Un photographe italien, Pietro Masturzo, est le lauréat du World Press Photo Award 2009 pour un cliché sur la contestation en Iran, ont annoncé vendredi les organisateurs du plus prestigieux concours de photojournalisme qui ont aussi récompensé trois photographes de l’AFP.
Sur la photo aux tonalités sombres du photographe indépendant Pietro Masturzo, une femme sur le toit-terrasse d’un immeuble de Téhéran crie, les mains en entonnoir autour de la bouche, quelques jours après la réélection le 12 juin 2009 du président Mahmoud Ahmadinejad, qu’elle conteste. «La photo montre le commencement de quelque chose, le commencement d’une histoire énorme», explique la présidente du jury Ayperi Karabuda Ecer dans un communiqué. «Elle donne de la perspective à l’information et touche tant visuellement qu’émotionnellement», ajoute-t-elle.
«La photo rend de manière puissante l’atmosphère, la tension, la peur, mais aussi la tranquillité et le calme», souligne la jurée Kate Edwards. «Nous recherchions une photo attirante, qui nous emmène plus loin et nous fasse réfléchir davantage – et qui ne se contente pas de montrer ce que nous savons déjà».
Pietro Masturzo se verra remettre son prix, doté de 10.000 euros, le 2 mai à Amsterdam.
(Source AFP)




Le 20 septembre 2009, une femme assise entre les wagons du train qui part de Dhaka pour Mymensing. Des millions de résidents de Dhaka rentrent chez eux pour célébrer la fête musulmane de l’Eid al-Fitr.

Le 25 septembre 2009, un bébé de quatre jours qui pèse 8,7 kg dort à côté des bébés de poids normaux, dans l’Hopital général d’Abdul Manan à Kisaran, en Indonésie.

Le 25 août 2009, Albino siblings Esthefany Caroline (à gauche) et Kauan Fernandes (à droite) s’amusent avec leur cousine Taina (au centre), devant leur maison située dans le bidonville V9 d’ Olinda, au Brésil.
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Les photos de tous les lauréats du célèbre prix du photojournalisme depuis ses débuts en 1955, classées par années ou par photographe sont maintenant disponibles en ligne sur leur site. près de 10 000 photos des meilleurs reporters de ces 50 dernières années reparties entre les 11 catégories que compte ce concours international, nous rappellent les moments importants de notre histoire contemporaine. De l’actualité au sport en passant par le portrait ou la science, chaque photo peut être agrandie grâce à une fonction HD.
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Nick Ut a photographié cette petite fille le 8 juin 1972 qui fuyait le village de Trang-Bang, à 65 km au Nord-Ouest de Saigon, après avoir été brûlée lors du bombardement par l’aviation sud-vietnamienne. Nick Ut obtenu le prix Pulitzer pour cette photographie.
Il existe également une vidéo, beaucoup moins diffusée, filmée par le cameraman britannique Alan Downes d’ITN (Independent Television News), qui montre les événements juste avant et juste après la prise de cette photographie.
La parution de la photographie a été retardée jusqu’au 12 juin 1972 au motif qu’elle mettait en scène la nudité d’enfants. Après un débat au sein de l’agence de presse et une série de décisions individuelles, il a été finalement décidé de la publier en raison de son intérêt journalistique exceptionnel, mais en évitant de faire un gros plan sur l’enfant brûlée
La véracité de ces événements et l’authenticité de la photographie a été mises en doute dés 1972, en particulier par le président américain Richard Nixon, ce qui entraîna des nombreuses réactions. Nick Ut avait alors délcaré que « la photographie était aussi authentique que la guerre du Viêt Nam elle-même ».
Considérée comme un témoignage vivant des horreurs de la guerre et symbole du pacifisme, Kim Phúc a été nommée Ambassadrice de Bonne Volonté de l’UNESCO le 10 novembre 1997.

Le prix de la meilleure photo de presse de l’année 2008 fut décerné à Anthony Suau en février dernier.
La scène, dramatisée par l’emploi du noir et blanc, se déroule à Cleveland, Ohio, alors qu’un policier patrouille arme au poing dans un logement de toute évidence abandonné par ses occupants ruinés, dans le scandale des prêts hypothécaires. L’absurdité de la scène mais aussi le poids de cette actualité, qui a entraîné le monde dans une crise économique douloureuse, ont certainement fait pencher le jury en faveur de cette photo.
Spécialiste du noir et blanc, à 52 ans Anthony Suau n’est pas un débutant. Photographe attitré de Time depuis 1991 et fournisseur d’une dizaine d’agences, il avait remporté le même prix en 1987 (manifestations en Corée du sud) et un prix Pullitzer en 1984 (famine en Ethiopie). Il détient la Médaille d’or Robert Capa pour son travail en Tchétchénie en 1995 et 1996.

Avec sa photographie intitulée “American soldier resting at bunker”, représentant un soldat américain dans un bunker de la vallée Afghane de Korengal, Tim Hetherington reçu le prix de la meilleure photo de l’année en 2007.
« Cette photo nous touche tous. C’est l’image d’un homme à bout de forces », a souligné le président du jury, Gary Knight. Adossé à une toile de camouflage, en treillis et le casque à la main, le soldat se frappe le front. Avec sa bouche ouverte et son regard fuyant, il semble anéanti.

Voyageant à travers le monde, Steve McCurry a photographié de nombreux visages dans tous les recoins de la planète. Sa manière de photographier directe et sans compromis lui a permis de produire quelques images mémorables dont celle d’une jeune afghane réfugiée au Pakistan.
En 1984 lors de la prise du cliché publié l’année d’après, elle vivait dans le camp de réfugiés de Nasir Bagh au Pakistan. Elle avait douze ans, des yeux verts pénétrants et elle était orpheline. Sa photo, fascinante, fit la couverture du célèbre magazine américain National Geographic et des milliers de lecteurs en tombèrent amoureux. « C’est sans nul doute l’image la plus mémorable que nous ayons jamais publiée en 114 ans d’existence », dit William Allen, rédacteur en chef du journal.

Steve McCurry était dans son bureau à New York, dans un immeuble près de Washington Square, lorsque les avions percutèrent les tours du World Trade Center. Il venait juste, la nuit précédente, de rentrer du Tibet.
On l’appelle pour lui dire de regarder par la fenêtre. Lorsqu’il vit la fumée et les flammes, il saisit son appareil-photo et grimpa en courant jusqu’au toit de son immeuble, d’où il avait une vue dégagée sur tout le centre-ville. Entre le moment où il a commencé à photographier depuis son toit et l’écroulement de la première tour, il ne s’est écoulé que quarante minutes. Il s’est ensuite précipité sur place avec son assistant, et après avoir franchi les barrages de police, il a pu photographier le chaos indescriptible qu’il avait sous les yeux, jusqu’à la tombée de la nuit.
Il y est retourné le lendemain matin, très tôt, profitant de l’obscurité pour pénétrer dans la zone interdite, et est resté là à prendre des photos aussi longtemps qu’il n’a pas été refoulé du secteur. Dans son Journal, il note : « la tristesse était indescriptible. J’avais vu ces bâtiments chaque jour de ma fenêtre. Ils étaient, pour moi, encadrés avec la voûte de Washington Square », et encore : « J’ai essayé de traduire sur la pellicule ce que je ressentais, l’horreur et la perte. C’était totalement un autre niveau du mal ».
McCurry est guidé par une curiosité innée et un sens de l’émerveillement au sujet du monde qui l’entoure et de chaque personne qu’il rencontre. Il a une étrange faculté à traverser les frontières du langage et de la culture pour saisir des histoires relatives à l’expérience humaine.







