Les articles de la catégorie "Les agences photos"

40 ans de photojournalisme – Génération Sipa

18 sept 2012   //   Hommage, Sipa  //  Laissez un commentaire

SIPA revient sur 40 ans de photojournalisme à un moment où la profession perd de sa superbe. A l’ère du numérique et à l’époque où chaque amateur produit des quantités impressionnantes d’images du monde entier, ce livre veut revenir sur toute une époque et une profession, peut être plongée dans un mal-être profond.

L’agence SIPA Press est une agence de photojournalisme crée en 1973 par le journaliste et reporter turc Gökşin Sipahioğlu. Il couvre personnellement les événements de Mai 68, ce qui lui donne l’occasion de venir en France.

C’est en 1969 que Gökşin Sipahioğlu monte sa propre agence dans un studio de 16m² sur les Champs-Elysées loué à Fernand Raynaud. Il développe les films argentiques dans les toilettes. SIPA vient de son propre nom de famille. C’est seulement en 1973 que naît officiellement l’agence SIPA Press. Mais cela n’empêche pas les problèmes logistiques, l’agence s’installe rue de Berri, où en cas de panne de courant, Gökşin Sipahioğlu fait tirer des rallonges pour brancher les agrandisseurs dessus, et les machines à écrire sont installées dans le couloir !

La période faste de l’agence se situe entre 1975 et 2000, les photos de l’agence sont omniprésentes à la une de Paris-Match, VSD et du Figaro Magazine. Il est l’homme des bons coups. Par exemple lors de l’invasion de Chypre il a l’idée de distribuer 150 appareils photo jetables aux soldats de l’armée turque pour récupérer des images du cœur de l’action.

En 1989 l’agence prend place dans 8.000m² au boulevard Murat à Paris. Gökşin Sipahioğlu est décédé en octobre dernier.

Ce livre permet de retrouver un pan de l’histoire du photojournalisme avec par exemple des images de l’IRA en 1971 par Sylvain Julienne. Lech Walesa en 1982 par Wojtek Laski, Yasser Arafat en 1983, le terroriste Carlos à l’aéroport d’Alger en 1975 par Nik Wheeler. Mais aussi des images de la Lybie en 2011 prises par Onur Coban, ou encore des images de l’attentat du 11 septembre en 2001 par Bill Biggart.

Une belle manière de rendre hommage à une profession entière et aussi une manière de garder une trace de l’histoire qui file devant nos yeux.

 

40 ans de photojournalisme – Génération Sipa
De Michel Setboun et Sylvie Dauvillier
Création graphique et mise en page : Grégory Bricout
© 2012, Éditions de La Martinière
239 pages – 39 euros

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L’agence Magnum discute de sa survie aux Rencontres d’Arles

9 juil 2012   //   Magnum, Quel avenir ?  //  Laissez un commentaire

L’agence Magnum Photos tient pour la première fois son conclave annuel en Arles à l’occasion de ses 65 ans. Elle affiche sa capacité à survivre en dépit de la crise du photojournalisme dans un monde abreuvé d’images. Fondée en 1947 par Robert Capa et Henri Cartier-Bresson entre autres, l’agence reste une coopérative détenue par ses membres. Une soixantaine. Elle est basée à Paris, New York, Londres et Tokyo.

Cette année, c’était au tour du bureau de Londres d’organiser l’assemblée générale. Par crainte d’un renchérissement des coûts avec les Jeux olympiques, Magnum a jeté son dévolu sur Arles, où ont démarré lundi les Rencontres photographiques, dirigées par François Hébel. Un ancien de Magnum, en plus!

Les photographes sont réunis dans le garage d’un des hôtels du centre pour examiner les comptes annuels et décider des projets à venir. Ils sélectionnent également les postulants aspirant entrer dans cette confrérie mythique. Le processus d’admission se fait par paliers (nominé, associé, membre) sur plusieurs années. Une fois élu membre, le photographe devient actionnaire de la coopérative. A vie s’il le souhaite.

Magnum rassemble de grands noms de la photographie comme Elliott Erwitt, Josef Koudelka, Martine Franck, Raymond Depardon, Martin Parr, mais aussi des jeunes, élus ces dernières années. Une famille très internationale où l’on s’aime et où l’on se dispute, mais que l’on quitte rarement.

Quel peut-être son avenir au XXIe siècle? «Magnum est si anachronique que cela devient sa chance», répond à l’Agence France Presse Lorenza Bravetta, directrice pour l’Europe continentale. L’originalité ne tient pas seulement à sa structure, choisie par ses fondateurs pour permettre aux photographes de garder le contrôle sur les droits de leur production. Son «approche» est différente dans un monde où l’on consomme un flot d’images instantanées. «En temps de crise, Magnum résiste. Ses créateurs partagent une vision de leur mission qui est de documenter la société contemporaine pour créer les archives de demain.»

«C’est une agence de photographie humaniste. Elle met l’homme et le social au centre de son travail», ajoute Lorenza Bravetta. Le photographe de Magnum est rarement sur place le jour où survient un événement. Il arrive le lendemain. Ou quelques mois après. Il saisit ainsi les incidences sur le pays. Il peut aussi anticiper, comme le Belge Carl De Keyser, qui travaille sur les zones à risque d’inondation en Europe.

Magnum a traversé des temps difficiles. Pour survivre, l’agence a vendu près de 200 000 clichés originaux au fonds d’investissement privé de Michael Dell, fondateur du groupe informatique Dell. Les photographes ont également accepté de recruter un président exécutif, Giorgio Psacharopoulos, afin de «rentabiliser un peu» la structure. «Le but est d’être à l’équilibre, de ne pas perdre de l’argent tout en permettant aux photographes de continuer à produire», indique la directrice.

Le photographe touche en moyenne 50% des revenus générés par son travail, l’autre moitié allant à la coopérative. «Certains travaillent plus que d’autres mais tous disposent de la même qualité de services», indique Lorenza Bravetta. «Personne n’aime cette règle du 50%. Mais c’est la seule façon de faire tourner le business», déclare pour sa part le Britannique Peter Marlow, admis en 1981. Il apprécie le mélange de générations au sein de l’agence mais reconnaît que «les femmes ne sont pas assez représentées.»

Source : www.tdg.ch

Dans le Bronx, les derniers clichés d’un photographe de guerre

L’ombre de Tim Hetherington plane sur le Bronx Documentary Center. Un autel recouvert de fleurs et de bougies trône dans  l’entrée de ce nouveau lieu dédié aux arts documentaires. Sous un gigantesque panneau où se lit, en anglais et en espagnol, la biographie du photojournaliste anglais, un large et émouvant photomontage attire l’œil.

Il est mort le 20 avril dernier à Misurata et Michael Kamber et Danielle Jackson, fondateurs de cette galerie et proches d’Hetherington, ne cachent pas qu’il s’agit là d’une exposition particulière : « Nous voulions rendre hommage à Tim. Quand nous avons décidé de créer ce lieu, il était même question qu’il habite au-dessus de la galerie », explique Jackson. Quand la terrible nouvelle est tombée, ce photographe de guerre et cette ancienne de Magnum ont rapidement décidé de présenter une sélection de ses toutes dernières photos.

©Tim Hetherington

Les larges clichés en couleur révèlent des rebelles libyens, appareils photo et téléphones portables à la main, obsédés par leur autoreprésentation. Les photos témoignent du chaos et de la violence de la révolution libyenne. « Je ne me considère pas comme un photographe de guerre », disait Hetherington, récompensé par le World Press. « Ce qui compte c’est le récit ».  L’exposition propose également des vidéos de travaux plus anciens de cet habitué des zones de conflits ainsi que des interviews. A voir jusqu’au 2 décembre 2011.

 

Au Bronx Documentary Center

 Jusqu’à 2 décembre 2011, du mercredi au jeudi, 11h-18h

614 Courtlandt Avenue Bronx, New York 10451

Pour plus d’infos, visitez le site

Décès du photographe Göksin Sipahioglu, fondateur de l’agence Sipa

5 oct 2011   //   Hommage, Sipa  //  Laissez un commentaire

Le photographe, fondateur de la célèbre agence Sipa est mort mercredi 5 octobre, dans un paysage médiatique bien différent. Les magazines ne se battent plus pour les meilleures images, les photographes ont du mal à vivre, et les agences photos sont en pleine déconfiture. De la vie extravagante de Goksin Sipahioglu, on aurait pu faire un film. L’homme lui-même ne laissait pas indifférent : immense (il a été basketteur professionnel), beau parleur, homme à femmes, aventurier et un peu voyou, il faisait confiance facilement et pouvait s’emporter tout aussi rapidement.

Né en 1926 à Izmir, en Turquie, le jeune homme commence par s’embarquer dans une double carrière de basketteur et de journaliste. Très tôt, il se vante d’aligner les scoops: en 1958, il est  » le premier journaliste turc à entrer en pays communiste après la guerre », dit-il au Monde. Il est aussi le premier occidental à photographier l’Albanie passée sous régime communiste en 1961. Mais c’est surtout à Cuba qu’il s’illustre, en 1962 : durant la crise des missiles, alors que le blocus de l’île est mis en place, il se glisse dans un cargo turc qui doit acheminer du blé à La Havane via la Barbade. A l’époque, il dirige aussi des journaux.

Mai 68 ©Goksin Sipahioglu

C’est Paris, capitale montante du photojournalisme, qui va lancer sa deuxième carrière. D’abord correspondant d’Hürriyet, principal quotidien turc, en 1966, il couvre mai 68 avec brio – et se fait blesser par une grenade. En 1969, il crée finalement avec sa compagne une agence : les films sont développés dans les toilettes d’un studio de 16 mètres carrés ! Pendant des années, tout est artisanal : les anciens de l’agence se souviennent des fois où Goksin Sipahioglu prenait la monnaie de la machine à café pour payer les photographes et des coupures d’électricité pour facture impayée « on tirait une rallonge jusqu’à la prise du couloir… »Sipa, créée officiellement en 1973, devient pourtant très rapidement un modèle, au côté de Gamma et Sygma.

Mai 68, ©Goksin Sipahioglu

Le patron a un sens du scoop, et il a aussi du flair pour dénicher les bons photographes. Un nombre impressionnant d’entre eux se sont vus donner leur chance à Sipa, y compris… le plombier de l’agence. Parmi les plus connus, Luc Delayahe, Alexandra Boulat, Abbas, Patrick Chauvel, Reza ou Christine Spengler ont fait leurs classes à Sipa. Mais Göksin Sipahioglu a des manières patronales particulières : il tutoie tout le monde et marche à l’affectif mais ne supporte pas les syndicats. Il cajole ses photographes mais se montre aussi très possessif. Et il ne partage pas le pouvoir.

Avec la crise de la presse et la montée du « people », les agences photo d’actualité vont connaître des heures difficiles. Pendant longtemps Göksin Sipahioglu refusera obstinément de vendre, avant de céder en 2001, devant les pertes, et d’accepterl’offre de Sud Communication. En juillet dernier, toujours déficitaire, l’agence a finalement été revendue à un groupe allemand qui a licencié les deux tiers des photographes et a annoncé sa volonté de transformer Sipa en agence généraliste. Une idée bien loin de l’ancienne Sipa, fleuron du photojournalisme créé par Goksin Sipahioglu.

Cinq photographes portent plainte contre l’agence Corbis

30 juil 2011   //   Le métier, Quel avenir ?, Sygma  //  Laissez un commentaire

Ex-membres de l’agence Sygma, les photographes Dominique Aubert, Philippe Ledru, Michel Philippot, Moshe Milner et Derek Hudson ont déposé plainte, le 25 juillet 2011, contre la société personnelle du milliardaire Bill Gates, dont dépendait Corbis-Sygma pour “organisation frauduleuse d’insolvabilité, abus de confiance et abus de bien social”. En cause : la mise en valeur et la commercialisation des archives des photographes.

A l’heure où Sipa Press vient d’être rachetée par l’agence allemande DAPD, où Gamma-Rapho, désormais propriété du photographe François Lochon, ne vit plus que de ses archives, l’accusation « d’organisation frauduleuse d’insolvabilité, d’abus de confiance et d’abus de bien social » portée par les cinq anciens photographes de Corbis-Sygma, pose surtout la question de l’avenir des agences de presse. Et de la nécessité de trouver au plus vite un modèle de diffusion et une économie en phase avec le marché du photojournalisme.

C’est en 1973 que l’agence Sygma voit le jour à Paris. Elle s’impose très vite comme l’une des plus actives. « J’y suis entré en 1979 parce que c’était l’agence qui m’offrait le plus de possibilités », se souvient Michel Philippot. Il y reste dix ans, au cours desquels il couvre la Pologne, l’élection de François Mitterrand, la guerre civile au Salvador ou au Liban. Et puis, un jour de 1989, il en a eu assez de parcourir le monde. « Je suis rentré chez Gamma comme rédacteur en chef adjoint. Mais j’ai laissé mes archives chez Sygma. Elles se vendaient très bien ».

1980 © Henri Bureau, reporter à l’agence Sygma

Sauf que depuis, Sygma n’a cessé de dépérir. Elle a d’abord dû faire face à la concurrence de la télévision. Puis à celle des agences filaires comme l’Agence France Presse qui ont très tôt fait le choix, judicieux, du numérique. Aussi, lorsque Corbis Corporation rachète Sygma en 1999, l’agence est déjà mal en point. « Corbis a maintenu Sygma à bout de bras », rappelle Sébastien Dupuy, qui était en charge des archives, et membre du comité d’entreprise de l’agence. En 2004, 20 millions d’euros sont investis dans un projet destiné à numériser les millions de photos du fonds de l’agence. Des contrats sont signés avec des photographes qui acceptent de céder l’exclusivité de la distribution de leurs images à Corbis contre leur mise en valeur et leur commercialisations assorties d’un versement de droits d’auteurs.

Corbis a aussi multiplié les erreurs stratégiques. «Elle a toujours agi à contretemps du marché», souligne Sébastien Dupuy, en bradant les photos de ses meilleurs éléments, en faisant trop tard le choix de produire beaucoup d’images à moindre coup. La valse des PDG de Corbis Corporation a entraîné des changements de cap permanents. Et l’arrêt, en plein vol, du projet de numérisation des images n’a rien arrangé. Aussi, lorsque la justice a obligé Corbis-Sygma à verser 1,5 millions d’euros au photographe Dominique Aubert parce qu’elle avait perdu 750 de ses images, Corbis a décidé de liquider l’agence. «Je ne crois pas que Corbis ait fait exprès de perdre ce procès, analyse l’ancien responsable des archives. Mais ça a été le moment opportun pour mettre la clé sous la porte. C’était d’autant plus choquant que les résultats annuels de Corbis-Sygma arrivaient à l’équilibre pour peu que Corbis-France lui paye sa dette».

Livrés à eux-même du fait de l’absence totale de communication de Corbis, les photographes n’ayant pas signé de contrats avec la maison mère doivent donc s’adresser au liquidateur judiciaire pour récupérer leurs droits et leurs photos. Pour ceux en contrat avec Corbis Corporation, il revient à cette dernière de mettre en valeur et commercialiser leurs archives. «J’ai fait des milliers de photos,explique Michel Philippot.

Moins de 400 sont numérisés. Si les journaux veulent avoir accès à mes images, ils doivent aller dans un entrepôt à Dreux pour consulter les archives de Sygma». Pire encore : la structure de vente de Corbis France a été fermée. Pour acquérir certaines photos, il faut désormais appeler Londres et les vendeurs n’ont aucune connaissance du fonds Sygma. D’où la colère légitime des photographes.

Et cette nouvelle plainte contre Corbis Corporation, qui souligne une fois de plus la déchéance des vieux modèles de diffusion de la photo de presse.

Source : http://www.telerama.fr, Yasmine Youss, 29/07/2011

Portes ouvertes à l’agence Magnum

10 déc 2010   //   Les expos, Magnum  //  Laissez un commentaire

Du 9 au 11 décembre, la célèbre agence de photographes invite le public dans ses locaux parisiens pour des rencontres, des séances de dédicace et des projections.

En termes d’images, Magnum est une référence depuis 1947, date de sa création par Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, George Rodger et David Seymour. Si les artistes et photojournalistes qui font partie de cette « coopérative photographique » sont tous très différents, l’étiquette de Magnum force le respect et fait école.


Et comme toutes les écoles, des journées portes ouvertes sont organisées. Les 9, 10 et 11 décembre, Magnum Photos invite le public dans ses locaux parisiens pour des visites, des séances de dédicaces, des projections et des rencontres avec des photographes.

Ces trois journées permettent de dénicher un tirage rare ou plus simplement de faire son choix parmi les nombreux catalogues publiés par Magnum, des célèbres Photopoches (13 euros) aux éditions limitées de Gilden ou de Steve McCurry. À noter que des lectures de portfolios d’amateurs par des photographes sont organisées (et facturées): une session de vingt minutes avec un professionnel coûte 60 euros et trois entretiens individuels avec trois photographes différents reviennent à environ 150 euros.


Magnum Days. Les 9, 10, 11 décembre, de 12h à 21h
19 rue Hégésippe Moreau, Paris 18ème

Sipa à la Galerie Basia Embiricos

4 juin 2010   //   Les expos, Sipa  //  Laissez un commentaire

« Images de guerre, images de femmes, Sipahioglu navigue entre deux eaux, entre deux zones de réalité : la rage et la volupté, la nudité et la mort. » Ces mots de l’auteur-compositeur Yves Simon, ami de celui que l’on baptise Sipa, résument parfaitement l’esprit et la force de l’oeuvre de ce grand photojournaliste de 84 ans, né en Turquie et vivant à Paris.

Comme le célèbre reporter de Magnum, Robert Capa, Sipa capta la beauté, l’élégance, au coeur des guerres et de la misère. Comme Capa, Sipa a fondé une célèbre agence (qui porte son nom) et a pris tous les risques comme en témoigne l’un de ses clichés exposés parmi une vingtaine d’autres à la galerie Basia Embiricos. Djibouti, mars 67. Quatre hommes tirent sur lui. Sipa a entendu siffler. « Les balles m’ont manqué de justesse », raconte-t-il. Il a tenu bon, il a pris la photo. Et le soir-même, peut-être, ou le surlendemain, il photographiait les maisons closes d’Afrique et les bordels de Bangkok. Une série d’images inédites qui ne figuraient pas dans sa rétrospective à la Maison européenne de la Photo en 2009.

Goksin Sipahioglu – Paris, France – 10 et 11 Mai 1968 – Exposition « Passions » – Galerie Basia Embiricos

Et puis, il y a BB que Sipa a photographiée, solitaire, au milieu de la foule d’un défilé. Bardot, songeuse et sublime à la conférence du film de Louis Malle Viva Maria ! à New York en 1965.

Sur une autre image, on croirait elle encore. Non, c’est une autre beauté, apprêtée, qui, au lieu d’un sac à main, porte un fusil, à La Havane, en 62. Sipa fut alors le seul journaliste à couvrir la crise des missiles depuis Cuba. Et d’autres femmes, toujours et encore sur tous les continents, de Pékin à Alger, une ode à la vie et à l’amour pour ce séducteur qui continue à charmer la gent féminine.


Passions, Goksin Sipahioglu.

Galerie Basia Embiricos, 14, rue des Jardins Saint-Paul, Paris 4e. 01.48.87.00.63.

Métro : Saint-Paul.

Prolongé jusqu’au 30 juin.
Entrée libre.

 

Source : « Hommage au grand photographe Sipa » de Marie Audran, http://www.lepoint.fr

L’agence de photojournalisme Sygma en dépôt de bilan

25 mai 2010   //   Le métier, Sygma  //  1 commentaire

L’agence de photojournalisme Sygma été déclarée en cessation de paiement à la suite d’un contentieux juridique avec un ex-photographe, a indiqué vendredi le gérant de cette société de 29 salariés, filiale du groupe Corbis. Le gérant de la société Corbis Sygma, l’une des agences historiques de photojournalisme avec Sipa et Gamma, a indiqué avoir«déposé au tribunal de commerce de Paris une déclaration de cessation de paiement (dépôt de bilan) avec une demande de liquidation judiciaire».

L’audience doit avoir lieu mardi matin. «Je suis dans l’impossibilité de payer mes créanciers», a déclaré Stefan Biberfeld, gérant de Sygma, qui fut fondée en 1973 et a été rachetée en 1999 par le groupe américain Corbis, propriété personnelle de Bill Gates. «Cette impossibilité est due en grande partie à un jugement de la cour d’appel de Paris», fin avril, sur un contentieux concernant la perte d’images d’un ancien photographe de Sygma, a précisé Biberfeld. Dominique Aubert, photographe reporter à Sygma de 1987 à 1995, a demandé en 2003 une restitution de son matériel et de son oeuvre.

La justice a constaté que «certaines images (750 sur 250.000) avaient été non retrouvées et estimé les dommages à 1,5 million d’euros», a expliqué le gérant. «Les archives étaient conçues pour les clients, par thématiques, pas pour être restituées à un photographe», a-t-il souligné. L’exécution du jugement «a entraîné la saisie de nos comptes bancaires, de nos biens immobiliers et de nos comptes clients», a-t-il ajouté. Ce responsable a préféré demander une liquidation plutôt qu’un redressement (le tribunal tranchera) car selon lui, «un repreneur serait confronté aux mêmes problématiques que pose cette jurisprudence».

D’autres contentieux sont en effet en cours avec d’autres photographes réclamant la restitution de leur matériel. «Economiquement notre structure ne pourrait pas tenir au vu des coûts de structure qui chaque mois sont dans le rouge depuis dix ans», selon Biberfeld. «Nos dettes fiscales s’élèvent à 73 millions d’euros sur ces dix dernières années. En 2009 nous avons essuyé 2 millions d’euros de pertes», a-t-il précisé. L’agence Sygma, qui fut l’une des plus grandes agences photographiques, avait été fondée en 1973 par Hubert Henrotte après un conflit avec l’agence Gamma. En 2001, 90 personnes dont 42 photographes avaient été licenciés dans le cadre d’un plan social. Une liquidation judiciaire entraînerait le licenciement des 29 derniers salariés. En janvier, le groupe Eyedea, qui coiffe notamment les agences photographiques Gamma et Rapho, a été déclaré en cessation de paiement. Quatre dossiers ont été déposés pour sa reprise.

(Source AFP)

« Magnum Photos, 101 photos pour la liberté de la presse »

7 mai 2010   //   Les album RSF, Les livres, Magnum  //  Laissez un commentaire

Cela fait maintenant 25 ans que Reporters Sans Frontières se bat pour la liberté des journalistes dans le monde. Cette année c’est le 20 ème anniversaire de la Journée Internationale de la liberté de la presse. Pour marquer cette date symbolique, RSF publie un album anniversaire, regroupant des clichés célèbres ou méconnus de grands photographes de presse du XXème siècle. De David Seymour à Robert Capa, en passant par Henri Cartier-Bresson, tous ont posé leur propre regard sur notre monde.

 

Cet album exceptionnel, intitulé « Magnum Photos, 101 photos pour la liberté de la presse » et préfacé par Robert Badinter est vendu au prix de 9,90 €.

La vente servira à financer les actions de lutte pour la liberté des journalistes à travers le monde.

Le mini site de l’album c’est ici

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Magnum vend ses archives

15 fév 2010   //   Magnum, Quel avenir ?  //  1 commentaire

Plus d’un demi-siècle d’images, de la guerre civile espagnole saisie par Capa à l’avant-dernière décennie (les plus récentes sont de 1998) : des témoignages historiques signés de certains des plus grands photo-journalistes :Henri Cartier-Bresson, Robert Capa, Elliott Erwitt, Rene Burri, Dennis Stock, photographiant Picasso, Marilyn Monroe, ou encore Gandhi.

La numérisation des images de Magnum avait été entamée dans les années 90 et une vente fut décidée en 2006: se défaire de ces archives et réinventer Magnum. C’est ainsi que les images furent vendues à la société d’investissement de Michael S. Dell, magnat de l’informatique. Les nouveaux propriétaires ont ensuite passé un accord avec l’Université du Texas, à Austin: les clichés pourront être étudiés et admirés pendant au moins cinq ans; c’est la première fois depuis des années qu’ils sont ainsi accessibles aux universitaires et au public.

Thomas F. Staley, directeur du Ransom Center où les images se trouveront, prévoit de numériser chaque image pour entamer des recherches et planifier des expositions. Moins de la moitié du stock est pour l’instant numérisée.

BIRMINGHAM, England—1991. © Elliott Erwitt / Magnum Photos

Cette vente, dont le prix n’a pas été dévoilé mais qui pourrait s’élever à une centaine de millions de dollars selon une source anonyme du New York Times, pourrait permettre à Magnum de se redresser un peu. Comme beaucoup d’autres agences photo, Magnum a vu sa fortune diminuer au fil des ans, à cause de la situation difficile de la presse et des alternatives au photojournalisme (vidéo d’un côté, photographes amateurs de l’autre).

«Etant données les évolutions technologiques qui révolutionnent le monde de la photographie, notamment la numérisation des images, une telle collection d’images imprimées n’existera plus jamais», commente l’un des membres de MSD.


Source : www.slate.fr

Photographes de Magnum sur le front de la 2nde Guerre Mondiale

11 fév 2010   //   Les beaux livres, Les livres, Magnum  //  1 commentaire

Prises sur le front, au cours de la Seconde Guerre mondiale, deux cents photographies de l’agence Magnum Photos ont été réunies dans cet ouvrage. Dans les déserts d’Afrique, dans les steppes enneigées de Russie, dans la jungle des îles du Pacifique ou dans les montagnes d’Italie, ces instantanés exceptionnels ont été pris par une quinzaine de photographes de différentes nationalités, témoins sur le terrain parfois au péril de leur vie. Bien des années plus tard, ces images fixes n’ont rien perdu de leur force, et beaucoup sont à jamais imprimées dans la mémoire collective.

Né à Cherbourg, Rémy Desquesnes a soutenu à Caen une thèse de doctorat d’État en histoire sur le Mur de l’Atlantique. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages historiques dont « Le mur de l’Atlantique » et « Normandie 44″ aux Éditions Ouest-France. Il travaille en collaboration avec le Mémorial de Caen.

Jimmy Fox, ancien rédacteur en chef de Magnum à New-York nous parle de ce livre

 

Date de parution : octobre 2009

Format : 24 cm x 30 cm

Illustrations  : noir et blanc et couleur

Éditeur : Ouest France

Pour le commander c’est ici

 

Gamma

15 nov 2009   //   Gamma  //  Laissez un commentaire

L’agence, dont le premier et véritable nom est Gamma Presse Images, a diffusé le travail d’environ 6 000 photographes depuis sa création. Parmi eux, on peut retenir William Karel, de 1972 à 1976,Georges Mérillon, Françoise Demulder, Emanuele Scorcelletti, Gilles Caron, Michel Laurent, Catherine Leroy, Hans Bollinger, Thierry Secretan, Michel Folco, Jean Claude Francolon, Daniel Simon,Gilbert Uzan, Noël Quidu, Jean Michel Turpin, François Lochon, Rafael Wollman ou Arnaud de Wildenberg. De plus, beaucoup de photojournalistes ont contribué au prestige de l’agence Gamma qui fut la pépinière de grands noms comme Jean Abbas, Jean Gaumy, Sebastião Salgado, David Burnett ou encore Gianni Giansanti.

Quatre hommes en particulier ont marqué l’agence et furent présents dès sa création:

Hubert Henrotte : il dirigea l’agence de 1967 à 1973, avant de créer sa propre entreprise, Sygma, laquelle fut longtemps concurrente de Gamma.

Gilles Caron : il a notamment pris des photographies de la guerre des Six Jours, la guerre du Biafra et Mai 68. Il disparut au Cambodge en 1970.

Hughes Vassal : il fut le photographe d’Édith Piaf et de la royauté d’Iran.

Jean Monteux, commercial, il vendit des reportages pour l’agence et en fut le président de 1977 à 1993.

On peut y rajouter le nom de Floris de Bonneville qui pendant trente ans de 1968 à 1996 dirigea les rédactions et organisa le réseau de distribution à l’étranger qui pendant très longtemps allait être le meilleur réseau de diffusion de toutes les agences équivalentes. Il réalisa aussi de nombreux reportages avec notamment Raymond Depardon, Gilles Caron avec qui il rédigea un livre  » La Mort du Biafra », Christian Simonpiétri etc..

Raymond Depardon suit dans son film Reporters, plusieurs photographes de Gamma dans leur activité, pendant le mois d’octobre 1980. Le film montre que les photographes traitent de l’actualité sérieuse, voire tragique (attentat antisémite contre la synagogue de la rue Copernic, qui tue quatre personnes) ainsi que l’activité de paparazzi photographiant les people (Richard Gere notamment), ou encore Jacques Chirac, alors maire de Paris, que l’on retrouve à plusieurs reprises dans le film. À la fin des années 1990, suite à des conflits sociaux sans fin, des blocages internes face aux technologies numériques et un actionnariat divisé, l’agence Gamma a été rachetée par le groupe Hachette Filipacchi Médias, dont le pôle « Image » est dirigé, depuis décembre 2005 par Bertrand Eveno, énarque, ancien président-directeur général de l’Agence France-Presse. Elle est ensuite cédée à Green Recovery. Le dernier repreneur continue de diffuser les images de Gamma par l’intermédiaire de la société Eyedea Presse filiale du groupe Eyedea.

Le 23 juillet 2009, une fuite déclare l’agence en cessation de paiement.

Le groupe Eyedea a déposé le bilan de sa filiale Eyedea Presse (et donc Gamma) au tribunal de commerce le 28 juillet 2009. Ainsi, le groupe Eyedea est en redressement judiciaire devant ce même tribunal de commerce de Paris.

François Lochon ancien photographe et actionnaire de l’agence Gamma, seul candidat, s’est vu attribuer par le Tribunal de commerce de Paris la reprise du Groupe Eyedea, d’abord en location-gérance. Les anciens actionnaires Green Recovery et Verdoso média contestent ce jugement.

Le photojournalisme dans la tourmente

9 oct 2009   //   Gamma, Le métier, Quel avenir ?  //  Laissez un commentaire

Téhéran. Eté 2009. Des centaines de photos et de vidéos relayées par internet témoignent du mouvement contestataire qui a rejoint la rue après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Des témoignages qui ne sont pas issus du travail de photoreporters, mais des téléphones mobiles des manifestants. Au même moment, le 28 juillet dernier, le tribunal de commerce de Paris place la société Eyedea Presse, propriétaire, entre autres, de l’agence Gamma, en redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois pour étudier son plan de continuation d’activité. Ces deux événements n’ont certes pas de lien direct, mais ils montrent que les frontières du photojournalisme sont en train de bouger.

C’est une institution qui vacille. Gamma, la plus ancienne agence photographique de la mythique trilogie qu’elle formait avec Sygma et Sipa, est sur le point de disparaître. Ces trois noms prestigieux, qui ont fait de Paris la capitale du photojournalisme des années 70 à 90, feront-ils bientôt partie de l’Histoire ? Déjà Sygma a disparu, avalée en 1999 avec son fonds de 40 millions d’images par l’américain Corbis, propriété de Bill Gates, dont l’une des premières décisions fut de licencier les photographes. Sipa, pour sa part, a été rachetée en 2001 par le groupe Sud Communication, détenu par Pierre Fabre, fondateur des laboratoires du même nom.

Les raisons de cette lente agonie sont nombreuses et profondes. C’est d’abord dans la révolution des nouvelles tech no logies de l’information et de la communication qu’il faut chercher les causes structurelles. La disparition de l’argentique au profit du numérique a irrémédiablement modifié notre rapport à la photographie. Autrefois photo objet, nécessitant un support physique (le tirage papier), l’image s’est dématérialisée sur un support électronique, modifiable, multipliable, diffusable à l’infini. De témoignage d’un « grand » événement, qu’il soit international ou familial, la photo, désormais intégrée à tous les téléphones portables, est devenue une trace de chaque instant, aussi futile soit-il. D’abord réservée aux professionnels ou aux amateurs éclairés, elle est devenue « facile » pour tous, donnant l’illusion que nous pouvons tous être Raymond Depardon. A cela s’ajoutent également la crise de la presse et la préférence du public pour les photos people plutôt que pour celles d’actualité.

On pourrait facilement transposer les causes citées plus haut à l’univers de la musique, où les maisons de disques traversent une crise tout aussi profonde que celle des agences de photojournalisme. Confortablement assises sur un modèle adapté aux années 80-90, agences et majors n’ont pas vu le ciel s’assombrir et la tempête se lever.

L’appréhension du média internet par les agences photo et les photographes professionnels est symptomatique. Convaincus que la priorité devait être donnée à l’esthétisme, la majorité de leurs sites internet sont des aberrations du point vue du référencement sur les moteurs de recherche. Alors que le réseau est devenu le principal moyen de diffusion du travail des photographes, à travers des galeries en ligne, certains sites, réalisés en Flash ou utilisant des moteurs de recherche internes pour leur fonds, incompatibles avec Google ou Yahoo, sont quasi introuvables sur le net. Une faille que n’ont pas manqué d’exploiter de nouveaux entrants. Ils en ont même profité pour imposer un nouveau modèle économique : les sites de microstock. A l’instar de Fotolia, qui compte 7 millions de photos disponibles à partir de 1 euro, et plus de 4 millions de pages référencées sur Google. Le principe ? Fotolia se définit comme une «place de marché mondiale de l’image libre de droits (…) alimentée en continu par des photographes et des graphistes qui touchent des droits d’auteur pour chaque image vendue…» Ainsi tout le monde peut-il vendre ses photos et les acheter pour une somme modique. Quand la quantité devient plus rentable que la qualité…

Aujourd’hui, c’est derrière ce modèle que courent les grandes agences. Mais au prix de vente du cliché, il devient difficile de salarier des photographes professionnels. Et le cas de Gamma est éloquent. Les orientations stratégiques du groupe (effacement du nom des agences, abandon des sujets d’actualité, licenciement des photographes, etc.) portent à croire que l’agence souhaite se transformer en simple fonds d’images sans reporters. L’information est devenue une marchandise comme les autres, soumise aux mêmes impératifs de rentabilité.

Souvenez-vous de la photo de cette fillette grièvement brûlée au Vietnam, s’enfuyant de son village bombardé au napalm. Pris le 8 juin 1972 par le photographe Nick Ut d’Associated Press, ce cliché, en représentant toute l’atrocité de la guerre, a fortement contribué à la fin de ce conflit dans le Sud du Vietnam. Qui seront les photographes d’actualité de demain ? Les caméras de vidéosurveillance ?

(source : Le Figaro)

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