnés de l’image, Lucien Clergue, Jean-Maurice Rouquette, Michel Tournier et d’autres. Il constitue chaque année le Rendez-vous des photographes qui permet à Arles de devenir capitale internationale de la photographie.
Cette année le Mexique est mis en valeur notamment avec la valise de Robert Capa, contenant des négatifs de la guerre d’Espagne, considérée comme perdue depuis 1939. Récemment retrouvée à Mexico, elle est exposée aujourd’hui pour la première fois en Europe. La valise – il s’agit en réalité de trois petites boîtes – renferme près de 4500 négatifs : non seulement des photographies de Capa mais également celles de ses compagnons, les photojournalistes Chim (David Seymour) et Gerda Taro. Ces négatifs couvrent la guerre d’Espagne (1936–39).
Les négatifs de la valise mexicaine permettent de regarder d’un œil nouveau l’immense production des trois photographes, à travers des portraits, des scènes de combat, ainsi que des images rappelant les effets désastreux de la guerre sur les civils. Si certaines de ces œuvres nous sont déjà familières grâce à des tirages d’époque ou des reproductions, les négatifs de la valise mexicaine, présentés ici sous la forme de planches contact agrandies, dévoilent pour la première fois l’ordre de la prise de vue, ainsi que certaines images totalement inédites. Ce fonds ne représente pas seulement un panorama exceptionnellement riche de la guerre d’Espagne -un conflit qui a changé le cours de l’histoire de l’Europe- mais révèle également les trois photojournalistes en tant que fondateurs de la photographie de guerre moderne.

Les Rencontres proposent des projections nocturnes en plein air au Théâtre antique, évènement unique au monde. Chaque soir un photographe ou un spécialiste de la photographie vient présenter des images qui parfois sont accompagnées de concerts ou de performances artistiques. Chaque soirée fait l’objet d’une création unique.
Lors de la semaine d’ouverture sont également organisés des conférences et débats.
Depuis six ans la Nuit de l’année permet de voir des photos de différents acteurs de la presse, de magazines, d’agences, … sur des écrans géants au cours d’une grande promenade photographique nocturne dans le centre ville.
Environ 60 expositions investissent des sites emblématiques du patrimoine arlésien mais aussi des lieux habituellement fermés au public, qui peuvent ainsi revivre durant l’été. Les Rencontres ont été les premières à installer il y a quelques années des expositions sur la friche industrielle des ateliers ferroviaires. C’est sur ce site, qui incarne aujourd’hui l’avenir d’Arles, que les Rencontres ont pour la première fois en 2010 proposé le Village des Rencontres d’Arles. Il s’agit d’un espace de rencontre inédit avec les amateurs, collectionneurs et professionnels présents durant les journées d’ouverture du festival.
Du 4 juillet au 18 septembre 2011.
Toutes les infos pratiques ici
Nomad’s land – Les bidonvilles du froid
Ce livre se veut le reflet du reportage diffusé dans l’émission Envoyé spécial sur France 2 le 28 février 2008. Produit par Capa, ce film avait pour objectif de sensibiliser les Occidentaux à la détresse et à l’immense pauvreté des paysans et de leurs enfants au nord de la Mongolie. Que connaissons-nous de la Mongolie au-delà des steppes, des chevaux et de Gengis Khan ? Que savons-nous de ces populations paysannes qui subissent les affres de conditions climatiques de plus en plus extrêmes ? Samuel Le Bihan et Richard Aujard sont partis à la rencontre de ces familles, de ces enfants obligés pour survivre de se réfugier dans les égouts d’Oulan Bator, capitale de la Mongolie.
Richard Aujard est né en 1965 à Hasparren au Pays Basque. Passionné par l’image, il devient à 19 ans assistant pour le studio Vogue et commence à réaliser des photos de mode pour de grands magazines. Il décide ensuite de se tourner vers de nouveaux horizons en photographiant des monstres sacrés du cinéma, de la musique et du sport. « La sophistication me met mal à l’aise, j’aime à la fois la force et les fêlures chez les êtres. » Richard parcourt le monde en quête de nouveaux visages et a publié plusieurs ouvrages : la légende Harley Davidson (Filipacchi, 1989) avec Mickey Rourke sur les Moto Club Harley, L’Armée française (Assouline, 1998)…
Les photographies de Richard Aujard ont été publiées dans des magazines tels Photo, Paris Match, VSD, Première, Studio, Ciné Live, Optimum, Max, GQ, Esquire… Il a aussi travaillé pour la publicité (Nike, Bic, Liptonic, Bollé…). Parallèlement à son travail de photographe, passionné de cinéma, il a réalisé deux courts métrages sélectionnés dans de nombreux festivals : Question d’honneur (1998) et Vendetta (2003).
Nomad’s land – Les bidonvilles du froid
Nb. de pages : 144 pages
Sipa à la Galerie Basia Embiricos
« Images de guerre, images de femmes, Sipahioglu navigue entre deux eaux, entre deux zones de réalité : la rage et la volupté, la nudité et la mort. » Ces mots de l’auteur-compositeur Yves Simon, ami de celui que l’on baptise Sipa, résument parfaitement l’esprit et la force de l’oeuvre de ce grand photojournaliste de 84 ans, né en Turquie et vivant à Paris.
Comme le célèbre reporter de Magnum, Robert Capa, Sipa capta la beauté, l’élégance, au coeur des guerres et de la misère. Comme Capa, Sipa a fondé une célèbre agence (qui porte son nom) et a pris tous les risques comme en témoigne l’un de ses clichés exposés parmi une vingtaine d’autres à la galerie Basia Embiricos. Djibouti, mars 67. Quatre hommes tirent sur lui. Sipa a entendu siffler. « Les balles m’ont manqué de justesse », raconte-t-il. Il a tenu bon, il a pris la photo. Et le soir-même, peut-être, ou le surlendemain, il photographiait les maisons closes d’Afrique et les bordels de Bangkok. Une série d’images inédites qui ne figuraient pas dans sa rétrospective à la Maison européenne de la Photo en 2009.
Goksin Sipahioglu – Paris, France – 10 et 11 Mai 1968 – Exposition « Passions » – Galerie Basia Embiricos
Et puis, il y a BB que Sipa a photographiée, solitaire, au milieu de la foule d’un défilé. Bardot, songeuse et sublime à la conférence du film de Louis Malle Viva Maria ! à New York en 1965.
Sur une autre image, on croirait elle encore. Non, c’est une autre beauté, apprêtée, qui, au lieu d’un sac à main, porte un fusil, à La Havane, en 62. Sipa fut alors le seul journaliste à couvrir la crise des missiles depuis Cuba. Et d’autres femmes, toujours et encore sur tous les continents, de Pékin à Alger, une ode à la vie et à l’amour pour ce séducteur qui continue à charmer la gent féminine.
Passions, Goksin Sipahioglu.
Galerie Basia Embiricos, 14, rue des Jardins Saint-Paul, Paris 4e. 01.48.87.00.63.
Métro : Saint-Paul.
Prolongé jusqu’au 30 juin.
Entrée libre.
Source : « Hommage au grand photographe Sipa » de Marie Audran, http://www.lepoint.fr
« Magnum Photos, 101 photos pour la liberté de la presse »
Cela fait maintenant 25 ans que Reporters Sans Frontières se bat pour la liberté des journalistes dans le monde. Cette année c’est le 20 ème anniversaire de la Journée Internationale de la liberté de la presse. Pour marquer cette date symbolique, RSF publie un album anniversaire, regroupant des clichés célèbres ou méconnus de grands photographes de presse du XXème siècle. De David Seymour à Robert Capa, en passant par Henri Cartier-Bresson, tous ont posé leur propre regard sur notre monde.
Cet album exceptionnel, intitulé « Magnum Photos, 101 photos pour la liberté de la presse » et préfacé par Robert Badinter est vendu au prix de 9,90 €.
La vente servira à financer les actions de lutte pour la liberté des journalistes à travers le monde.
Le mini site de l’album c’est ici
Pour le commander cliquez ici
Voyage dans l’éternité de Cartier-Bresson
Portraitiste visionnaire, photographe humaniste, Henri Cartier Bresson a marqué par son incomparable créativité l’art du XXème siècle. Avec « The Modern Century », le MOMA offre – en collaboration avec la Fondation Cartier Bresson de Paris – la première rétrospective majeure de l’œuvre de l’artiste depuis sa mort en 2004.
Après la seconde guerre mondiale, Robert Capa et Henri Cartier Bresson, à travers la formation de l’agence Magnum, avaient lutté pour la démocratisation du photojournalisme. En quête de connaissance, Cartier Bresson n’a cessé dès lors de combiner photographie et études sociales à travers le monde.
Paris, 1968. Une première salle, aérée, sans lourdeur chronologique de procession, ouvre sur Paris et sa révolte : manifestations Place de la République et au Père Lachaise. Des photos d’une neutralité franche, sans parti pris. Les locaux de la BBC à Londres font leur apparition. Puis, les lieux et les impressions se mêlent : le Caire en 1950, le Michigan en 1960, l’Inde de 1947, l’Iran, l’Italie, la Turquie, l’Espagne, la Roumanie, le Nebraska… Au milieu, quelques scènes bucoliques attrapées en Lozère, au Mans et dans le Vaucluse, suffisamment puissantes et animées pour qu’un Français en exil s’imagine dans un film de Jacques Tati.
Une autre salle présente le reportage de Cartier Bresson en Chine lors du Grand Bond en Avant en 1958. Ce projet a connu un succès limité, alors qu’il a généré de véritables bijoux d’archives !
Le coup de maître du conservateur Peter Galassi, pour The Modern Century, réside justement dans le mariage subtil entre des œuvres dites majeures et d’autres très peu connues, même des experts. Le livre de l’exposition est d’ailleurs déjà considéré comme un ouvrage révolutionnaire dans l’histoire de l’art. The Modern Century présente 300 photographies – dont 220 ont été prêtées par la Fondation Cartier Bresson, créée en 2002 – et resserre le lien étroit entre l’artiste et le musée qui l’avait accueilli en 1947.
Les princes… et les autres
Le luxe des artistes est le paradoxe. HCB en cultivait un de taille : l’amour du photojournalisme – avec une certaine idée de l’objectivité – et l’adhésion au procédé surréaliste d’embellissement du réel (rendre le monde plus surprenant qu’il ne l’est réellement). Cette conception de la photographie poussera HCB à produire certains clichés plus lyriques, assez peu connus : des femmes nues, lascives, recouvertes d’eau, des paysages romantiques au Japon, … Trésors que le MOMA livre au fil de la visite.
« La rue est un théâtre, nos gestes sont des histoires ». L’éventail des gestes que Cartier Bresson a photographiés est large. Son œil s’est posé sur des prostitués mexicaines et sur des princes anglais. Sur la pellicule de l’artiste se rencontrent Henri Matisse et Christian Dior, Richard Avedon et le Roi George VI, François Mauriac et Coco Chanel, Albert Camus et Truman Capote, Jean Paul Sartre et Madame Lanvin, Simone de Beauvoir et Georges Duhamel, Pierre Bonnard et Jean-Marie Le Clézio, Giacometti et Colette… Ces grands noms n’ont pas détourné HCB de sa curiosité pour l’homme de la rue.
Dans la fugacité d’un cliché où un membre de l’académie française, rehaussé par son chapeau Napoléonien, croise sur le même plan un travailleur, se mesure la volonté de HCB de décrire la matière humaine plus que son ordre.
Au MOMA,11 West 53 Street New-York, NY
Du 11 avril au 28 juin.
Sarah Bordes, 8 avril 2010 sur http://frenchmorning.com
Magnum vend ses archives
Plus d’un demi-siècle d’images, de la guerre civile espagnole saisie par Capa à l’avant-dernière décennie (les plus récentes sont de 1998) : des témoignages historiques signés de certains des plus grands photo-journalistes :Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, Elliott Erwitt, Rene Burri, Dennis Stock, photographiant Picasso, Marilyn Monroe, ou encore Gandhi.
La numérisation des images de Magnum avait été entamée dans les années 90 et une vente fut décidée en 2006: se défaire de ces archives et réinventer Magnum. C’est ainsi que les images furent vendues à la société d’investissement de Michael S. Dell, magnat de l’informatique. Les nouveaux propriétaires ont ensuite passé un accord avec l’Université du Texas, à Austin: les clichés pourront être étudiés et admirés pendant au moins cinq ans; c’est la première fois depuis des années qu’ils sont ainsi accessibles aux universitaires et au public.
Thomas F. Staley, directeur du Ransom Center où les images se trouveront, prévoit de numériser chaque image pour entamer des recherches et planifier des expositions. Moins de la moitié du stock est pour l’instant numérisée.

BIRMINGHAM, England—1991. © Elliott Erwitt / Magnum Photos
Cette vente, dont le prix n’a pas été dévoilé mais qui pourrait s’élever à une centaine de millions de dollars selon une source anonyme du New York Times, pourrait permettre à Magnum de se redresser un peu. Comme beaucoup d’autres agences photo, Magnum a vu sa fortune diminuer au fil des ans, à cause de la situation difficile de la presse et des alternatives au photojournalisme (vidéo d’un côté, photographes amateurs de l’autre).
«Etant données les évolutions technologiques qui révolutionnent le monde de la photographie, notamment la numérisation des images, une telle collection d’images imprimées n’existera plus jamais», commente l’un des membres de MSD.
Source : www.slate.fr
2010 Robert Capa au cinema
L’année 2010 sera peut-être la grande année de Robert Capa sur le grand écran. Le photographe d’origine hongroise est au centre de trois projets de films, qui tenteront de cerner l’homme et le photographe. Le co-fondateur de l’agence Magnum, né en 1913 à Budapest et décédé en 1954 en Indochine, a vécu une existence hors-norme, témoignant, appareil photo au poing, des grands conflits du XXe siècle, de la Guerre d’Espagne à la Guerre d’Indochine, sans oublier, bien sûr, la Seconde guerre mondiale.
Le réalisateur américain Michael Mann («Public Enemies»), ne pouvait être insensible au talent de celui qui a fait du photojournalisme un art en soi. L’auteur de «Heat» et studio Columbia Pictures ont ainsi acquis les droits pour l’adaptation cinématographique du roman «Waiting for Robert Capa» de la romancière espagnole Susana Fortes, qui a remporté de nombreux prix littéraires en terre ibérique.

World Press Photo Award 2008
Le prix de la meilleure photo de presse de l’année 2008 fut décerné à Anthony Suau en février dernier.
La scène, dramatisée par l’emploi du noir et blanc, se déroule à Cleveland, Ohio, alors qu’un policier patrouille arme au poing dans un logement de toute évidence abandonné par ses occupants ruinés, dans le scandale des prêts hypothécaires. L’absurdité de la scène mais aussi le poids de cette actualité, qui a entraîné le monde dans une crise économique douloureuse, ont certainement fait pencher le jury en faveur de cette photo.

©Anthony Suau
Spécialiste du noir et blanc, à 52 ans Anthony Suau n’est pas un débutant. Photographe attitré de Time depuis 1991 et fournisseur d’une dizaine d’agences, il avait remporté le même prix en 1987 (manifestations en Corée du sud) et un prix Pullitzer en 1984 (famine en Ethiopie). Il détient la Médaille d’or Robert Capa pour son travail en Tchétchénie en 1995 et 1996.
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