Les premières infos sur la 24ème édition de Visa pour l’Image
Le Festival de photojournalisme Visa pour l’Image, du 29 août au 4 septembre à Perpignan, rendra hommage à Remi Ochlik, reporter-photographe tué en février en Syrie, à Homs, aux côtés de la journaliste Marie Colvin.
Le prix récompensant les travaux d’un jeune journaliste décerné par la Ville de Perpignan portera désormais son nom et le festival présentera une rétrospective de ses reportages.
Cette édition sera aussi marquée par l’absence de Göksin Sipahioglu, fondateur de l’Agence Sipa, mort en octobre dernier, a souligné Jean-François Leroy, directeur de Visa. « Il avait été, avec Hubert Henrotte et Jean Monteux, à l’origine du formidable succès des +trois A+, Gamma, Sygma et Sipa », a-t-il dit mercredi lors d’une conférence de presse.
Le festival proposera une trentaine d’expositions et, comme chaque année, des soirées de projections retraçant les événements les plus marquants des douze mois écoulés.
Stanley Greene a suivi le recyclage des appareils électroniques dans des conditions déplorables au Nigeria, en Chine, en Inde et au Pakistan.

Portrait de Remi. Refugies Libyens au poste de frontiere de Ras Jdir, Tunisie
Doug Menuez, qui avait un accès exclusif au fondateur d’Apple, Steve Jobs, présentera un travail au long cours sur 15 années d’innovation dans la Silicon Valley. Krisanne Johnson montrera quant à elle les rites brutaux du passage à l’âge adulte des fillettes du Swaziland, micro-état africain ravagé par le sida où l’espérance de vie est tombée en dix ans de 61 ans à 31 ans.
A l’instar des années précédentes, l’AFP sera présente avec notamment une exposition de Massoud Hossaini, photographe afghan, « exposition programmée avant qu’il ne reçoive le Pulitzer », a tenu à préciser Jean-François Leroy. Trois autres reporters sont également exposés, Louisa Gouliamaki, Angelos Tzortzinis et Aris Messinis pour leur images de « l’onde de choc grecque ».
Visa proposera également « Transmission pour l’image », des rencontre entre photojournalistes et professionnels renommés comme Chris Morris, fondateur de l’Agence VII, Peter Bouckaert, directeur de Human Rights Watch, ou Patrick Chauvel.
Une dizaine de prix seront décernés (Visas d’or news, magazine, presse quotidienne, Femme Journaliste, web-documentaire…).
L’édition 2011 avait totalisé près de 210.000 entrées aux expositions et accueilli 3.000 professionnels accrédités de 58 pays.
Paolo Pellegrin à la Maison européenne de la photo
La Maison européenne expose les photos sombres de Paolo Pellegrin. Un retour sur quinze ans de travail à travers le monde sur les conflits et les catastrophes
Il s’agit de la première grande rétrospective consacrée au travail magistral de Paolo Pellegrin, déjà présentée à Milan en 2011.
Né à Rome en 1964, Paolo Pellegrin a étudié l’architecture avant de se lancer dans le photojournalisme. Il est membre de l’agence Magnum depuis 2005 et a couvert depuis quinze ans les grands conflits. Il a reçu de nombreux prix internationaux, dont pas moins de huit World Press Photo dans différentes catégories.
Deux cents photos, pour la plupart en noir et blanc, racontent les drames du monde, du Cambodge en 1998 au séisme en Haïti en 2010. L’exposition est intitulée « Dies Irae », jour de colère. Il y a beaucoup d’ombre et d’obscurité, dans les images somptueuses de Paolo Pellegrin.
Paolo Pellegrin était en Irak lors de l’invasion américaine en 2003, au Soudan en 2004. De Guantanamo, il a fait un grand panneau d’images barrées de grillages et de barbelés, pleines de flèches absurdes, où l’ironie à placé un panneau interdisant de faire des photos.
Un hélicoptère utilisé par la Drug Enforcement Administration et par les troupes afghanes atterrissant à Kaboul après avoir achevé un mission. Afghanistan, 2006.
Le photographe nous montre également les décombres de l’ouragan Katrina, en 2005, des pièces d’un hospice dévasté, où le mobilier a été arraché. Ou un grand tableau d’apocalypse, après le tsunami au Japon en 2011
« Mon rôle et ma responsabilité, c’est de constituer des archives pour notre mémoire collective », explique Paolo Pellegrin sur le site de Magnum.
Pellegrin est allé à de nombreuses reprises dans les territoires palestiniens, à Jenine en 2002 ou en 2009 à Gaza. Il y a rencontré l’armée israélienne comme les combattants des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, masqués et armés. Il a photographié des mutilés palestiniens, aveugles ou amputés, ou des mères éplorées.
Maison européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris
Du mercredi au dimanche, 11h-20h
jusqu’au 17 juin 2012
Photojournalistes 4 à la galerie de l’instant
La 4ème édition de l’exposition Photojournalistes de la Galerie de l’Instant mélange photographes reconnus et jeunes espoirs.

Horaires :
du Mardi au Vendredi de 11h à 19h
Samedi: 11h à 19h
Dimanche: 14h30 à 18h30
Transport : Métro : ligne 8 : Saint Sébastien-Froissart ou Filles du Calvaires
Tarif : Gratuit
Rapporteurs de guerre – Documentaire de Patrick Chauvel

Pourquoi choisit-on d’être photographe de guerre ? A t-on le droit de photographier la souffrance des autres ? De quoi est-on responsable ? Photographier pour témoigner – un geste politique ou un geste pour l’histoire ? Quelle est la place des rédactions dans le travail sur le terrain ?
Autant de questions auxquelles tente de répondre ce documentaire en proposant une série d’interviews, sur fond de documents, sur 50 ans de photographie de guerre. Aux prises avec leurs interrogations sur le sens de leur métier, les plus grands photographes d’hier et d’aujourd’hui parlent de leur métier et passion.
« Ce que j’aime dans ce film, c’est qu’il ne répond pas vraiment. Il n’y a pas de vraie réponse, ce n’est pas aussi simple que ça. Il y avait plusieurs raisons à ce film. J’en avais un peu marre de faire de la photo. Les jeunes photographes me demandaient ce que je pensais de la photo et je n’arrivais pas trop à y répondre à ce moment-là. On a besoin de jeunes pour prendre la relève, vu que dans ce métier, beaucoup de gens sont fatigués, blessés ou tués. J’ai pensé que c’était un bon moyen de présenter ces photographes en pleine forme qui racontent leur passion et de montrer aussi qui étaient les gens derrière les photos. Au départ, ils ont tous dit non, parce qu’ils sont plutôt timides. Leur métier n’est pas d’être vu. Finalement, ils ont dit oui, parce qu’ils ont préféré que ce soit un collègue à eux que quelqu’un qui n’y connaît rien et fait un mauvais film, trop cliché. Une autre raison pour faire ce film : c’était l’époque du scandale Lady Di. Tout le monde a accusé les photographes de presse de sa mort. Moi, je ne suis pas paparazzi, mes amis non plus. Je ne les critique pas, je m’en fous de ce qu’ils font, je ne suis ni pour ni contre. J’ai des copains paparazzi sympas, qui me font plutôt rire, mais ce milieu ne m’intéresse pas du tout. Par contre, ce qui m’a mis en colère, c’est que le public faisait l’amalgame entre le photographe de presse et le vautour. Ce film était aussi une réaction à cela, un moyen de dire que le photographe de presse n’est pas un terme générique. »
Patrick Chauvel.
Les Boulat père et fille, regards croisés en photo à Bordeaux
Un quart de siècle de photographies, deux esthétiques affirmées et un dénominateur commun évident : l’humanisme… L’un en noir et blanc, l’autre en couleur, le premier pendant les Trente Glorieuses et la seconde durant les conflits des années 90…
Père et fille, Pierre et Alexandra Boulat ont laissé derrière eux leurs regards sous la forme de clichés intenses, qu’ils soient argentiques ou numériques. Une exposition à la base sous-marine de Bordeaux leur rend hommage en 100 clichés, dans le cadre du cycle des Photographes de l’Histoire.

Les cadets de West Point “Beast Barracks” 1957 ©Pierre Boulat

Afghane brûlée sous voile. ©Alexandra Boulat.
L’exposition Pierre et Alexandra Boulat, Deux regards / Deux Générations est à voir à la Base sous-marine de Bordeaux jusqu’au 18 mars 2012. Entrée libre
Hommage à Rémi Ochlik

Rémi Ochlik© DR
Rémi Ochlik et Marie Colvin sont morts mercredi à Homs en Syrie à 28 ans en faisant leur métier de reporter de guerre.
L’école Icart Photo à Levallois-Perret, où était née la passion de Rémi Ochlik pour le photo-reportage de guerre, a décidé de lui rendre hommage. C’est dans cette école qu’il avait préparé son premier reportage en Haïti en 2004. Récompensé par plusieurs prix, il aimait aller au plus près des gens qu’il photographiait avec son 35 mm pour dénoncer les atrocités dont il était le témoin.
Rémi Ochlik avait fondé en 2005 l’agence IP3 Press. Lauréat en février du World Press Photo pour ses reportages en Libye, Rémi Ochlik avait travaillé en République Démocratique du Congo en 2008, à Haïti en 2010 avant de couvrir les évènements du printemps arabe.
Source : http://www.francetv.fr - Jean-Michel Ogier
Journaliste en Syrie : « c’est la roulette russe »
Deux journalistes sont morts, mercredi 22 février, en Syrie, lors du pilonnage du quartier de Baba Amr, dans la ville rebelle de Homs. Parmi eux, un Français, Rémi Ochlik, a trouvé la mort dans le centre de presse, visé par des tirs de roquettes depuis le début de la matinée. Il est le septième journaliste à avoir trouvé la mort en Syrie depuis le début du conflit.
Patrick Chauvel, photojournaliste et correspondant de guerre depuis quarante ans, a couvert les événements des révolutions arabes. Il était présent en Libye, en mars 2011, en même temps que Rémi Ochlik. Il évoque les risques du photojournalisme et la gradation de la violence des conflits arabes depuis janvier 2011.
Pourquoi tant de jeunes photographes sont-ils présents depuis le début pour couvrir les événements des révolutions arabes ?
Tout a commencé avec la Tunisie, le voyage ne coûtait pas trop cher, et donc de nombreux jeunes ont pu partir avec leurs propres économies. Pas besoin de carte de presse, ni d’être connu, n’importe quel jeune photojournaliste pouvait décider de se lancer dans l’aventure. En Libye, à la différence de l’Afghanistan ou de l’Irak, pas besoin demontrer patte blanche, car les rebelles libyens étaient totalement désorganisés. C’était une véritable occasion pour ces jeunes professionnels de se révéler, comme lors du conflit en Yougoslavie, où de nouveaux talents se sont distingués.
On devait être une cinquantaine en Libye. Ça m’a plu de voir arriver tous ces jeunes. Ils étaient gonflés, merveilleux d’aventure et d’envie. C’était formidable de les voir travailler et se poser des questions sur le métier. Ils s’interrogeaient sur la justesse de la cause, si la France faisait bien d’intervenir militairement. Beaucoup de questions sur l’avenir économique du métier, avec le développement d’Internet, et surtout pour les journalistes indépendants. Des gens biens.
Mais ils étaient aussi nombreux à venir sans préparation, avec l’inconscience due à leur âge, sans notion des premiers secours en cas de blessure, ni des bons réflexes de survie. Quand des tirs partent dans tous les sens, rien ne sert de se cacher derrière une voiture, c’est du papier. La seule solution : courir.
En quoi la Syrie est-elle différente des autres conflits arabes ?
Jusque-là c’était la guerre, mais avec des conflits pas très violents. La Syrie, en revanche, c’est un vrai conflit. En Tunisie, un seul photographe a été tué, Lucas Mebrouk Dolega, un jeune Français de 32 ans. En Egypte, là, c’était très dangereux. Si on se retrouvait seul face à des policiers, on se faisait embarquerdans une ruelle à l’écart et tabasser. Il y a eu des histoires horribles, comme ces deux journalistes [Caroline Sinz et Mona Eltahawy] qui ont été violées au milieu de la foule. Mais il n’a jamais été question d’exécution sommaire.
En Libye, c’était une guerre avec des moments dangereux. Là-bas, il y avait des tirs de mortier, à la trajectoire complètement aléatoire. Cinq journalistes y ont trouvé la mort. La Syrie, c’est encore un niveau au-dessus. Les autorités syriennes ne veulent pas que des images sortent du pays, alors ils n’hésitent pas à arrêter les journalistes, à les torturer, voire à les exécuter.
Dans quelles conditions travaillent les journalistes, notamment en Syrie ?
Pour entrer en Syrie, ce n’est pas simple. Il faut passer la frontière sous les barbelés, avec les snipers qui patrouillent, puis crapahuter pendant des kilomètres sur une moto ou à cheval, comme ce journaliste du New Yorker mort après une crise d’asthme, il n’y a pas longtemps. Puis après il fait froid, il n’y a rien, pas même d’électricité, ce qui complique énormément le transfert de photos. Il faut les faire passer à la frontière, comme on peut, comme quand on avait encore des pellicules. Là, en plus, l’armée syrienne ne veut pas que la presse vienne. En janvier, quand Gilles [Jacquier] a été tué, ça a refroidi tout le monde.
Et puis il y a la question de l’argent. Je me souviens que quand je suis parti en Libye, j’ai réussi à réunir 1 800 euros auprès de deux journaux différents. Mes dix-huit heures de taxi pour arriver sur la zone de combat m’ont coûté 1 700 euros, donc une fois sur place, je n’avais plus que 100 euros pour vivre. Heureusement, il y a une forte entraide entre journalistes, une fois sur place. Si quelqu’un a de quoi se payer une voiture avec un chauffeur, il emmène les autres avec lui.
Mais on travaille seul. Sur le front, on essaye d’être seul pour ne pas faire les mêmes images que les autres. On est là pour bosser, ce n’est qu’une fois à l’hôtel qu’on plaisante et qu’on discute. Je me souviens : une fois, un jeune journaliste est venu me voir et m’a demandé « comment faire pour rester en sécurité ? » Je lui ai répondu : « rester à Paris ».
Et malgré tout, il y a toujours l’envie de repartir ?
Oui, ce n’est pas un métier, c’est une manière de vivre. Aujourd’hui, quand je vois ce que subissent les Syriens, je n’ai qu’une envie, c’est y aller, pour raconter leur histoire. On dirait des noyés qui nous appellent au secours. Ne pas y aller, c’est presque faire preuve de non assistance à personne en danger.
La mort de ces journalistes [Rémi Ochlik et Marie Colvin] est très triste. Rémi était un jeune homme plein d’avenir, sincère. Mais ils sont morts en faisant leur métier, personne n’a fait d’erreur. Quand on est dans un conflit armé avec des passifs, des civils, c’est la roulette russe. L’essentiel, c’est de continuer à envoyer des journalistes en Syrie et de raconter des histoires.
Source : lemonde.fr
Mort du jeune photojournaliste Rémi Ochlik
Le journaliste français Rémi Ochlik a été tué, mercredi 22 février, lors du pilonnage du quartier de Baba Amro, à Homs. Ce jeune photojournaliste avait notamment couvert de nombreux conflits du Printemps arabe, en Tunisie, en Egypte, en Libye et dernièrement en Syrie.
Né en 1983, dans l’est de la France, Rémi Ochlik avait étudié la photographie à Icart-Photo, une école de photographie à Paris, pour travailler ensuite pour l’agence photograhique Wostok. En 2004, il se fait connaître avec un reportage sur les événements d’Haïti, alors qu’il n’a même pas encore terminé ses études. Il se révèle alors comme un talentueux représentant de la jeune génération de photographes. Son travail est couronné du prix Jeune Reporter François-Chalais et honoré d’une projection au festival Visa pour l’image de Perpignan. Jean-François Leroy, le directeur du festival, expliquait alors: « On m’a montré un travail sur les événements d’Haïti. Très beau, très fort. Je ne connaissais pas le mec qui a fait ça. Je l’ai fait venir. Il s’appelle Rémi Ochlik, il a vingt ans. Il a travaillé tout seul, comme un grand. Voilà. Le photojournalisme n’est pas mort ».

©IP3 Press
Après cette première expérience des conflits armés, il décide de fonder sa propre agence de presse, IP3 Press, qui se propose de couvrir l’actualité parisienne et les conflits partout dans le monde, comme la guerre en République de démocratique du Congo, en 2008, l’épidémie de choléra ou l’élection présidentielle haïtienne, en 2010.
Il consacre l’année 2011 aux révoltes dans les pays arabes. Tunisie, Égypte, Libye : il est sur tous les fronts. « 2011 a été une année incroyablement chargée, déclare-t-il à l’époque. Chaque pays couvert avait son vécu propre par rapport à son régime, mais l’espoir, l’élan et les slogans étaient les mêmes. Les peuples étaient animés par le sentiment de ras-le-bol, moi par celui d’être là où se joue l’histoire. »

©Rémi Ochlik
Ses photographies ont été publiées dans Le Monde Magazine, VSD, Paris Match,Time Magazine et The Wall Street Journal. Son travail a reçu, en décembre, le premier prix du festival Scoop Grand Lille pour trois de ses reportages : La Révolution du Jasmin ; Egypte, Tarhir Square et La Chute de Tripoli. Plus récemment, il a reçu le quatrième prix du prestigieux World Press Photo pour sa photo Battle for Libya.
Son dernier projet était de saisir les évènements syriens dans son objectif. Il disait s’appuyer de plus en plus sur la puissance des réseaux sociaux. « Ils sont un bon moyen de sonder le terrain du point de vue des locaux », insistait-il. En effet, c’est en veillant pendant six heures sur Facebook qu’il avait compris qu’il se passait quelque chose de très important en Libye et qu’il avait décidé d’y partir. Selon son confrère Franck Medan, « d’une grande humilité, plein d’énergie, curieux, il travaillait au 35 mm, il n’avait pas les moyens de s’équiper d’un téléobjectif. Mais même s’il l’avait pu, il voulait aller loin, être au plus près de l’événement et vivre les choses pleinement ».
Source : LeMonde.fr
World Press Photo Award 2011 – Samuel Aranda
Samuel Aranda a reçu le World Press Photo Award 2011, le prix récompensant les meilleurs photojournalistes internationaux. Le cliché qui a retenu l’attention des 19 membres du jury, réunis du 28 janvier au 9 février 2012 à Amsterdam, représente une femme entièrement voilée serrant contre son corps l’un de ses proches blessés. Il a été réalisé au Yémen en octobre 2011, dans une mosquée de la capitale reconvertie en hôpital durant les affrontements entre les forces de l’ordre et les opposants au président, Ali Abdallah Saleh, aujourd’hui déchu. Elle a été publiée dans The New York Times.

©Samuel Aranda
Selon Aidan Sullivan, président du jury, la photographie illustre « l’image du courage des gens ordinaires qui ont contribué à créer un chapitre important dans l’histoire du Moyen-Orient » et notamment celui des femmes, qui ont pris une part active dans le mouvement de révolte. Pour Nina Berman, une photographe américaine également membre du jury : « C’est comme si tous les évènements du Printemps arabe avaient abouti à un moment unique – un moment comme celui là ».
Outre le photojournaliste espagnol, 57 photographes originaires de 24 pays ont été récompensés. Parmi eux, 4 français se sont distingués : Rémi Ochlik pour son traitement de la guerre civile libyenne, Guillaume Herbaut et Denis Rouvre pour leurs portraits – respectivement une militante ukrainienne féministe et un rescapé du tsunami japonais - et Vincent Boisot pour son cliché sur la 9e Fashion Week de Dakar.

©Rémi Ochlik

©Denis Rouvre

©Guillaume Herbaut

©Vincent Boisot
Robert Doisneau – Hotel de ville de Paris
Parmi les nombreuses photographies que Robert Doisneau a consacrées au quartier des Halles de 1933 à sa mort, 150 tirages, pour la plupart vintages, seront présentés au public. Une salle consacrée aux photographies en couleur des années 1960, permettra de porter un regard nouveau à la fois sur les Halles et sur l’oeuvre du photographe.
Pour ceux qui n’ont pas connu « le trou des Halles » ou encore les pavillons Baltard, l’exposition montre la vie, la couleur et le caractère du quartier entre les années 30 et les années 70.
Le regard du photographe se pose sur tous ces corps de métiers, qui font des Halles, un endroit mythique d’échange et de commerce en plein cœur de la capitale.
Dans les années 1950, le quartier regroupe pas moins de 5000 personnes, véritable fourmilière que Doisneau affectionne particulièrement et photographie sans limite.
Puis arrive l’époque du changement, trop à l’étroit pour encaisser sa mutation, inadapté et obsolète, les halles doivent évoluer, Doisneau en colère vient alors une fois par semaine pour immortaliser la mutation en cours.

© Atelier Robert Doisneau
« Je me levais à 3 heures du matin, à Montrouge, pour me rendre là-bas, parmi les travailleurs de l’aube, ceux qui déchargeaient les camions, ceux qui mettaient la marchandise en place. Difficile à photographier : manque de lumière, réflexes ralentis par la fatigue, tellement d’images possibles ! Et puis c’était intimidant. Mais je me suis accroché. Je savais que cela allait disparaître. Je voulais absolument en fixer le souvenir. »
Le regard du photographe, esthétique et sociologique, se fait patrimonial. Il enregistre tout : la destruction des Pavillons en 1971, les différents états du « trou », le chantier de reconstruction. Robert Doisneau va jusqu’à Rungis, pour comprendre et voir ce que ses amis sont devenus, et ne peut que constater la disparition, dans un univers de béton, de ce qui faisait l’esprit des Halles parisiennes.
Vidés de leur activité de destination, les pavillons Baltard et leur magnifique architecture métallique sont menacés : infatigable, Robert Doisneau photographie les arcs, les entrelacs, les transparences. Ces images constituent aujourd’hui un témoignage précieux sur ce patrimoine disparu.
Le visage des Halles change au cours des années et le travail de Doisneau prend un regard documentaire sous son œil humaniste pour laisser une trace de ce passé, de ces moments d’échange et de vie au cœur de ce vieux quartier parisien.
Un témoignage esthétique et historique auquel la mairie de Paris consacre une exposition gratuite à l’Hôtel de Ville, jusqu’au 28 avril

Pour le commander cliquez ici
Au moment de l’exposition « Doisneau Paris Les Halles », les murs de la station Hotel de Ville se parent des tirages du célèbre photographe pour les plus grand bonheur des voyageurs.
Découvrez en vidéo la conception et l’installation de ces oeuvres dans le métro, en partenariat avec la RATP.
Paris les Halles par Robert Doisneau
Jusqu’au 28 avril 2012
29 rue de Rivoli / 75004 Paris
Métro : Hôtel de ville – ligne 1 - Bus : 70/72/74/76/96
Horaires : Tous les jours sauf dimanches et fêtes de 10h à 19h. Dernier accès à 18h30.
Accessible aux personnes à mobilité réduite. Pour toutes informations : 01.42.76.51.53
Entrée libre
Je me souviens… – Exposition de Sarah Caron
Le Musée de la Photographie André Villers de la ville de Mougins présente pour la première fois une exposition personnelle de Sarah Caron du 11 février au 3 Juin 2012. Cette exposition nous donne l’opportunité de voir l’oeuvre photographique de Sarah, images captées au cours de ces quinze dernières années au sein de cultures et de pays aussi différents comme l’Afghanistan, la Cisjordanie, le Chili, le Cameroun, Gaza, Cuba, Haïti, les Etats Unis, le Cambodge, l’Inde, le Pakistan, la Birmanie ou encore l’Indonésie, toutes marquées par la même géographie de la lumière qu’elle a créée avec cette écriture personnelle, et publiées par les plus importants medias des Etats Unis et d’Europe.
Sarah ne se contente pas de photographier ce qu’elle voit et de le refléter dans un reportage, elle nous dévoile un univers visuel créatif qui l’habite quel que soit le thème traité. Elle habite tellement l’image qu’elle en capte et en régule l’intensité de la lumière en fonction de la conscience du drame dont elle veut témoigner. Ces images ne disparaissent pas quand on a cessé de les regarder, elles s’arrêtent dans notre conscience car le niveau de suggestion dramatique avec lequel elles furent prises invite à réfléchir sur ce qui est en train de se passer, ce qui est arrivé avant et ce qui va se passer après la photo…
L’exposition présentée au musée de la photographie André Villiers à Mougins est composée de trois parties: A Fragile world, A land of Pure /Pakistan, In the Night for love.

Cette exposition nous donne l’opportunité de voir l’oeuvre photographique de Sarah Caron, images captées au sein de cultures et de pays aussi différents que sont l’Afghanistan, la Cisjordanie, le Chili, le Cameroun, Gaza, Cuba, Haïti, les Etats Unis, le Cambodge, l’Inde, le Pakistan, la Birmanie et l’Indonésie, elles sont toutes marquées par la même géographie de la lumière que Sarah a créée pour nous, avec une écriture qu’elle affirme dans l’ensemble de cette exposition personnelle. Ainsi est présenté son travail de photo - reporteur pour les plus importants médias des Etats-Unis et d’Europe au cours des quinze dernières années.
Au regard de la présentation, on est frappé par le nombre de thèmes traités au cours de ces années de travail : des veuves en Inde à la récente catastrophe Haïtienne en passant par la richesse culturelle du Pakistan, le caractère religieux catholique de la population cubaine. D’autres sujets comme l’homosexualité, le travestisme ou la vie des combattants dans les camps de réfugiés palestiniens sont également traités.
Sarah ne se contente pas de photographier ce qu’elle voit pour le refléter ensuite dans un reportage. Elle dévoile un univers visuel créatif qui l’habite quelque soit le thème traité. Cette créativité fait que les combattants (Brigade des Martyrs d’Al Aqsa) ou « les civils volontaires » surveillant la frontière aux Etats unis pour que les mexicains illégaux ne passent pas, aient moins d’importance que les ombres et leurs contrastes, que leurs regards et leurs gestes révélant leurs angoisses et leurs malheurs .
Du 11 février au 3 juin 2012 au musée de la photographie André Villiers
Porte Sarrazine – 06250 Mougins
Ouvert tous les jours: 10h/12h30 et 14h/18h
Izis – 100 photos pour la liberté de la presse
Tout comme Brassaï, Cartier-Bresson, Doisneau et Ronis, Izis compte parmi les plus grands photographes humanistes de sa génération. Entre poésie et photographie, Izis livre une vision personnelle d’un Paris qui le fascine, nostalgique et populaire. Dans sa flânerie solitaire, au hasard des coins de rues et des rencontres, il dessine le Paris de ses rêves, au réalisme onirique et atemporel.
Reporters sans frontières rend hommage à cet artiste à travers son nouvel album, en regroupant quelques-uns de ses clichés les plus emblématiques ainsi qu’une sélection de 40 photographies inédites.

Pour le commander cliquez ici
Stanley Greene à la Petite Poule Noire
Stanley Greene a vécu 1000 vies: membre des Black Panthers et militant anti-guerre du Vietnam à l’adolescence, presque tué lors d’un attentat à la Maison Blanche de Moscou, remarqué par la légendaire W. Eugene Smith, il a été témoin de toutes les guerres contemporaines, notamment la Tchétchénie de 1994 à 2003 dont témoigne l’impressionnant «Open Wound: Chechnya.» L’existence de Stanley est dévouée corps et âme à son engagement photographique. A la fois timide et déterminé, il a cette impudeur des grands témoins; c’est cette impudeur que nous avons souhaité questionner avec lui.
Avec l’aide de Nathalie Lopparelli de l’atelier Fenêtre sur cour, son tireur depuis toujours, il a accepté de se plonger dans ses archives, de les redécouvrir, de se confronter à nouveau à l’horreur de certaines scènes, parfois longtemps occultées. De cette plongée en apnée est née l’exposition Entre chien et loup, un voyage non chronologique dans son travail – certains tirages étant exposés pour la première fois -, où l’Azerbaïdjan côtoie le Liban, où les femmes moscovites frôlent les soldats d’Irak, où la nuit parisienne se prolonge dans les eaux sombres de la Nouvelle Orléans, comme autant de fragments d’une longue histoire photographique où chaque image révèle une obscurité ou une tendresse là où on ne l’attendait pas.

Goz Beida, Tchad. Janvier 1995. ©Stanley Greene
En fouillant dans leurs archives, Stanley et Nathalie ont aussi retrouvé des images qui avaient été considérées comme immontrables. Oubliées pendant des années, elles lui sont revenues comme le ressac, l’ont hanté, puis se sont imposées. Exposées dans la salle du sous-sol, c’est une descente dans l’enfer de Greene; l’enfer, comme dans ces salles cachées qui abritaient autrefois les livres censurés de la BNF.
Peu de photo-journalistes sont capables de mettre des mots sur les intentions contenues derrière leurs images, sur la nécessité de couvrir les horreurs du monde, sur la difficulté de vivre avec. Stanley Greene fait partie de ceux qui peuvent, et il nous fera l’immense plaisir d’une rencontre avec le public, et de se livrer, aux côtés de ses images…
Jusqu’au 23 décembre 2011
A la Petite Poule Noire
12 bd des Filles du Calvaire / 75011 paris
Ouvert de 12h à 19h / du mardi au samedi
Métro Saint Sébastien Froissart
Séance de signature – Polka Galerie – 17 décembre 2011
Séance de signatures en présence de Marc Riboud, Stanley Greene, Jane Evelyn Atwood et Titouan Lamazou

Marc Riboud – « 1, 2, 3, image »
Avec 1,2,3, image, les enfants apprennent à compter en suivant Marc Riboud sur les routes du monde. Une manière inédite d’associer les joies et les surprises du voyage à la découverte des nombres.
Invité par Henri Cartier-Bresson et Robert Capa à rejoindre l’agence Magnum dans les années 50, Marc Riboud est l’un des plus grands photographes français. En 1957, après un séjour d’un an en Inde, il fut l’un des premiers à photographier la Chine. Il a également photographié l’Algérie et de nombreux pays d’Afrique au moment où ils accédaient à l’indépendance. On lui doit quelques-unes des icônes du siècle dernier comme le Peintre de la tour Eiffel ou encoreJeune fille à la fleur face aux baïonnettes qu’il a photographiée lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam. Communiqué de presse.
1. 2.. 3… Image, aux éditions Gallimard Jeunesse / Les Trois Ourses .

Stanley Greene – « Black Passport »
Stanley Greene vient de remporter le prix PIPAK 2011, succédant à Marc Riboud et Raymond Depardon. Le photographe est devenu une légende du photo-reportage, remportant notamment deux World Press.Black Passport en dit long sur le quotidien des photographes de guerre. Une profession à part, comme le souligne Stanley Greene, prenant l’exemple de cérémonies de remise de prix, qui voient ces derniers habillés en treillis kakis, quand leurs confrères endossent des costumes. Ni donneur de leçon, ni désabusé, ni voyeur, Black Passport est le témoignage puissant, vif, d’un homme blessé. Ce passeport, qui le mène en enfer aux quatre coins du monde, ne peut être que noir.
Stanley Greene – Black Passport, éditeur : Schilt Publishing

Jane Evelyn Atwood – « Rue des Lombards »

Titouan Lamazou se rend en République Démocratique du Congo et rapporte, dans ce
livre, d’émouvants portraits de femmes, victimes ou activistes. Il s’adjoindra la collaboration de spécialistes universitaires et humanitaires, ou écrivains congolais, belges et français, avec des textes simples et accessibles qui viendront faire écho aux témoignages des femmes dont il aura choisi de faire le portrait.Nommé « Artiste de l’UNESCO pour la Paix » en 2003, il a réalisé de nombreux portraits de femmes entre 2001 et 2007 pour son projet Zoé-Zoé, Femmes du Monde. Depuis, il s’engage activement auprès d’associations caritatives pour la défense des droits des femmes et des enfants dans le monde.
Ténèbres au paradis. Africaines des grands Lacs (Editions Gallimard)
Séance de signatures, samedi 17 décembre de 16h00 à 18h00
Polka Galerie, 12 rue Saint-Gilles, 75003 Paris
Yuri Kozyrev
Né en 1963, en ex-URSS, Yuri Kozyrev a couvert, en tant que photojournaliste, depuis vingt ans tous les conflits importants de l’ex-Union Soviétique, y compris les deux guerres de Tchétchénie.
Après le 11 Septembre 2001, il se rendit en Afghanistan, où il couvrit la chute des talibans.
Entre 2003 et 2009, il passa la plupart de son temps à Bagdad comme photographe sous contrat pour le Time Magazine, voyageant à travers le pays pour rendre compte des différents aspects du conflit irakien. Il en ressortit notamment un livre « Inside Iraq‘, paru en 2008 publié à l’occasion des 20 ans du Festival Visa pour l’image de Perpignan.
Les citoyens de Owja et Tikrit se rassemblent pour enterrer les corps des fils du leader irakien renversé. 2 août 2003.
À chaque grande guerre son photographe. Capa pour la guerre d’Espagne, Griffiths pour le Vietnam… et Kozyrev pour l’Irak.
Yuri Kozyrev a reçu de nombreux prix pour ses photographies, dont plusieurs World Press Photo pour des photos prise notamment en Tchétchénie et en Irak.
En 2011, Yuri a remporté le Visa d’or catégories news pour l’ensemble de son travail: « Sur la route de la Révolution « . Depuis Février, Yuri a voyagé en Egypte, Bahreïn, Yémen et en Libye afin de couvrir les révoltes arabes pour le magazine Time. Il a également remporté deux prix: le Trophée publique et le Grand Prix Bayeux-Calvados pour son travail.
Comme les affrontements avec la police, la foule de la place Tahrir grandit chaque jour. Bannières et drapeaux recouvre la place, Novembre 25, 2011.
Pour voir les tout derniers clichés de Yuri Kozyrev, rendez-vous sur le site du Time
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