Ci-dessous les articles concernant " bosnie"

Prix Bayeux 2012

26 sept 2012   //   Alessio Romenzi, Prix de Bayeux  //  Laissez un commentaire

Au-delà des travaux du jury et de la remise des prix, le Prix Bayeux-Calvados c’est aussi une semaine de rendez-vous autour de l’actualité internationale.

Échanges, témoignages, décryptage de l’actualité avec ceux qui la couvrent au quotidien, fenêtre ouverte sur un monde en perpétuelle turbulence, c’est cet « arrêt sur images » que propose chaque année Les Rencontres du Prix Bayeux-Calvados à travers des expositions inédites, un salon du livre, des forum-médias, des soirées débats, des projections de documentaires, des opérations tournées vers les jeunes…

Des expositions inédites, produites pour le Prix Bayeux-Calvados

Karim Ben Khelifa “Portraits des ennemis”
Un face à face de portraits de combattants de chaque côté de la ligne de front (Sud Soudan, Inde/Cachemire, Israël/Palestine).

“Bosnia, 1992-1995”, Exposition collective à l’occasion du 20e anniversaire de la guerre.
L’exposition présentera une quarantaine d’images de photographes ayant contribué au livre “Bosnia 1992-1995”, dirigé par Jon Jones (éditeur photo), Gary Knight (production, avec Ziyah Gafic) et Rémy Ourdan (éditeur texte). Le livre rassemble plus de cinquante photographes et journalistes bosniens et étrangers.

Jérôme Sessini – Magnum Photos “The wrong side”
Après de nombreux reportages sur la guerre des cartels de la drogue au Mexique, un ouvrage à paraître en septembre “The wrong side” rassemble l’ensemble du travail de Jérôme Sessini sur la situation de violence et la manière dont les Mexicains vivent dans les villes les plus dangereuses du Mexicains vivent dans les villes les plus dangereuses du pays.

Syrie, un peuple sacrifié
Exposition en extérieur dans la Ville de Bayeux. Regard croisés de quatre reporters qui ont couvert l’actualité en Syrie :
Rodrigo Adb (AP), Mani, Alessio Romenzi (Corbis) et Laurent Van der Stockt.

La Maison des Journalistes a 10 ans
Pour cet anniversaire, « L’Exil » est mis en images par 40 dessinateurs du monde entier.

Zoom et décryptage : Somalie, Syrie, retour sur la Bosnie Des soirées pour aborder l’actualité internationale différemment :
Retour sur le siège de Sarajevo, les réalités de la guerre à travers le film d’Angelina Jolie “Au pays du sang et du miel”, et le témoignage de Rémy Ourdan (Le Monde).
“Somalie, l’air de la paix” en partenariat avec Arte reportage. Projection d’un documentaire inédit réalisé par Thomas Dandois (Camicas Productions) suivie d’un débat animé par Didier François (Europe 1).
Soirée grands reporters “Syrie : zone interdite”, animée et préparée par Jean-Marc Four (France Culture) en présence de ceux qui couvrent le conflit au plus prés, notamment Javier Espinosa (El Mundo), Mani (photographe indépendant)…

Salon du livre – Témoignages
Des grands noms du reportage seront présents à la rencontre du public : Hervé Ghesquière, Patrick Chauvel, Edith Bouvier, Christophe Boltanski, Benjamin Barthe, Tomas Van Houtryve, Sara Daniel, Régis Le Sommier, Jean-Marie Quemener, Bernard Lebrun, Mouhssine Ennaimi, …

Place aux documentaires, le dimanche
Quatre documentaires exceptionnels proposés en accès libre au public : “5 Broken Cameras” : l’histoire d’Emad Burnat, cinéaste palestinien autodidacte, qui se documente contre le Mur israélien en cours de construction dans son village. Des images exceptionnelles et inédites du Bahreïn avec “Bahreïn, plongée dans un pays interdit”, réalisé par Stéphanie Lamorré, une co-production Premières Lignes – Arte France. La guerre sans merci de la production d’or en Colombie : “Pour tout l’or de la Colombie” réalisé par Pascale Mariani et Roméo Langlois. “À la une du New York Times” : immersion dans le quotidien d’une institution de la presse internationale.

 

Photojournalisme : émotion et gravité à la 24e édition du festival Visa pour l’Image

4 sept 2012   //   Visa pour l'image  //  Laissez un commentaire

Rendez-vous annuel des professionnels de la photo de presse, le festival Visa pour l’Image a démarré samedi dernier à Perpignan. Cette 24e édition met notamment l’accent sur le conflit en Syrie où trente-cinq journalistes sont morts depuis le début de l’année. Près d’une trentaine d’expositions spécifiques propose pendant quinze jours au visiteur un regard aigu et original sur le monde tel qu’il va.

L’onde de choc grecque, les violences au Nigeria, les mariages forcés en Afrique et en Asie, la prison de Guantanamo, telles sont quelques-unes des expositions marquantes du 24e festival Visa pour l’Image qui se tient à Perpignan jusqu’au 16 septembre. Fondé en 1989 par le journaliste et directeur photo Jean-François Leroy qui en est toujours le directeur, Visa pour l’Image s’est rapidement imposé comme la manifestation de référence dans le domaine de la photo de presse, permettant à des photojournalistes du monde entier de montrer et d’expliquer leur travail à un public de plus en plus nombreux (plus de 200 000 visiteurs l’an dernier).

Deux soldats de la garde rapprochée du vice-président nigérian Namadi Sambo font démonstration de leurs compétences, près de sa résidence à Kaduna. Avril 2012. Bénédicte Kurzen

Le Festival permet aussi aux professionnels de se rencontrer, d’échanger, de monter des projets. Et il sert également de tremplin aux photographes les plus prometteurs. Ce fut le cas pour Rémi Ochlik, le reporter-photographe français tué à Homs en Syrie le 22 février à l’age de 28 ans (1). Jean-François Leroy avait repéré le jeune talent dès 2004 pour un reportage sur Haïti et dont le travail fait cette année l’objet d’une rétrospective sobrement intitulée 2004-2012. Les dangers encourus par les photojournalistes et reporters d’image sur le terrain s’inscriront à nouveau en filigrane dans le programme de cette édition 2012, neuf professionnels et vingt-six citoyens-journalistes ayant trouvé la mort sur le sol syrien depuis le début de l’année, selon le bilan dressé par Reporters sans frontières sur son site.

Hors des théâtres de conflits, l’actualité se décline également sous tous ses aspects à Perpignan à travers la politique, le sport, la culture et l’insolite. A signaler aussi plusieurs rétrospectives : une histoire de la Syrie de 1920 à nos jours, les conflits dans l’ex-Yougoslavie vingt ans après la guerre en Bosnie, les 50 ans de l’indépendance de l’Algérie ainsi que le centenaire du Titanic. Comme chaque année, des prix seront remis dans différentes catégories par un jury composé des directeurs photo de certains des plus grand quotidiens et magazines de la planète. Le webdocumentaire sont également à l’honneur, un mode d’expression encouragé depuis quatre ans par le prix France 24-RFI qui sera décerné mercredi soir 5 septembre.

(1) La journaliste américaine Mary Colvin du Sunday Times de Londres a également été tuée lors de cette attaque dans le quartier de Baba Amr.

Soucre : www.rfi.fr ; Christophe Carmarans

Plus d’infos sur www.visapourlimage.com

 

Patrick Chauvel – Portrait

A 63 ans, Patrick Chauvel, légende vivante du photoreportage, continue de parcourir la planète d’un conflit à l’autre. Dans son dernier livre, il revient sur les révolutions sud-américaines des années quatre-vingt.

Quand le photoreporter Patrick Chauvel a monté sa société de production, son banquier lui a proposé de la baptiser «Agios». Il y a de quoi : «Financièrement, je n’ai jamais eu deux années tranquilles devant moi. Je n’ai pas acheté d’appartement, ma moto a trente ans et ma voiture, quarante !» Ca ne l’angoisse pas, mais ça peut l’énerver. Surtout quand le manque d’argent le cloue au sol alors qu’un conflit éclate à l’autre bout du monde. Visiblement, il n’a toujours pas digéré d’avoir raté la chute de Saigon… Depuis, il s’est rattrapé.

Les rides se sont creusées, le cheveu noir a blanchi, mais il est toujours là. Avec des bouts d’intestin en moins et des éclats dans la colonne vertébrale : «comparé à d’autres, j’ai de la chance, rien ne m’empêche de continuer». Quarante ans qu’il couvre toutes les guerres, toujours comme photographe indépendant. C’est pendant le siège de Grozny, en Tchétchénie, qu’il s’est mis à la caméra. Les premières images qu’il y a faites – la traversée au pas de course du pont qui formait le seul lien avec le monde extérieur, rythmée par le claquement sec des balles russes et sa respiration haletante – ont servi de scène inaugurale à son documentaire, Rapporteur de guerre. Tout y était dit, de l’intensité et du danger, de la solidarité avec le rebelle qui courait devant, de l’engagement nécessaire pour témoigner au plus près.

 

Au Suriname, un milicien de Ronnie Brunswijk monte la garde devant l’île qui sert de base aux rebelles. PATRICK CHAUVEL / CORBIS-SYGMA

 

Dans son premier livre du même nom, il a raconté ses années d’enfance, bercées par les récits de son père, le reporter Jean-François Chauvel, et de son oncle, l’écrivain et cinéaste Pierre Schoenderffer. A la maison, on croisait Joseph Kessel et Jean Lartéguy. Forcément, un jour, le jeune garçon a voulu, lui aussi, tester son courage. La guerre des Six Jours d’abord, en 1968, avec un Nikon offert par l’auteur du Crabe-tambour. Les photos qu’il ramène sont floues, mais qu’importe, il a chopé le virus. Viêt-Nam, Cambodge, Iran, Irlande, Liban, Sierra Leone, Haïti, Bosnie, il est allé partout, se forgeant une réputation de trompe-la-mort. Il est pris en otage, blessé, se retrouve face à un peloton d’exécution, coule avec des Boat-people. Ses reportages sont publiés dans les plus grands titres de la presse internationale, le TimesSternParis MatchLife ou Newsweek.

 

C’est en couvrant l’année dernière la révolution libyenne que lui est venue l’idée de son nouveau livre, Les pompes de Ricardo Jesus : «L’enthousiasme des printemps arabes m’a rappelé celui des printemps sud-américains». Cela donne un passionnant récit dans lequel les aventures s’enchaînent, du Salvador à Cuba, du Nicaragua au Suriname, à dos d’âne avec des guérilleros dépenaillés, au cœur de la jungle avec des mercenaires anglais. Il y a des évènements inattendus – l’assassinat de l’archevêque Romero en plein office, une baignade matinale avec Bob Marley – des histoires d’amour et d’amitié : «il y avait quelque chose de joyeux au milieu de toute cette violence. Aujourd’hui, dans le monde arabe, il est beaucoup plus dur de décompresser, il n’y a pas d’alcool et les femmes sont cachées…» 

Au domicile de Bob Marley. Le chanteur jamaïcain invite le photographe à fumer un joint avec lui.PATRICK CHAUVEL / CORBIS-SYGMA

 Certains jeunes photographes sont venus au métier à la lecture de son premier livre. Lui qui a dû faire le deuil de son maître, Pierre Schoenderffer, récemment disparu, se retrouve aujourd’hui investi du rôle de grand ancien. La roue tourne. Il se souvient d’avoir croisé en Lybie, au bord d’une route, un de ces garçons pleins d’audace et d’enthousiasme : «Je regardais le désert, il me parlait, je n’écoutais pas trop, et puis ce qu’il m’a dit m’a touché, il y avait quelque chose de presque romantique dans sa vision du métier. Cela m’a rendu optimiste, je me suis dit « tiens, la relève est là… »». Quelques mois plus tard, Rémy Ochlick, vingt-huit ans, était tué dans un bombardement à Homs, en Syrie. C’est vers ce pays déchiré que veut maintenant s’envoler Patrick Chauvel : «Tant que le corps suit, je lâcherai pas l’affaire.»

 

Pour vous procurer son dernier livre, cliquez ici

 

Source : Vladimir de Gmeline – Marianne

Le photojournaliste James Natchwey expose à Lyon

James Nachtwey est considéré comme l’un des plus grands photographes anti-guerre de ces trente dernières années. Il a couvert quasiment tous les conflits ou drames humains de notre époque. De la Somalie à l’Afghanistan, de la Bosnie Herzégovine au Rwanda.

Son exposition :

Son livre :

« j’étais présent, et ces images sont mon témoignage. Les évènements que j’ai enregistré ne devraient pas être oubliés, et ne doivent jamais se répéter ». Voilà ce qu’écrit James Nachtwey, photographe américain de 59 ans sur la postface de son livre l’ENFER. L’enfer justement, Nachtwey le connaît bien et il n’a eu de cesse de le côtoyer un peu partout sur le globe ces 30 dernières années. Ses images forcent la réflexion.

Sur 480 pages, dans une édition de très grande qualité, l’horreur s‘étale devant nos yeux. En grand format. Dans son livre, pas de compromis. Il capte l’instant extrême de la souffrance. La misère, la violence, la mort nous font face et nous sautent à la gorge. Images pornographiques disent certains. Intolérable étalage trop composé de ce que l’homme peut faire de plus abject écrivent d’autres.

Il est vrai : les photographies de James Nachtwey dérangent. Elles choquent par leurs compositions magistrales, la quintessence de leurs cadrages, cette lumière toujours parfaite. Elles gênent par leurs aspects emblématiques, pour leurs absences de référence au contexte géopolitique, pour leurs seules focalisations sur la douleur brute des victimes. Il produit une image symbole à l’esthétisme très sophistiqué, quasi théâtrale. Bref, ce que l’on reproche à James Nachtwey ce sont des images trop abouties où la seule esthétique tient lieu d’éthique.

Afghanistan, 1996, James Nachtwey © Agence VII Photo

A voir : James Nachtwey, photographies

Du 18 septembre au 15 janvier 2011 à la bibliothèque de la Part-Dieu

Du mardi au vendredi de 10h à 19h – le samedi de 10h à 18h - 30 boulevard Vivier-Merle 69003 Lyon


A lire : « L’Enfer », pour le commander  cliquez ici

A regarder : « War Photographer », Film documentaire de Christian Frei , voir un extrait

 

Sources : http://culturebox.france3.fr et http://blogs.laprovence.com

 

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