Marc Riboud remporte le prix Nadar 2012
Le Prix Nadar 2012 des Gens d’Images a été attribué à l’ouvrage « Vers l’Orient » du photographe Marc Riboud publié par les Editions Xavier Barral. Ce coffret contient les plus belles photographies prises lors du long voyage du photographe entre 1955 et 1958 à travers sept pays. Un parcours qui l’a conduit de la Turquie, à l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Inde, la Chine puis le Japon.
Vers l’Orient, coffret de cinq ouvrages, est un véritable carnet de notes visuelles réunissant les plus belles photographies prises lors de ce voyage entrepris pour rejoindre initialement Calcutta.
Comme beaucoup d’autres avant lui, Marc Riboud a eu besoin de partir, de quitter la France, sa famille et la reconstruction de l’après-guerre. Âgé de 30 ans, ingénieur de formation, il achète la vieille Land Rover de George Rodger et se met en route au printemps 1955.
Désireux de découvrir ces civilisations millénaires, il s’arrête d’abord à Istanbul, avant de poursuivre son chemin par les admirables paysages de Cappadoce et d’Anatolie. Il traverse la Perse pour rejoindre l’Afghanistan et ses zones tribales, comme l’avait fait peu de temps avant lui Nicolas Bouvier.
En 1956, il arrive en Inde, sa destination initiale, qu’il sillonne pendant près d’une année : Calcutta, Bombay, Delhi, Darjeeling, le Rajasthan, Bénarès jusqu’au Népal. C’est de là qu’il entre en Chine communiste, où il est l’un des rares Occidentaux à obtenir un visa. Il termine son « Grand Tour » au Japon en 1958, alors en pleine reconstruction après la guerre et en pleine mutation sociétale. De retour en France, Marc Riboud ramène des milliers de photographies, traces de ces cultures ancestrales, que l’on retrouve partout, dans les monuments, les gestes, la beauté des femmes, l’hospitalité des gens, le temps qui n’est pas compté. Ceux qui connaissent l’Orient d’aujourd’hui découvriront peut-être dans ces photos réalisées il y a près de soixante ans ce qui reste quand tout semble changer, et, derrière l’occidentalisation grandissante, le fil caché de l’intemporalité.
Le Prix Nadar récompense chaque année depuis 1955 un livre consacré à la photographie ancienne ou contemporaine édité en France au cours de l’année. Il n’est pas doté. Le jury, présidé par Agnès Sire, directrice de la Fondation Henri Cartier-Bresson, était composé de personnalités appartenant aux diverses professions impliquées dans la réalisation, la production, la critique et l’édition de photographies.
Pour commander le coffret cliquez ici
L’exposition « Rapporteur de guerre » – Patrick Chauvel
Déjà exposé à Bastia, Patrick Chauvel est également à l’honneur au Centre Mondial de la Paix de Verdun jusqu’au 26 mai. Des photos violentes, étonnantes, qui témoignent d’une carrière entière passée à montrer la réalité, pour que plus jamais l’on ne puisse dire « on ne savait pas ».

© Patrick Chauvel
De guérillas en révolutions, de batailles en exécutions, ce témoin de la guerre retrace ici 30 années de conflit à travers des photos prises en Afghanistan, en Tchétchénie, en Haïti, au Liban ou encore au Vietnam. Une sélection qui, si elle choque, sensibilise forcément le public par le trouble que crée la vue de ces corps, de ces enfants, de la torture et de la mort.

Au Centre Mondial de la Paix à Verdun jusqu’au 26 mai 2013
Festival photo à Saint-Brieuc
Du 19 octobre au 11 novembre 2012, le festival Photo-reporter en Baie de Saint-Brieuc propose au public de découvrir sous forme d’expositions des photo-reportages inédits en exclusivité sur l’Agglomération de Saint-Brieuc. Suite à l’appel à projets lancé en octobre 2011, plus de 300 dossiers ont été déposés en provenance de plus de 40 pays. Seuls 15 auront la chance d’être exposés :
Jim Brandenburg : Man and nature on the French West Coast
Ce passionné de nature devenu amoureux de la Bretagne lors d’un récent voyage, nous propose un travail photographique autour des grands sites emblématiques et touristiques normands et bretons : des falaises d’Etretat à Noirmoutier en passant par le Mont St Michel et l’île de Bréhat. Il souhaite mettre en opposition des photos de ces sites tels qu’ils existent dans l’imaginaire du touriste avec un reportage sur les usages actuels de ces lieux et la manière dont ils sont aménagés et façonnés par l’homme.
Claudine Doury : Des Etats Baltes à la Russie, les nuits blanches
Aux latitudes situées en deçà des cercles polaires, un phénomène se produit aux alentours du solstice d’été : il s’agit de la nuit blanche. Les peuples du nord ont, semble t-il, toujours célébré ce retour à la lumière après des mois de totale obscurité. On assiste aujourd’hui à un renouveau de ces rites païens tout autour du cercle polaire notamment dans les pays Baltes et en Russie. Claudine Doury nous propose de suivre les préparatifs et d’assister à deux de ces fêtes.
Gwen Dubourthoumieu : Les mangeurs de cuivre
La République Démocratique du Congo possède un des sols les plus riches de la planète notamment des abondantes ressources en cuivre. La gestion prédatrice du Maréchal Mobutu a inauguré une vaste libéralisation du secteur, marquant le coup d’envoi d’une anarchique « ruée vers le cuivre ». Motivés par une nécessité économique qui s’apparente à la survie, des creuseurs artisanaux travaillent sans aucune mesure de protection ou de sécurité et s’exposent chaque jour à des accidents qui peuvent leur coûter la vie. Aujourd’hui, on en dénombre près de 150 000 parmi eux, on compte un nombre significatif de femmes, mais aussi d’enfants, parfois très jeunes. Les révoltes sont fréquentes mais brutalement réprimées par les nantis, minorité affairiste proche du pouvoir.

Cédric Gerbehaye : Belgique
La Belgique est un Etat qui rassemble deux peuples qui, au départ, n’avaient strictement rien en commun. Une Belgique entre les cultures latine et germanique. 180 années de relations houleuses, tendues et difficiles… Aujourd’hui l’Etat-Nation flamand devenu riche, veut son indépendance économique, persuadé qu’il s’en sortira mieux une fois débarrassé du « boulet » wallon.
Antoine Gyori : La Russie de Poutine
À la veille de l’élection présidentielle en Russie du 4 mars, Antoine Gyori souhaite dresser un portrait la Russie actuelle, celle d’un pouvoir autoritaire peu respectueux des libertés individuelles et publiques et celle d’une organisation économique libérale qui a constitué pour la population un bond en arrière comme rarement il s’en est produit dans l’histoire. En profitant de l’élection présidentielle du 4 mars, il va suivre les «NASHI », des jeunes militants du parti politique mise en place par Vladimir Poutine. L’aspect religieux sera également abordé. En effet, depuis peu, la Russie connaît une recrudescence de la religion orthodoxe à travers tout le pays. Plus de deux cents églises, doivent êtres érigées dans les quartiers périphériques de la ville. Un vaste projet destiné à stimuler la foi et simplifier l’accès des fidèles moscovites.
Olivier Jobard : La vie à durée déterminée
En cette période de crise financière, de récession, de baisse du niveau de vie et du pouvoir d’achat, de plus en plus de travailleurs vivent dans des conditions précaires. Jeunes, seniors, diplômés ou non, avec ou sans papiers, l’emploi n’est stable que pour une faible partie de la population française. Ils sont peu syndiqués, rarement défendus, peu présents dans les médias …plus préoccupés à leur survie qu’à revendiquer leurs droits… On ne s’arrête jamais sur eux et pourtant leurs vies sont bien réelles, proches d’une spirale infernale dont il est difficile de sortir.… Olivier Jobard nous propose une immersion de plusieurs mois au cœur de cette France précaire.
Gary Knight : « Immigracion Topographica »
Ce sujet nous transporte au sud de l’Arizona le long de la frontière mexicaine. Chaque jour, des immigrants sud-américains tentent la traversée de ce désert hostile où beaucoup trouvent la mort. En plus des conditions climatiques difficiles, les immigrants ne peuvent compter sur personne : les locaux détruisent les réserves d’eau mises en place par des ONG, des milices privées sont engagées pour abattre les migrants. En plus d’être un point de passage vers l’Amérique du nord, c’est également une zone où se cachent des criminels en tout genre. Gary Knight va parcourir ce désert interminable, jalonné de tombes, de « Rape Trees » et de lieux de pèlerinage improvisés et nous montrer à travers les vêtements et les objets abandonnés par les migrants que ceux-ci sont parfois amenés à faire des choix qui peuvent nous paraître irrationnels.
Pierre-Yves Marzin : Une police indigène, héroïque et incorruptible
Au Mexique, démocratie déliquescente et Etat de non-droit, 95 % des affaires de justice restent non-résolues, c’est le règne de l’impunité. Il y a cependant un endroit où c’est l’inverse : cet endroit, c’est un patchwork de communautés indigènes dans l’état du Guerrero, à six heures de route au sud de Mexico. La Policia de la Montaña est parvenue à faire chuter la criminalité, les vols, les viols, les enlèvements et à décourager les bandits ou les narco-trafiquants.
C’est une police parallèle (720 policiers répartis dans 32 communautés) qui ne croit pas en la punition, mais en la rééducation : les coupables sont assignés à des travaux communautaires. Leur mérite est d’autant plus car deux menaces grondent : les groupes de narcos intéressés par ce territoire où l’on cultive le pavot et des entreprises minières canadiennes qui menacent une partie de leur environnement.
Sonia Naudy : Afghanistan, dans les prisons des femmes
Libertinage, blasphème, consommation d’alcool, adultère, fuite du domicile, et même viol… En Afghanistan, près des trois quarts des femmes enfermées dans les prisons le sont pour des crimes dits « moraux ». Mais dans un pays où les droits des femmes sont bafoués, c’est en prison qu’elles respirent enfin… L’univers pénitentiaire afghan est paradoxal. Les prisonnières jouissent d’une certaine liberté à l’intérieur du centre de détention. Elles vont et viennent à leur guise, la plupart sans le voile, fument des cigarettes, se maquillent… Elles ont accès à des cours d’alphabétisation, d’anglais ou d’informatique proposés par des ONG afghanes. Cependant, tout ceci leur sera complètement inutile à l’extérieur car elles n’auront pas le droit d’exercer une activité professionnelle. Le projet de Sonia Naudy est de montrer « l’après-prison », car c’est souvent à ce moment là que le plus dur commence pour les ex-prisonnières…

Zeng Nian : Retour au barrage des Trois Gorges
La construction du barrage des Trois Gorges, plus grand barrage hydraulique du monde situé dans la province du Hubei au cœur de la Chine a commencé en 1994. En 2011, le Conseil d’État chinois a reconnu les conséquences inquiétantes de ce barrage: 1 400 000 personnes ont été déplacées, les dégradations de l’environnement induites par le barrage sont multiples : glissements de terrain, pollution, débit trop lent de l’eau, sécheresse en aval du barrage, assèchement de deux grands lacs qui rend la navigation impossible…
Pierre Terdjman : United we were strong
Le rêve des pères fondateurs de l’État d’Israël de créer une société cimentée par son judaïsme vole en éclats aujourd’hui. À travers les banlieues et les quartiers pauvres, la nation israélienne, réputée pour son dynamisme économique et sa propension à encourager «l’aliyah» des Juifs (le retour à la terre d’Israël) et leur unité, montre ses limites : chômage, violence, drogue, discriminations ethniques fragilisent l’unité de la société israélienne. Les Arabes israéliens, tout autant que les Juifs récemment arrivés d’Afrique du Nord, de Russie ou d’Éthiopie, n’ont pas tous été intégrés dans le «melting-pot » de la Terre sainte. Nation de 7 millions d’âmes, Israël doit aujourd’hui affronter sa capacité d’intégration de tous les Juifs.
Tomas Van Houtryve : Off the radar
Ebeye est l’ile la plus peuplée de l’atoll Kwajalein des Îles Marshall. 15 000 habitants (c’est-à-dire 1/5 de la population totale du pays) vivent sur une surface d’environ 32 hectares. Certains habitants d’Ebeye sont des victimes ou des descendants de victimes des radiations de l’essai nucléaire Castle Bravo, la bombe H la plus puissante jusqu’ici testée par les États-Unis le 1er mars 1954. Tomas Van Houtryve nous propose un reportage sur les habitants de cette île surnommée le taudis du Pacifique : chômage, pauvreté, maladies héritées des essais nucléaires…
Gaël Turine : L’Inde et le mur de la honte
Des barrières entre pays, des murs autour de villes et des clôtures qui traversent des quartiers, est la solution imposée à des millions de personnes à travers le monde sous prétexte de lutte contre le terrorisme, d’immigration clandestine ou encore du trafic de drogue. En 1992, le gouvernement Indien a décidé la construction d’un mur frontalier avec son voisin Bangladeshi.
Avant la construction de cette frontière, des milliers de Bangladais traversaient quotidiennement la frontière pour travailler en Inde ce qui n’était pas vécu comme de la migration mais comme de simples aller-retour. L’objet du reportage est de montrer que l’érection de la clôture a bouleversé des mécanismes socio-économiques culturels et religieux qui précédaient le mur.
Ami Vitale : Watching the second hand of a clock
Le Cachemire est au cœur d’un conflit géopolitique qui a causé la mort de 80 000 personnes depuis une vingtaine d’années. L’Inde et le Pakistan s’arrachent sans relâche ce petit bout de terre sans qu’aucune issue à cette guerre ne soit recherchée.
Le projet d’Ami Vitale est de nous révéler, loin de l’image véhiculée par les médias, la beauté à couper le souffle des paysages du Cachemire et de montrer, à travers ce reportage, la tolérance spirituelle des habitants de ce territoire où se côtoie en harmonie l’Islam, le Bouddhisme et l’Hindouisme.
Franck Vogel : L’eau du Nil, partage ou guerre ? – Hors sélection –
Avec 6500km de long, le Nil – issu de la rencontre du Nil Blanc et du Nil Bleu – est le plus long fleuve du monde. Il est synonyme de survie et de richesse pour les onze pays qu’il traverse, mais toujours d’inégalité quant au droit à l’eau. Les tensions sont palpables dans les différents pays et la grande question se pose : vont ils réussir à s’entendre ou entrer en guerre ? L’avenir nous le dira, mais comme toujours c’est le petit peuple qui en souffrira…

Du 19 octobre au 11 novembre 2012
Baie de Saint-Brieuc
Entrée libre
Plus d’infos ici
100 photos de Steve McCurry pour la liberté de la presse

Le nouvel album Reporters sans frontières, 100 photos de Steve McCurry pour la liberté de la presse, met à l’honneur le photographe, témoin clé de la poudrière afghane, qui depuis plus d’une trentaine d’années sillonne les contrées de l’Afghanistan. Un pays qui s’est avéré la grande passion de sa vie.
Steve McCurry est l’un des photojournalistes les plus récompensés de sa génération. Il est surtout connu pour son portrait de Sharbat Gula, une jeune fille afghane aux yeux verts, véritable icône qui a fait la couverture duNational Geographic en 1985.

Hindu Kush Mountains, Afghanistan, 1984 Steve McCurry
100 Photos de Steve McCurry pour la liberté de la presse, 9,90 €, sortie le 13 septembre.
Pour le commander cliquez ici
Massoud Hossaini reçoit le Prix Pulitzer
Le photographe de l’AFP Massoud Hossaini a remporté lundi le Prix Pulitzer « photo breaking news » avec ce cliché « déchirant d’une fillette pleurant de peur après un attentat suicide » à Kaboul. « Une simple photo, fascinante, dont on se souvient longtemps », a déclaré Sig Gessler, responsable de ce prestigieux prix américain. Le lauréat, également enfant de la guerre, raconte dans quelles circonstances il a réalisé cette photo.
Massoud Hossaini, 30 ans, photographe du bureau de l’AFP dans la capitale afghane, couvrait une procession chiite le 6 décembre dernier lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser.
« Immédiatement, j’ai vu de nombreux corps par terre, beaucoup de gens en pleurs, d’autres prenaient des photos ou des films avec leurs téléphones portables, des gens criaient « A mort Al-Qaïda! », « A mort les talibans! », raconte le photographe. L’attentat avait fait près de 70 morts, le plus meurtrier en Afghanistan depuis juillet 2008.
« Je me suis tourné et j’ai vu la petite fille. Quand Tarana s’est rendue compte de ce qui venait d’arriver à son frère, ses cousins, ses oncles, sa mère, sa grand-mère, les gens autour d’elle, elle ne s’arrêtait pas de hurler. Elle a fait d’autres choses mais sur mes photos, elle ne fait que hurler. Cette réaction de choc, c’est ce que je voulais montrer. »
Massoud Hossaini, déjà distingué pour ce même cliché en février au World Press Photo Award 2011, est un enfant de la guerre qui n’a connu que l’exil et le fracas des armes. »Je suis né au mauvais endroit, l’Afghanistan, j’ai grandi au mauvais endroit, l’Iran, (et) je vis au mauvais endroit, Kaboul. J’attends de voir ce que l’avenir me réserve », dit-il.
La photo, « je ne la regarde plus parce que mon coeur bat plus vite et me ramène à mes émotions ce jour-là », dit-il. Le Pulitzer, « cela représente plus qu’une récompense, parce que je sais que je suis devenu le porte-voix des Afghans, de ceux qui ont perdu la vie dans cet attentat suicide et pour toutes les victimes de la guerre ».
« Avant, j’étais juste un photographe et eux des gens, des sujets (…). Désormais, tout ce qui les affecte m’affecte aussi ».
Journaliste en Syrie : « c’est la roulette russe »
Deux journalistes sont morts, mercredi 22 février, en Syrie, lors du pilonnage du quartier de Baba Amr, dans la ville rebelle de Homs. Parmi eux, un Français, Rémi Ochlik, a trouvé la mort dans le centre de presse, visé par des tirs de roquettes depuis le début de la matinée. Il est le septième journaliste à avoir trouvé la mort en Syrie depuis le début du conflit.
Patrick Chauvel, photojournaliste et correspondant de guerre depuis quarante ans, a couvert les événements des révolutions arabes. Il était présent en Libye, en mars 2011, en même temps que Rémi Ochlik. Il évoque les risques du photojournalisme et la gradation de la violence des conflits arabes depuis janvier 2011.
Pourquoi tant de jeunes photographes sont-ils présents depuis le début pour couvrir les événements des révolutions arabes ?
Tout a commencé avec la Tunisie, le voyage ne coûtait pas trop cher, et donc de nombreux jeunes ont pu partir avec leurs propres économies. Pas besoin de carte de presse, ni d’être connu, n’importe quel jeune photojournaliste pouvait décider de se lancer dans l’aventure. En Libye, à la différence de l’Afghanistan ou de l’Irak, pas besoin demontrer patte blanche, car les rebelles libyens étaient totalement désorganisés. C’était une véritable occasion pour ces jeunes professionnels de se révéler, comme lors du conflit en Yougoslavie, où de nouveaux talents se sont distingués.
On devait être une cinquantaine en Libye. Ça m’a plu de voir arriver tous ces jeunes. Ils étaient gonflés, merveilleux d’aventure et d’envie. C’était formidable de les voir travailler et se poser des questions sur le métier. Ils s’interrogeaient sur la justesse de la cause, si la France faisait bien d’intervenir militairement. Beaucoup de questions sur l’avenir économique du métier, avec le développement d’Internet, et surtout pour les journalistes indépendants. Des gens biens.
Mais ils étaient aussi nombreux à venir sans préparation, avec l’inconscience due à leur âge, sans notion des premiers secours en cas de blessure, ni des bons réflexes de survie. Quand des tirs partent dans tous les sens, rien ne sert de se cacher derrière une voiture, c’est du papier. La seule solution : courir.
En quoi la Syrie est-elle différente des autres conflits arabes ?
Jusque-là c’était la guerre, mais avec des conflits pas très violents. La Syrie, en revanche, c’est un vrai conflit. En Tunisie, un seul photographe a été tué, Lucas Mebrouk Dolega, un jeune Français de 32 ans. En Egypte, là, c’était très dangereux. Si on se retrouvait seul face à des policiers, on se faisait embarquerdans une ruelle à l’écart et tabasser. Il y a eu des histoires horribles, comme ces deux journalistes [Caroline Sinz et Mona Eltahawy] qui ont été violées au milieu de la foule. Mais il n’a jamais été question d’exécution sommaire.
En Libye, c’était une guerre avec des moments dangereux. Là-bas, il y avait des tirs de mortier, à la trajectoire complètement aléatoire. Cinq journalistes y ont trouvé la mort. La Syrie, c’est encore un niveau au-dessus. Les autorités syriennes ne veulent pas que des images sortent du pays, alors ils n’hésitent pas à arrêter les journalistes, à les torturer, voire à les exécuter.
Dans quelles conditions travaillent les journalistes, notamment en Syrie ?
Pour entrer en Syrie, ce n’est pas simple. Il faut passer la frontière sous les barbelés, avec les snipers qui patrouillent, puis crapahuter pendant des kilomètres sur une moto ou à cheval, comme ce journaliste du New Yorker mort après une crise d’asthme, il n’y a pas longtemps. Puis après il fait froid, il n’y a rien, pas même d’électricité, ce qui complique énormément le transfert de photos. Il faut les faire passer à la frontière, comme on peut, comme quand on avait encore des pellicules. Là, en plus, l’armée syrienne ne veut pas que la presse vienne. En janvier, quand Gilles [Jacquier] a été tué, ça a refroidi tout le monde.
Et puis il y a la question de l’argent. Je me souviens que quand je suis parti en Libye, j’ai réussi à réunir 1 800 euros auprès de deux journaux différents. Mes dix-huit heures de taxi pour arriver sur la zone de combat m’ont coûté 1 700 euros, donc une fois sur place, je n’avais plus que 100 euros pour vivre. Heureusement, il y a une forte entraide entre journalistes, une fois sur place. Si quelqu’un a de quoi se payer une voiture avec un chauffeur, il emmène les autres avec lui.
Mais on travaille seul. Sur le front, on essaye d’être seul pour ne pas faire les mêmes images que les autres. On est là pour bosser, ce n’est qu’une fois à l’hôtel qu’on plaisante et qu’on discute. Je me souviens : une fois, un jeune journaliste est venu me voir et m’a demandé « comment faire pour rester en sécurité ? » Je lui ai répondu : « rester à Paris ».
Et malgré tout, il y a toujours l’envie de repartir ?
Oui, ce n’est pas un métier, c’est une manière de vivre. Aujourd’hui, quand je vois ce que subissent les Syriens, je n’ai qu’une envie, c’est y aller, pour raconter leur histoire. On dirait des noyés qui nous appellent au secours. Ne pas y aller, c’est presque faire preuve de non assistance à personne en danger.
La mort de ces journalistes [Rémi Ochlik et Marie Colvin] est très triste. Rémi était un jeune homme plein d’avenir, sincère. Mais ils sont morts en faisant leur métier, personne n’a fait d’erreur. Quand on est dans un conflit armé avec des passifs, des civils, c’est la roulette russe. L’essentiel, c’est de continuer à envoyer des journalistes en Syrie et de raconter des histoires.
Source : lemonde.fr
BD Le photographe de Didier Lefèvre
Le Photographe retrace le parcours d’une équipe de Médecins sans frontières entre le Pakistan et l’Afghanistan alors occupé par l’URSS, en 1986. Basée sur le témoignage et les clichés de Didier Lefèvre, photographe à qui Médecins sans frontières avait réellement demandé de réaliser un reportage, la série mêle adroitement dessin et photoreportage en noir et blanc, originalité qui contribua probablement à son succès.
Le lecteur suit l’histoire à travers les yeux du photographe qui, comme lui, ne connaît rien au monde dans lequel il vient d’être parachuté. Les autres membres de l’équipe, qui ont tous au moins l’expérience d’une mission derrière eux, sont une aide précieuse pour Lefèvre qui les abreuve de questions et va tomber petit à petit sous le charme de l’Afghanistan. Ce choix narratif évite d’adopter un ton didactique tout en introduisant le lecteur à la culture afghane.
Pour commander le 1er tome cliquez ici
A travers ses photos proches du reportage de guerre, Didier Lefèvre a parcouru les quatre coins de la planète, rapportant de chacun de ses périples des témoignages forts grâce à ses clichés. Didier Lefèvre décide de s’échapper du destin tout tracé de pharmacien qui lui tend les bras. Sa vie, il ne la voit pas dans une échoppe mais sur les routes du monde. En 1984, direction l’Afghanistan avec Médecins sans frontières. Sur place, il fixe dans son objectif un pays dévasté par la famine sous l’invasion soviétique. Deux ans plus tard, il part seul au Pakistan et rapporte dans sa besace les clichés d’une longue et douloureuse odyssée.
Corne d’Or, Sri Lanka, Kosovo, Les Torrerros, LesMalawi, le Cambodge… Didier Lefèvre roule sa bosse, photographiant sans cesse pour les agences Vu de 1988 à 1993, puis pour Editing ou pour son propre compte. Il publie ses témoignages dans ‘Voyages en Afghanistan : le pays des citrons doux et des oranges amères’ en 2003. Il meurt d’une attaque cardiaque foudroyante juste après le festival d’Angoulême 2007, où il venait d’être récompensé par le prix Essentiel pour le troisième tome du ‘Photographe’. La disparition soudaine de Didier Lefèvre laisse un grand videdans le monde de la bande dessinée comme des médias.
Dans le Bronx, les derniers clichés d’un photographe de guerre
L’ombre de Tim Hetherington plane sur le Bronx Documentary Center. Un autel recouvert de fleurs et de bougies trône dans l’entrée de ce nouveau lieu dédié aux arts documentaires. Sous un gigantesque panneau où se lit, en anglais et en espagnol, la biographie du photojournaliste anglais, un large et émouvant photomontage attire l’œil.
Il est mort le 20 avril dernier à Misurata et Michael Kamber et Danielle Jackson, fondateurs de cette galerie et proches d’Hetherington, ne cachent pas qu’il s’agit là d’une exposition particulière : « Nous voulions rendre hommage à Tim. Quand nous avons décidé de créer ce lieu, il était même question qu’il habite au-dessus de la galerie », explique Jackson. Quand la terrible nouvelle est tombée, ce photographe de guerre et cette ancienne de Magnum ont rapidement décidé de présenter une sélection de ses toutes dernières photos.

©Tim Hetherington
Les larges clichés en couleur révèlent des rebelles libyens, appareils photo et téléphones portables à la main, obsédés par leur autoreprésentation. Les photos témoignent du chaos et de la violence de la révolution libyenne. « Je ne me considère pas comme un photographe de guerre », disait Hetherington, récompensé par le World Press. « Ce qui compte c’est le récit ». L’exposition propose également des vidéos de travaux plus anciens de cet habitué des zones de conflits ainsi que des interviews. A voir jusqu’au 2 décembre 2011.
Au Bronx Documentary Center
Jusqu’à 2 décembre 2011, du mercredi au jeudi, 11h-18h
614 Courtlandt Avenue Bronx, New York 10451
Pour plus d’infos, visitez le site
Afghanistan : 10 ans, 100 regards
A l’occasion de la commémoration des 10 ans de l’assassinat du Commandant Massoud, les médias sont revenus sur une décennie de guerres, d’espoirs et de bouleversements profonds en Afghanistan. Reza a souhaité s’associer au projet de webdocumentaire réalisé par Arte Reportage. Celui-ci prévoit la diffusion quotidienne de modules vidéos réalisés en interne, mais également par de jeunes réalisateurs afghans, le cinéaste Barmak Akram et Reza, sur la plate-forme web : « AFGHANISTAN : 10 ANS, 100 REGARDS ».

©Reza
A travers le premier module « Résistance », Reza livre ses souvenirs d’une amitié profonde avec le chef de la résistance afghane. Il porte un regard inédit sur la capacité de résistance du peuple afghan ainsi que le combat mené par Massoud et ses hommes contre l’envahisseur russe et les Talibans.
Cette plate-forme multimédia, dédiée à l’Afghanistan, rejoint l’esprit des formations aux métiers de l’information et de la communication menées par l’ONG Ainaworld depuis 10 ans, en donnant la parole aux Afghans.
Hommage de Régis Le Sommier à Chris Hondros
« J’ai appris la nouvelle à mon arrivée à New York. Ta photo était partout sur les écrans de CNN dans l’aéroport. Tu étais, disait-on, entre la vie et la mort, touché à la tête par un éclat d’obus à Misrata, en Libye. Immédiatement, je t’ai imaginé, allongé à l’arrière d’un pick-up en route vers l’hôpital. Je te voyais, les jambes inertes, ballotté sur une route chaotique avec ces bottes que tu portais en reportage. Ces bottines noires, auxquelles souvent collait la poussière d’Irak ou d’Afghanistan, je les ai toujours trouvées tellement inconfortables. Comment pouvais-tu marcher avec des chaussures pareilles? On aurait dit qu’elles te tordaient les pieds. Dieu sait si j’ai eu le temps de les observer.
Il y a six mois, je les avais devant moi tous les jours. En arpentant les champs de mines de Kandahar en compagnie des soldats de la 101e Division aéroportée, je tâchais de mettre mes pieds à l’endroit où tu avais posé les tiens. Précaution dérisoire quand on sait qu’il ne faut parfois que quelques centimètres pour perdre ses jambes et qu’une mine peut sauter alors que les éclaireurs ont déjà marché dessus. C’est hélas ce qui est arrivé à ton camarade, photographe du «New York Times», Joao Silva. Par moments, j’étais devant toi, et c’est toi qui posais tes pieds dans mes traces. Pas une seule fois je n’ai imaginé que tu puisses (ou que je puisse) sauter. Mais à chaque retour de patrouille, nous poussions un soupir de soulagement en nous regardant. Une de plus. Et à la fin du séjour, nous prenions bien soin de ne jamais dire que demain, ça serait la dernière, ou bien sinon… Au cours des cinq voyages que nous avons faits tous les deux en Irak et en Afghanistan, j’ai imaginé bien des scénarios tragiques, sauf celui d’avoir un jour à écrire ces lignes.
Je t’ai rencontré, la première fois, pendant la campagne présidentielle de John Kerry en 2004. J’ai d’abord vu ton nom écrit sur la porte d’une chambre d’hôtel de Cleveland dans l’Ohio. J’avais en tête la photo du guerrier en dreadlocks tirant une roquette au Liberia, ta première «plaque» comme on dit dans le jargon. Il me fallait un photographe pour suivre Kerry. On a conclu un accord. Tout de suite notre amitié fut faite de longues conversations sur le monde, l’Amérique, la France, etc., que nous arrêtions puis reprenions à chaque reportage. Tu me disais souvent: «Régis, il faut que tu viennes en Irak.» Correspondant de Paris Match aux Etats-Unis, j’écrivais à l’époque de plus en plus d’histoires de soldats revenus au pays défigurés. «Il te manque un morceau du puzzle», répétais-tu. En mars 2006, après avoir convaincu ma rédaction, nous nous sommes retrouvés dans un hôpital de campagne américain, au nord de Bagdad. Depuis, je t’ai suivi partout.

Tu m’as appris la patience au long de ces interminables attentes — hélicoptère retardé, convoi inexistant, gradé peu coopérant – qui nous menaient d’un camp retranché à un autre. Tu m’as appris l’humilité car, dans la guerre, il ne sert à rien de forcer les choses, elles viennent très vite à vous. Tu m’as même appris à dormir, à profiter de la moindre parcelle de temps libre pour fermer les yeux et regonfler les batteries. Il n’y a que sur le terrain de la musique que je refusais de m’aventurer avec toi. Tu étais fou de classique. Un jour où nous roulions au beau milieu d’un ouragan au Texas, tu me fis écouter les variations Goldberg de Bach. «Tu entends? Le piano de Glenn Gould, c’est comme des gouttes d’eau qui tombent.» La pluie au-dehors tombait si fort que j’entendais à peine la musique. J’acquiesçais. Va pour le piano qui imite les gouttes d’eau. J’aimais ton enthousiasme, ton détachement aussi, cette façon que tu avais de prendre la vie parfois très sérieusement.
Tu détestais la techno que je me mettais dans les oreilles, le soir, en Irak, pour oublier la trouille que j’avais à l’idée de ce qui nous attendait le lendemain. Mais ce n’était pas cela la bande-son de nos aventures. Ni le classique, ni la techno. Parfois, c’était la prière du muezzin, comme le soir de cette longue patrouille dans la province du Helmand en Afghanistan. Cette fois, c’est moi qui avais pris ton appareil et appuyé sur le déclencheur. On te voit juché sur le toit d’un véhicule blindé, dans la tombée du jour. C’était le samedi 13 mars, l’année dernière. Tu avais 40 ans. Parfois, c’était un air de country. Tu as passé tellement de temps avec les soldats américains… Tu partais jusqu’à deux mois d’affilée avec eux, si longtemps qu’un jour, au beau milieu d’un quartier paumé de Bagdad, tu reçus un coup de fil de la fourrière de New York. Ta vieille Toyota, garée comme toujours sur la 35ième rue, allait être embarquée. Tu passas la matinée, je me rappelle, à appeler pour trouver, depuis l’Irak, quelqu’un qui aille la déplacer.
Il y eut le jazz, aussi, des notes timides entendues à la Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina, lorsque nous parcourions à la rame, parmi des chiens affamés et des cadavres flottants, les rues de la cité engloutie. Tu venais de me rejoindre, prenant la place du photographe Alvaro Canovas qui avait dû rentrer à Paris. Dire que c’est avec Alvaro que tu as passé à Misrata le dernier jour de ta vie ! Chris, tu n’avais pas d’enfants. Pour y remédier, tu allais te marier en août prochain avec ta fiancée, Christina. Tu adorais les miens. Tu en as photographié aussi beaucoup. Ton plus célèbre cliché restera cette petite fille, maculée du sang de ses parents tués par erreur par les soldats américains, alors que leur voiture franchissait un check-point.
Quelques jours après cette tragédie, tu reçus un appel de Paul Wolfovitz. Le cliché avait beau dénoncer les errances militaires de Bush, le numéro deux du Pentagone, admiratif, t’invita à déjeuner pour te demander comment on faisait pour devenir photographe de guerre. Il faut croire que, comme beaucoup, tu l’avais interpellé. Aujourd’hui, je me demande avec qui je vais bien pouvoir continuer ces conversations du bout du monde. Et si jamais je retourne en Afghanistan, j’ignore qui guidera mes pas. »
Mort de Tim Hetherington, le World Press Photo 2007
Le photographe et réalisateur de films britannique Tim Hetherington, bien connu du Festival Visa pour l’Image de Perpignan, est décédé ce mercredi à Misrata, en Libye.
Ce journaliste de 41 ans, présent depuis plusieurs semaines dans la ville assiégée par les forces de Muammar al-Kadhafi, a succombé à ses blessures, suite à une violente attaque au mortier, selon une information de la BBC, confirmée par ce mercredi soir par le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni. Lors d’un assaut qui a blessé également blessé trois journalistes, six personnes ont trouvé la mort, une soixantaine ont été blessées, notamment par des tirs de sniper.
Tim Hetherington, né à Liverpool, résidait aux États-Unis, disposait de la double nationalité, et s’était fait une spécialité dans le témoignage des grands conflits armés dans le monde, pour le compte du magazine Vanity Fair. Il était l’auteur d’unephotographie qui a fait le tour du monde, intitulée « Soldat américain au repos dans un bunker », en l’honneur de laquelle il avait reçu en 2007 la distinction suprême du World Press Photo Award, après une intense couverture du conflit en Afghanistan.
En 2004, Tim Hethenrington avait exposé une sélection de clichés, « Rien n’est permanent », un reportage réalisé dans des conditions dangereuses, parmi les lignes rebelles lors de la guerre civile au Libéria. Le directeur de Visa pour l’Image, Jean-François Leroy, a lui-même été membre du jury du World Press, et a défendu la plus célèbre des photographies d’Hetherington, critiquée par son aspect éminemment émotionnel.
Le photojournaliste James Natchwey expose à Lyon
James Nachtwey est considéré comme l’un des plus grands photographes anti-guerre de ces trente dernières années. Il a couvert quasiment tous les conflits ou drames humains de notre époque. De la Somalie à l’Afghanistan, de la Bosnie Herzégovine au Rwanda.
Son exposition :
Son livre :
« j’étais présent, et ces images sont mon témoignage. Les évènements que j’ai enregistré ne devraient pas être oubliés, et ne doivent jamais se répéter ». Voilà ce qu’écrit James Nachtwey, photographe américain de 59 ans sur la postface de son livre l’ENFER. L’enfer justement, Nachtwey le connaît bien et il n’a eu de cesse de le côtoyer un peu partout sur le globe ces 30 dernières années. Ses images forcent la réflexion.
Sur 480 pages, dans une édition de très grande qualité, l’horreur s‘étale devant nos yeux. En grand format. Dans son livre, pas de compromis. Il capte l’instant extrême de la souffrance. La misère, la violence, la mort nous font face et nous sautent à la gorge. Images pornographiques disent certains. Intolérable étalage trop composé de ce que l’homme peut faire de plus abject écrivent d’autres.
Il est vrai : les photographies de James Nachtwey dérangent. Elles choquent par leurs compositions magistrales, la quintessence de leurs cadrages, cette lumière toujours parfaite. Elles gênent par leurs aspects emblématiques, pour leurs absences de référence au contexte géopolitique, pour leurs seules focalisations sur la douleur brute des victimes. Il produit une image symbole à l’esthétisme très sophistiqué, quasi théâtrale. Bref, ce que l’on reproche à James Nachtwey ce sont des images trop abouties où la seule esthétique tient lieu d’éthique.
A voir : James Nachtwey, photographies
Du 18 septembre au 15 janvier 2011 à la bibliothèque de la Part-Dieu
Du mardi au vendredi de 10h à 19h – le samedi de 10h à 18h - 30 boulevard Vivier-Merle 69003 Lyon
A lire : « L’Enfer », pour le commander cliquez ici
A regarder : « War Photographer », Film documentaire de Christian Frei , voir un extrait
Sources : http://culturebox.france3.fr et http://blogs.laprovence.com
Reza à la Villette avec « Une terre, une famille »
Le parc de la Villette présente « Une terre, une famille », installation de photographies de Reza spécialement conçue avec le photographe comme une installation monumentale sur les 55 hectares du parc.
Déployées sur les folies, petits bâtiments rouges créés par l’architecte Bernard Tschumi, vingt-deux photos grand format invitent le promeneur à un face-à-face avec des histoires de vies remarquables, prises dans le maelstrom de l’histoire, de notre destinée commune.

Burundi, 1994. Sur les berges du Lac Cyhoha. ©Reza
Un homme s’est réfugié dans un camp, suite aux massacres ayant précédés le génocide au Rwanda.
Du Rwanda à l’Afghanistan, du Cambodge à la Chine, la Mongolie et le Pakistan, du Caire à Jérusalem, c’est une invitation à un questionnement sur notre appartenance commune, à rencontrer, à travers les conflits, les douleurs, les rêves qui les animent, les divisent, les rassemblent, des femmes, des hommes des enfants, d’en approcher les singuliers récits, de réfléchir à un monde possible, plus juste.

Afghanistan, région du Waziristan, village Shkin, 2004 ©Reza
Lassitude pour le soldat américain NevilleBridgeford après une patrouille pénible et dangereuse.
« Une terre, une famille »
Installation en plein air sur les folies du parc
Du 16 septembre 2010 au 3 janvier 2011, toute la journée et en soirée.
Les ONG, nouveaux employeurs des photojournalistes
Cette année encore, le festival de photojournalisme Visa pour l’image de Perpignan a attiré son lot de passionnés. Dans la foule, à côté des visiteurs habituels, on croisait aussi nombre de directeurs photo d’ONG. Cette dernière décennie, les organisations humanitaires sont en effet passées de l’arrière-plan au centre du paysage du photoreportage. « Environ 75% des reportages sur des situations humanitaires sont commandés par des ONG », confirme Jean-François Leroy, le directeur de Visa pour l’image.
Les liens entre les humanitaires et les photojournalistes ne datent pas d’hier. Leurs métiers les amènent souvent à se retrouver sur des théâtres de crises. Cette proximité a forcément créé des liens, d’amitié et professionnels. L’ONG Médecins sans frontières en est un bon exemple. Créée en 1971 lors de la guerre du Biafra, sa direction est alors composée à la fois d’humanitaires et de journalistes.
De compagnons de route occasionnels, les ONG sont devenues au cours des ans les employeurs des photojournalistes, crise de la presse oblige. Au point que beaucoup d’entre eux avouent qu’il leur serait impossible aujourd’hui d’exercer leur métier sans cette source de revenus. Ils n’hésitent plus à solliciter des ONG comme Médecins du Monde ou Greenpeace pour financer leurs projets. (…)
Certaines ONG emploient aussi des photojournalistes sur le long terme, pour des projets d’une grande ampleur. Dans le cadre d’une vaste campagne mondiale menée autour des droits humains, Amnesty International a ainsi fait appel à des photographes de feu l’agence l’Oeil Public. « Nous leur avons imposé les zones géographiques que nous souhaitions voire couvertes, explique Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty France. On leur a demandé d’aller avec leur regard là ou nos chercheurs s’étaient déjà rendus. »
A Médecins sans Frontières, la collaboration avec les plus grands photojournalistes est une tradition maison. Déjà en 1984, Sebastiao Salgado couvrait la famine en Ethiopie pour l’organisation. « Nous avons également travaillé avec le photographe Didier Lefebvre ‘embedded’ (embarqué) dans une unité clandestine de MSF sillonnant l’Afghanistan et le Pakistan, ce qui a donné lieu à la publication d’une trilogie graphique co-écrite avec Emmanuel Guibert et Frédéric Lemercier« , rappelle Jason Cone, responsable de la communication internationale de MSF.
Actuellement, l’ONG collabore avec l’agence de photographie américaine VII, dans le cadre de la campagne « Starved for attention« qui porte sur la malnutrition. Une exposition itinérante et des productions multimédia sont en cours. (…)
De nombreuses passerelles existent donc entre ces deux mondes. Côté ONG, on s’en félicite de façon unanime. Les photojournalistes sont plus mesurés, rappelant comme Jean-François Leroy ou Frédéric Sautereau qu’ils n’ont plus vraiment l’embarras du choix des financements. Le rédacteur en chef du magazine photographique Polka* explique aussi que les contraintes des ONG et celles des photographes ne sont pas les mêmes sur le terrain. « Il peut y avoir un risque que la liberté de ton se perde », prévient Dimitri Beck. En attendant, il n’est pas rare que les médias utilisent pour illustrer leurs articles les travaux de photojournalistes… gracieusement mis à disposition par les services photos des ONG.
* Dans son numéro de septembre-octobre, Polka consacre une enquête aux liens entre ONG et photojournalistes.
Source : http://www.youphil.com ; Solène Cordier, 10/09/2010
Stephen Dupont – Biographie
Stephen Dupont est né à Sydney, en Australie, en 1967. Au cours des deux dernières décennies, Dupont a produit un travail remarquable. Des photographies envoûtante montrant la beauté des cultures fragiles et des populations marginalisées. Il saisit habilement la dignité humaine de ses sujets avec une grande intimité dans certaines régions les plus dangereuses du monde. Ses images ont reçu une reconnaissance internationale pour leur intégrité artistique et les précieux renseignements qu’elles donnent sur les gens, la culture et les communautés qui sont en train de disparaître de notre monde.
Son travail lui a valu de prestigieux prix comme le Prix Bayeux des correspondants de guerre ou encore la médaille d’or Robert Capa remise pour « le meilleur grand reportage photographique publié ayant requis un courage et une logistique exceptionnels ».
En 2007, il reçu le prix W. Eugene Smith pour son projet sur l’Afghanistan.

Stephen Dupont "Searching for Weapons," 2007
Son travail a été présenté dans les plus grands journaux : The New Yorker, Newsweek, Time, Le Figaro, Libération, The Sunday Times Magazine, The Independent, The Guardian, The New York Times Magazine, Vanity Fair….
Stephen Dupont a exposé un peu partout dans le monde : Londres, Paris, New York, Sydney, Canberra, Tokyo et Shanghai, mais aussi à Perpignan pour Visa Pour l’Image 2010.
Pour plus d’information, n’hésitez pas à aller voir son site internet.
Inscription newsletter
Nous contacter
Mots clés
afghane
afghanistan
afrique
arabe
capa
cartier-bresson
chine
cinema
conflits
congo
crise
femmes
festival
guerre
haïti
inde
irak
iran
japon
liban
libye
life
magnum
mccurry
MEP
New-York
noir et blanc
paris
paris match
patrick chauvel
perpignan
peuple
Reza
rock
rsf
rémi ochlik
sipa
Stanley Greene
syrie
tchetchenie
time
tunisie
vietnam
visa
world press photo Actualité (10)
Alessio Romenzi (2)
Boulat (1)
CARE International (1)
Catalina Martin-Chico (3)
Chris Jordan (1)
Chris Killip (1)
Christian Poveda (3)
David Burnett (1)
David LaChapelle (1)
Dennis Stock (1)
Don Mc Cullin (2)
Dorothea Lange (1)
Elliot Erwitt (3)
Ethan Levitas (1)
Eugène Richards (2)
Gamma (2)
Gilles Caron (1)
Ground Zero (1)
Hans Silvester (3)
Henri Cartier-Bresson (3)
Henri Huet (2)
Hobo by L'Equipe (1)
Hommage (10)
Hondros Chris (1)
Izis (1)
James Nachtwey (2)
Jane Evelyn Atwood (4)
Jodi Bieber (1)
Joel Meyerowitz (1)
Johann Soussi (3)
Julian Schnabel (1)
Jürgen Schadeberg (1)
La musique en photo (9)
La photo au cinema (15)
La révolution arabe (7)
La revue 6 mois (6)
La série derrière l'objectif (3)
Larry Burrows (1)
Le Bang Bang Club (1)
Le métier (24)
Les album RSF (9)
Les beaux livres (29)
Les enjeux (2)
Les expos (113)
Les Guérill’Ados de l’ELN (1)
Les livres (39)
Les poches (1)
Les prix (9)
Les rencontres (4)
Lewis Hine (2)
Lisette Model (1)
Luca Gonzaga (1)
Lucas Mebrouk Dolega (1)
Lynsey Addario (1)
Magnum (6)
Marc Riboud (5)
Marco Longari (1)
Martin Parr (1)
Nick Brandt (1)
Olivier Föllmi (2)
Paolo Pellegrin (2)
Paris (1)
Patrick Chauvel (10)
photos envoyées en orbite autour de la Terre (1)
Prix Canon féminin (1)
Prix de Bayeux (3)
Pulitzer (3)
Quel avenir ? (13)
Raymond Depardon (1)
Rémi Ochlik (7)
René Burri (1)
Reportages (14)
Reporters (8)
Reza (4)
Robert Capa (4)
Robert Doisneau (3)
Rückblende (1)
Sabine Weiss (1)
Sarah Caron (1)
Sipa (3)
Stanley Greene (6)
Stephen Dupont (2)
Steve McCurry (2)
Steve Shapiro (1)
Sygma (2)
Tim Hetherington (4)
Titouan Lamazou (1)
Un album nazi refait surface (1)
Une photo, une histoire (17)
une ville en accéléré (1)
Visa pour l'image (4)
Weitzman Yonathan (1)
Wiedenhöfer kai (1)
Willy Ronis (1)
World Press Photo (8)
Yan Morvan (1)
Yann Arthus Bertrand (1)
Yuri Kozyrev (4)
WP Cumulus Flash tag cloud by Roy Tanck and Luke Morton requires Flash Player 9 or better.
@ArretsurleMonde
Recent Comments
- Hadri68 dans Mai 68 – Gilles Caron
- Pierre Mazza dans Punks vs Cagoles, face à face photographique à Marseille
- Gainsbourg Forever dans Hommage à Gainsbourg chez Sotherby’s
- PAD dans La photo… une passion française en plein essor
- Samou dans Nomad’s land – Les bidonvilles du froid
- bruno dans Festival photo à Saint-Brieuc
- Photojournalisme : émotion et gravité à la 24e édition du festival Visa pour l’Image « Arrêt Sur le Monde dans Interview de Jean-François Leroy, directeur de Visa pour l’Image
- Photojournalisme : émotion et gravité à la 24e édition du festival Visa pour l’Image « Arrêt Sur le Monde dans Hommage à Rémi Ochlik
Les lieux d'expos
Les livres
Nous contacter
Photographers
- Arthus Bertrand Yann
- Atwood Jane Evelyn
- Baldizzone Tiziana
- Bieber Jodi
- Brandt Nick
- Burri René
- Burrows Larry
- Capa Robert
- Caron Gilles
- Cartier-Bresson Henri
- Chauvel Patrick
- Chris Killip
- Depardon Raymond
- Doisneau Robert
- Dupont Stephen
- Erwitt Elliot
- Famille Boulat
- Föllmi Olivier
- Gonzaga Luca
- Greene Stanley
- Hetherington Tim
- Hine Lewis
- Hondros Chris
- Huet Henri
- Jacob Gilles
- Kozyrev Yuri
- LaChapelle David
- Lamazou Titouan
- Lange Dorothea
- Levitas Ethan
- Martin-Chico Catalina
- McCullin Don
- McCurry Steve
- Model Lisette
- Nachtwey James
- Ochlik Rémi
- Paolo Pellegrin
- Poveda Christian
- Reza
- Riboud Marc
- Richards Eugène
- Ronis Willy
- Schadeberg Jürgen
- Silvester Hans
- Soussi Johann
- Uferas Georges
- Valli Eric
- Wiedenhofer Kai








