Les articles de la catégorie "Le métier"

Cinq photographes portent plainte contre l’agence Corbis

juil 30, 2011   //   Le métier, Quel avenir ?, Sygma  //  Laissez un commentaire

Ex-membres de l’agence Sygma, les photographes Dominique Aubert, Philippe Ledru, Michel Philippot, Moshe Milner et Derek Hudson ont déposé plainte, le 25 juillet 2011, contre la société personnelle du milliardaire Bill Gates, dont dépendait Corbis-Sygma pour “organisation frauduleuse d’insolvabilité, abus de confiance et abus de bien social”. En cause : la mise en valeur et la commercialisation des archives des photographes.

A l’heure où Sipa Press vient d’être rachetée par l’agence allemande DAPD, où Gamma-Rapho, désormais propriété du photographe François Lochon, ne vit plus que de ses archives, l’accusation « d’organisation frauduleuse d’insolvabilité, d’abus de confiance et d’abus de bien social » portée par les cinq anciens photographes de Corbis-Sygma, pose surtout la question de l’avenir des agences de presse. Et de la nécessité de trouver au plus vite un modèle de diffusion et une économie en phase avec le marché du photojournalisme.

C’est en 1973 que l’agence Sygma voit le jour à Paris. Elle s’impose très vite comme l’une des plus actives. « J’y suis entré en 1979 parce que c’était l’agence qui m’offrait le plus de possibilités », se souvient Michel Philippot. Il y reste dix ans, au cours desquels il couvre la Pologne, l’élection de François Mitterrand, la guerre civile au Salvador ou au Liban. Et puis, un jour de 1989, il en a eu assez de parcourir le monde. « Je suis rentré chez Gamma comme rédacteur en chef adjoint. Mais j’ai laissé mes archives chez Sygma. Elles se vendaient très bien ».

1980 © Henri Bureau, reporter à l’agence Sygma

Sauf que depuis, Sygma n’a cessé de dépérir. Elle a d’abord dû faire face à la concurrence de la télévision. Puis à celle des agences filaires comme l’Agence France Presse qui ont très tôt fait le choix, judicieux, du numérique. Aussi, lorsque Corbis Corporation rachète Sygma en 1999, l’agence est déjà mal en point. « Corbis a maintenu Sygma à bout de bras », rappelle Sébastien Dupuy, qui était en charge des archives, et membre du comité d’entreprise de l’agence. En 2004, 20 millions d’euros sont investis dans un projet destiné à numériser les millions de photos du fonds de l’agence. Des contrats sont signés avec des photographes qui acceptent de céder l’exclusivité de la distribution de leurs images à Corbis contre leur mise en valeur et leur commercialisations assorties d’un versement de droits d’auteurs.

Corbis a aussi multiplié les erreurs stratégiques. «Elle a toujours agi à contretemps du marché», souligne Sébastien Dupuy, en bradant les photos de ses meilleurs éléments, en faisant trop tard le choix de produire beaucoup d’images à moindre coup. La valse des PDG de Corbis Corporation a entraîné des changements de cap permanents. Et l’arrêt, en plein vol, du projet de numérisation des images n’a rien arrangé. Aussi, lorsque la justice a obligé Corbis-Sygma à verser 1,5 millions d’euros au photographe Dominique Aubert parce qu’elle avait perdu 750 de ses images, Corbis a décidé de liquider l’agence. «Je ne crois pas que Corbis ait fait exprès de perdre ce procès, analyse l’ancien responsable des archives. Mais ça a été le moment opportun pour mettre la clé sous la porte. C’était d’autant plus choquant que les résultats annuels de Corbis-Sygma arrivaient à l’équilibre pour peu que Corbis-France lui paye sa dette».

Livrés à eux-même du fait de l’absence totale de communication de Corbis, les photographes n’ayant pas signé de contrats avec la maison mère doivent donc s’adresser au liquidateur judiciaire pour récupérer leurs droits et leurs photos. Pour ceux en contrat avec Corbis Corporation, il revient à cette dernière de mettre en valeur et commercialiser leurs archives. «J’ai fait des milliers de photos,explique Michel Philippot.

Moins de 400 sont numérisés. Si les journaux veulent avoir accès à mes images, ils doivent aller dans un entrepôt à Dreux pour consulter les archives de Sygma». Pire encore : la structure de vente de Corbis France a été fermée. Pour acquérir certaines photos, il faut désormais appeler Londres et les vendeurs n’ont aucune connaissance du fonds Sygma. D’où la colère légitime des photographes.

Et cette nouvelle plainte contre Corbis Corporation, qui souligne une fois de plus la déchéance des vieux modèles de diffusion de la photo de presse.

Source : http://www.telerama.fr, Yasmine Youss, 29/07/2011

Uma Thurman mise en scène par LaChapelle pour Schweppes

Après l’australienne Nicole Kidman, c’est la star américaine Uma Thurman qui devient la nouvelle égérie de la célèbre boisson gazeuse. Le clip et la série de photos, réalisées en studio à Los Angeles et mas dernier, sont mis en scène par David LaChapelle, le plus pop des créateurs d’images contemporain avec son univers toujours aussi baroque, flashy et pétaradant de couleurs.

La campagne comprend 4 visuels dont « Lemon » qui fait la couverture de Photo n°479, et un clip au cinema. Le chef-opérateur du clip Dion Beebe, avait remporté un Oscar pour la direction photo de « Mémoires d’une geisha » en 2006. La publicité réalisée par l’agence Fred & Farid est diffusée en Europe, et pour un an.

Les premières bourses Fnac d’aide à la création photographique

mai 23, 2011   //   Le métier  //  1 commentaire

La Fnac lance une série de bourses d’aide à la création photographique dont les trois premières sont consacrées au photojournalisme d’auteur.

Dans un contexte particulièrement difficile pour le photojournalisme, l’enseigne souhaite soutenir les photographes et crée, à cet effet, 3 bourses d’un montant de 8 000 euros chacune. Le but étant de participer au financement d’un projet en cours ou à venir.

Ce projet a été lancé en septembre dernier, durant le Festival Visa Pour l’Image- Perpignan. La Fnac a sollicité un jury d’une quinzaine de picture editors internationaux qui ont eu jusqu’à fin décembre pour présenter les photographes qu’ils souhaitaient voir concourir.

Les 3 premiers lauréats ont été sélectionnés parmi 46 projets, fin janvier à Paris, il s’agit de Jan Banning, Cédric Gerbehaye, et Anastasia Taylor-Lind.

Chaque travail sera présenté (soit en exposition, soit en projection) lors de la prochaine édition du festival international de photojournalisme, Visa Pour l’Image- Perpignan (27 août -11 septembre 2011) et sera ensuite accueilli dans les galeries photo de la Fnac (Paris et Province).

Le directeur de Visa pour l’Image condamne le cliché de Strauss-Kahn menotté

mai 18, 2011   //   Les enjeux  //  1 commentaire

Fin connaisseur de l’impact de l’image sur les consciences, le directeur du festival international Visa pour l’Image de Perpignan, Jean-François Leroy, s’offusque de la publication en chaîne du cliché accusateur de Dominique Strauss-Kahn. La photographie d’une personnalité, pressentie comme possible Président de la République française, vulgairement menottée, pose la question de la diffusion d’images à l’échelle planétaire.

L’incarcération de Dominique Strauss-Kahn comporte l’intervention d’un spécialiste en image. Alors que plusieursclichés et vidéos de l’inculpé, menotté, circulent sur Internet et dans la presse papier, le directeur du festival international du photojournalisme Visa pour l’Image de Perpignan, Jean-François Leroy, juge la photographie principale « dévastatrice pour lui ». Le fonctionnement de la justice américaine, qui permet de présenter un prévenu en situation dégradante, au mépris de la présomption d’innocence, est cependant semblable en Espagne, où les images d’inculpés sont diffusées par la presse avant la tenue des procès.

Cette caractéristique suscite régulièrement des interrogations au sein de notre propre rédaction, amenée à travailler au quotidien sur un territoire international. Pour M. Leroy, qui s’est exprimé ce lundi auprès de l’Agence France Presse au sujet de ladite photo, « l’utiliser c’est le condamner un peu vite ».

Ce cliché accusateur et ses variantes placent une haute personnalité au rang de criminel, et froissent sans doute l’image de la France dans le monde. Il s’agit cependant de l’oeuvre de professionnels, au nombre de 200, parfaitement autorisés à accomplir leur métier.

Le défi qui se pose ainsi à M. Leroy, partisan de montrer le monde tel qu’il est, à l’occasion des éditions de Visa pour l’Image, à Perpignan, devient celui de l’universalisation de l’image, aidée par l’immédiateté suggérée par les technologies. La production de clichés, dans un territoire donné, devient alors problématique selon les territoires de diffusion. Il conviendrait ainsi de montrer le monde tel qu’il est, mais pas à tout le monde.

Source : http://www.la-clau.net

“Ray Charles et Serge Gainsbourg : Une histoire de musiciens”

mai 16, 2011   //   La musique en photo, Les expos  //  Laissez un commentaire

Exposition de photographies de Arlette Kotchounian

C’est dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés que commence l’histoire déterminante d’Arlette Kotchounian avec la musique. Auteur-compositeur dans les années 60, du jazz à la chanson française et internationale, elle a mené sa vie au rythme des rencontres.

C’est en 1976 que naît en elle le désir de garder des traces des moments précieux vécus avec ses amis musiciens, sur scène et en coulisses : Herbie Hancock, Stevie Wonder, Sonny Rollins, Miles Davis, Wayne Shorter, et aussi Claude Nougaro, Jacques Higelin, Gilberto Gil, Caetano Veloso…

Pour Ray Charles, elle signe plusieurs chansons. Le photographier devient le prolongement d’une expérience riche en images, fondée sur leur amour commun pour la musique.

Au Printemps de Bourges 1987, celui que l’on surnomme “The Genius” joue avec l’Orchestre Symphonique d’Ile de France. Serge Gainsbourg y réalise un documentaire. Dans une loge, ils se rencontrent pour la première, la seule fois.

A l’hôtel Lutetia / Salon Saint-Germain du 10 mai au 31 juillet

Gratuit

Mort de Tim Hetherington, le World Press Photo 2007

Le photographe et réalisateur de films britannique Tim Hetherington, bien connu du Festival Visa pour l’Image de Perpignan, est décédé ce mercredi à Misrata, en Libye.

Ce journaliste de 41 ans, présent depuis plusieurs semaines dans la ville assiégée par les forces de Muammar al-Kadhafi, a succombé à ses blessures, suite à une violente attaque au mortier, selon une information de la BBC, confirmée par ce mercredi soir par le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni. Lors d’un assaut qui a blessé également blessé trois journalistes, six personnes ont trouvé la mort, une soixantaine ont été blessées, notamment par des tirs de sniper.

Tim Hetherington © Matt Stuart

Tim Hetherington, né à Liverpool, résidait aux États-Unis, disposait de la double nationalité, et s’était fait une spécialité dans le témoignage des grands conflits armés dans le monde, pour le compte du magazine Vanity Fair. Il était l’auteur d’unephotographie qui a fait le tour du monde, intitulée « Soldat américain au repos dans un bunker », en l’honneur de laquelle il avait reçu en 2007 la distinction suprême du World Press Photo Award, après une intense couverture du conflit en Afghanistan.

En 2004, Tim Hethenrington avait exposé une sélection de clichés, « Rien n’est permanent », un reportage réalisé dans des conditions dangereuses, parmi les lignes rebelles lors de la guerre civile au Libéria. Le directeur de Visa pour l’Image, Jean-François Leroy, a lui-même été membre du jury du World Press, et a défendu la plus célèbre des photographies d’Hetherington, critiquée par son aspect éminemment émotionnel.

Exposition James dean – Boutique Renoma

avr 4, 2011   //   La photo au cinema  //  Laissez un commentaire

Monstre sacré du cinéma américain James Dean aurait fête ses 80 ans, le 8 février. Pour cette occasion une exposition « On the road… une vie programmée » de photographies lui rend hommage à la boutique Renoma. Une cinquantaine de clichés des photographes les plus courus de l’époque et de ses amis.

James Dean véritable météorite dans le cinéma des années 50 est mort à l’âge de 24 ans. Il devient en l’espace de trois films cultes (A l’Est d’Eden, La Fureur de vivre, Géant) un acteur incontournable au milieu du XXème siècle. D’une élégance rare et doté d’un charme fou il incarne aussi la rebellion et la révolte de la jeunesse dans une époque d’après guerre. Il a boulversé la vie de nombreux adolescents qui se reconnaissait en lui. Cinquante-cinq ans après sa mort le mythe se perpétue encore.

Cette exposition veut ainsi montrer les facettes moins connus du personnage. Car c’est aussi un passionné de sculpture, de peinture, de photographie et de musique. L’écrivain Jean Noël Coghe s’est occupé de cette exposition avec Renoma. Il a écrit une biographie « Jimmy the Kid » parue en 2007 . Il décrit un garçon extrêment cultivé « Même s’il était issu d’un milieu paysan, il était passionné par les arts ». James Dean a toujours eu soif de conquêtes.

Parmi ces photos, vous allez découvrir un James Dean photographe, sculpteur et musicien. Mais aussi des portaits plus intimistes pris chez lui. Une série de clichés signés des plus grands photographes de l’époque et de ses amis comme Sanford Roth, Roy Schatt ainsi qu’une sélection d’archives de Getty Images.

Plus d’informations sur http://www.renoma-paris.com

 

Du Mercredi 9 Février 2011 au Lundi 9 Mai 2011.

Renoma Gallery - Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h - 129 bis, rue de la Pompe - 75016 Paris

« 6 mois » le nouveau magazine photo

mar 24, 2011   //   La revue 6 mois, Le métier, Les livres  //  4 commentaires

Un peu plus de deux ans après avoir lancé «XXI», et prouvé que la création d’un nouveau journal par les temps qui courent n’est pas nécessairement synonyme de faillite annoncée, Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry reviennent avec un défi au moins aussi fou: sortir une revue photographique à l’heure où les poids-lourds du domaine battent de l’aile.

«6 mois» mise avant tout sur une qualité irréprochable pour séduire le public. Qualité des images bien sûr, mais aussi de la mise en page et du support lui-même (papier haut-de-gamme, sans brillance, idéal pour les photos). Résultat: un bel ouvrage très agréable à parcourir.

Sur le fond, la revue propose des sujets traités en profondeur et venant des quatre coins de la planète. Au sommaire du premier numéro par exemple: Haïti, Chine, Angleterre, Guinée-Bissau, Tunisie… et une liste de crédits photographiques qui rassemble près de vingt nationalités.


BibliObs a posé quelques questions à Marie-Pierre Subtil, rédactrice en chef d’une revue qui ose renouer avec le véritable reportage photographique à l’heure où une déferlante d’illustrations vaines inondent la presse écrite.

BibliObs. – Pouvez-vous nous présenter le projet en quelques mots?

Marie-Pierre Subtil. - De nos jours on est submergé d’images sans en avoir la lecture. Parce qu’on ne s’arrête pas dessus, parce qu’on ne prend pas le temps de les comprendre. Aujourd’hui, tout le monde a un appareil photo, les images arrivent de partout, partent dans tous les sens, mais elles ne racontent pas d’histoires. Au contraire, «6 mois» propose de partir des images pour raconter le monde d’aujourd’hui. Le but de la revue est de donner du sens à de bonnes images.

BibliObs. - Comment cette volonté se traduit-elle dans la revue?

M.-P. Subtil. - «6 mois» propose avant tout des regards travaillés sur la longueur. En privilégiant les longues enquêtes, les reportages au long cours, nous entendons renouer avec la grande tradition du photojournalisme. La revue s’articule donc autour de longs portfolios. Dans ce premier numéro, le plus petit compte vingt photos et le plus long cinquante. Ce dernier est un véritable travail d’immersion puisque la photographe américaine Darcy Padilla a suivi son sujet pendant 18 ans.

BibliObs. - Lancer un nouveau magazine photographique alors que des journaux comme «Géo», «Photo» ou encore le «National Geographic» ne cessent de perdre des lecteurs: le moins que l’on puisse dire c’est que c’est un pari osé…

M.-P. Subtil. - «XXI» aussi était un pari osé et pourtant ça marche. Les gens ne sont pas idiots. Il y a une demande pour du vrai journalisme. Il est évident qu’en lançant un journal papier on prend le contrepied de la tendance qui veut que l’avenir de la presse passe par internet. De même, proposer de longues enquêtes va à l’encontre de ce qu’on voit de plus en plus dans les journaux. Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry poursuivent l’objectif initié avec «XXI»: réfléchir sur la manière de faire du journalisme.

BibliObs. - «6 mois» est appelé à devenir une revue internationale?

M.-P. Subtil. - Oui, nous souhaitons la faire traduire dans d’autres langues afin qu’elle puisse être publiée simultanément dans plusieurs pays. Mais il nous fallait d’abord lancer ce premier numéro pour pouvoir chercher à étendre sa publication. «6 mois» n’est pas une revue française. C’est un projet universel. L’idéal serait qu’on croise des regards de photographes des quatre coins du monde et pas seulement des occidentaux qui photographient le Tiers-Monde. Et que la revue soit lue partout autour du monde.


Propos recueillis par Jonathan Reymond


«6 mois», n°1, 350 pages, 25 euros, en vente depuis le 24 mars en kiosque.

Prochaine parution: 22 septembre 2011.

Sur internet: 6mois.fr

 

Emphas.is va révolutionner le monde de la photo

mar 15, 2011   //   Le métier, Quel avenir ?  //  2 commentaires

Emphas.is ouvre une nouvelle ère pour le photojournalisme : en effet  le public peut désormais produire les reportages de son choix à partir de 10 $.

Interview de Karim Ben Khelifa, cofondateur.

Quand et comment vous est venue cette idée simple et géniale de faire participer le public à la production de photoreportages à travers un site ?

Le 1er novembre 2009, Tina Ahrens (cofondatrice d’Emphas.is) et moi parlions de photojournalisme, et nous remarquions combien il était devenu difficile, voire parfois impossible, de financer des travaux des fonds, importants et bien documentés. Ces dernières années ont été très difficiles pour les photojournalistes. Pour la majorité, nous sommes indépendants et nous avons été parmi les premiers à subir les effets de la crise. Plutôt que de licencier des salariés, un grand nombre de médias a tout simplement arrêté de passer des commandes aux journalistes indépendants. Dans cette catégorie, les plus chers en termes de coûts, ce sont bien évidemment les correspondants travaillant et se déplaçant à l’étranger. Les nouveaux manager de ces groupes ont voulu nous faire croire que le public ne veut ni comprendre ni voir ce qui se passe en Afghanistan, en Irak ou en Afrique. Mais pour beaucoup d’entre nous, c’est avant tout une question d’économie financière, car nos reportages nous y croyons et nous pensons que comme nous, vous voulez les voir exister.

Cette situation crée une crise de confiance dans le public par rapport aux grands groupes de médias. De plus en plus de personnes ne trouvent plus aujourd’hui la matière pour comprendre et déchiffrer le monde. Ils ont l’impression d’être téléguidés et de ne plus être en lien avec la réalité de ce qui se joue sur le terrain. Avec Emphas.is, lorsqu’on s’intéresse à un sujet en particulier, on a la possibilité de rencontrer et de partir en reportage avec un journaliste, de le suivre sur le terrain et de le voir évoluer dans son point de vue tout en disposant d’une information produite et analysée par un professionnel. Déplacer un business modèle, c’est aussi déplacer la valeur de notre travail. Je me suis rendu compte au fil des années, qu’une série de questions revenait sans cesse dans mes rares rencontres avec le public. Comment vit-on à Bagdad, en Palestine ? Comment bougez-vous là bas ? Où dormez-vous ? Comment sont les gens atour de vous ?

Je suis un photojournaliste, comment puis-je proposer mon sujet ?

Dans un premier temps, ceci ne sera possible que sur invitation car nous devons apprendre à gèrer le flux de reportages en concordance avec le nombre d’adhérents membres du public. Les photojournalistes voulant chercher un financement auprès du public pour leur projet peuvent uploader, après la création de leur profil, le synopsis et les documents liés via la plateforme directement. Les procédures sont automatisées et le comité de sélection peut ainsi facilement accèder aux requêtes des nouveaux journalistes.

Quels sont les devoirs vis à vis des personnes qui ont financé le projet ?

Informer et partager l’expérience de terrain est primordial et inhérent à notre plateforme. Le succès de la communication avec le public permet de revenir sur la plateforme et de produire de futurs projets avec les internautes. De notre coté, nous veillons à ce qu’un budget soit réaliste et le reportage cohérent. Les sommes collectées auprès du public ne feront pas office de salaire mais serviront uniquement à couvrir les frais de réalisation du projet.

Que deviendra le reportage ?

Le reportage est mis à disposition exclusive du public  qui l’a financé pendant 4 jours après la postproduction du photojournalisete. Au photographe ensuite de le diffuser dans les médias, de le fournir à son agence. Emphas.is est une plateforme de production, pas de distribution, nous ne gardons aucun droit ou pourcentage du copyright sur le reportage du produit. Nous nous assurons que les frais du reportage sont couverts mais nous ne fournissons pas de salaires aux photographes.


Je suis particulier, à partir de quelle sommes puis je participer et jusqu’à quelle hauteur ?

L’accès à la plateforme de communication se fait à partir de 10$. Avec cette somme, vous accédez au making of du photojournaliste dès le moment où le projet est financé entièrement et qu’il arrive sur le lieu de son projet. Les photographes vont tenter de réunir la somme des frais plus rapidement en vous proposant par exemple pour une sommes plus élevée des éditions limitées d’un livre ou des tirages numérotés et signés, mais aussi des souvenirs originaux qu’ils pourront ramener de reportages ou encore des visites privées et en avant première de leur exposition. Ceci va vous permettre de découvrir des facettes de leur travail ou de leur personnalité quie vous ne connaissez pas encore.

Puis-je dialoguer directement avec le photographe ?

Vous pouvez bien entendu dialoguer directement avec un photojournalsite, mais sachez qu’ils sont sur le terrain pour réaliser un projet et vous faire passer des informations quant à la situation sur place et sur leur manière de penser ce projet. Ils vous feront partager leurs expériences et toutes les histoiers curieuses qui se déroulent sur place en uploadant photos, vidéos et textes.

Plus d’infos sur http://emphas.is
Source : « La révolution Emphas.is », Magazine Photo, n°476

Taxi Driver vu par Steve Shapiro

Il a fallu attendre longtemps pour que Steve Shapiro obtienne enfin la reconnaissance qu’il mérite. Il y a d’abord eu l’exposition de quelques unes de ses photographies chez Thierry Marlat qui présentait le travail de photojournaliste de Shapiro, notamment la campagne des primaires de Bobby Kennedy, en 1968, mais aussi les marches pour la reconnaissance des droits civiques des noirs.

Après cette première exposition, Taschen a publié les livres sur deux des plus célèbres films pour lesquels Steve Shapiro a été le photographe de plateau, The Godfather et Taxi Driver.  A partir du 21 mars, A. Galerie présentera les photographies de ces deux tournages. « Pendant le tournage d’un film, » explique Shapiro, « le photographe est vu comme un accessoire. Il ne contribue pas directement à la réalisation du film, le « click » de son appareil photo peut déranger l’équipe, mais lorsque le film sort, ce sont ses images qui vont s’imprégner dans la conscience des gens et les inciter à venir voir le film. » 

Robert de Niro, Taxi Driver. c Steve Shapiro

Shapiro était le photographe idéal pour travailler avec Martin Scorsese sur Taxi Driver. New Yorkais, admirateur d’Henri Cartier-Bresson, il arpentait les rues de New York depuis son adolescence, espérant capter, comme HCB, « l’instant décisif ». Il connaissait bien New York et la nuit dans la ville, dans ces années-là, des nuits dangereuses, loin du Manhattan d’aujourd’hui.

Au moment où l’on va célébrer les 35 ans du film de Martin Scorsese, l’exposition des tirages de Steve Shapiro montre comment la photographie peut enrichir le cinéma, comment l’un et l’autre sont inséparables.



Photographies de Steve Shapiro. Sur le tournage du Parrain et de Taxi Driver.

Du 21 mars – 14 mai.

A. galerie  12, rue Léonce-Raynaud. 75116 Paris.

www.a-galerie.fr

Hommage à Gainsbourg chez Sotherby’s

mar 5, 2011   //   La musique en photo, Les expos  //  1 commentaire

«GAINSBOURG, Initiales L.G», n’est pas le titre d’une réédition de l’oeuvre discographique de Serge Gainsbourg mais le nom d’une exposition qui lui est consacrée chez Sotheby’s. Une quarantaine de clichés qui font revivre les moments clés de sa carrière : des premières années, où l’artiste souffrait du peu de reconnaissance récolté par ses chansons, en passant par le succès de ses tubes des années 1970, jusqu’au flamboyant déclin de Gainsbarre.

Une collection réunie habituellement à Anvers, en Belgique, par Roger Szmulewicz, le responsable de la galerie Fifty One Fine Art Photography. Cette délocalisation à Paris intervient au moment ou est célébré le vingtième anniversaire de la mort de «Gainsbarre».

Tony-Frank

 Auteur, compositeur, interprète, peintre, cinéaste, photographe ou écrivain, Serge Gainsbourg a laissé derrière lui une œuvre éclectique. Une production riche qui explique la prolifique offre qui est faite. Expositions, rééditions, versions inédites … qui ne le sont pas toujours en réalité ! Le dandy ivre et mal rasé, tantôt fascinant, tantôt dégoûtant, est devenue une icône de la culture française. Définitivement démocratisé par le film à succès «Gainsbourg, Vie Héroïque» avec un fabuleux Eric Elmosnino, récemment césarisé pour son incarnation de l’artiste.

Riche de portraits et d’images inédites pris par les plus grands photographes (William Klein, Helmut Newton, Pierre Terrasson…), la Galerie Charpentier (Paris VIIIe) offre une véritable plongée dans la vie de ce provocateur controversé et homme de lettres raffiné. Sont présentes à ses côtés toutes les femmes de sa vie, de la charmante britannique Jane Birkin au séduisant mannequin Bambou sans oublier sa fille Charlotte. La collection poursuivra son tour du monde à la French Institute Alliance Française (FIAF) de New York, où elle sera présentée du 23 mars au 23 avril.


Sotheby’s Fance, Galerie Charpentier, Paris VIIIe. Exposition du 28 février au 9 mars.

World Press Photo 2010 : Jodi Bieber grande gagnante

La photographe Jodi Bieber remporte le prix de la « Photo de l’année 2010″ et du « Portrait » du World Press Photo avec son portrait d’une Afghane mutilée.

Cette jeune femme, Bibi Aisha dont le nez et les oreilles ont été coupés par les talibans a connu la mutilation pour avoir fuit la maison conjugale. Originaire de la province de Oruzgan en Afghanistan, cette jeune fille de 18 ans, battue par son mari qui était retournée chez ses parents a été rattrapée par des talibans qui lui « ont fait justice ». Abandonnée, elle a été secourue par des humanitaires et militaires américains. Recueillie dans un refuge pour femmes à Kaboul, elle a reçu des soins aux Etats-Unis et une opération de chirurgie reconstructive. Elle n’est pas retournée dans son pays.

©Jodi Bieder

Jodi Bieder avait déjà remporté 8 prix du World Press Photo dans différentes catégories et elle devient seulement le deuxième photographe d’Afrique du Sud à remporter le prix suprême. Elle est représentée par le Institute for Artist Management and Goodman Gallery.

Pour David Burnett, président du jury, photojournaliste et membre fondateur de Contact Press Images : «Ceci pourrait devenir le genre de photo dont, si quelqu’un dit tu sais, la photo de cette fille, tout le monde saura exactement de quelle photo on parle. Il n’y en a peut-être que dix sur une vie»

Deux photographes de l’Agence France-Presse ont aussi été récompensés. Il s’agit de Français : Olivier Laban-Mattei qui remporte le premier prix dans la catégorie « information générale » pour son reportage à Port-au-Prince après le tremblement de terre en Haïti, et Christophe Archambault qui décroche le troisième prix dans la catégorie « Nature » pour ses clichés sur le volcan Bromo sur l’île de Java en Indonésie.

©Olivier Laban-Mattei

Source photo.fr

 

Leila Ghandi primée au concours de photographie « la beauté en Afrique »

jan 31, 2011   //   Les prix  //  Laissez un commentaire

Organisé dans le care du partenariat UE-UA, ce concours vise à promouvoir les activités d’artistes photographes et de photojournalistes travaillant en Afrique. L’objectif étant de mettre en valeur des interprétations personnelles et créatives de l’idée de beauté sur le continent et de contribuer à promouvoir des représentations originales de l’Afrique contemporaine loin des perceptions stéréotypes qui perdurent.

Le jury a nommé un gagnant au niveau du continent et attribué cinq prix régionaux.

Les trois photographies de l’artiste marocaine, retenues dans le cadre de l’exposition, reflètent parfaitement les principes de « fraternité « , « d’amitié  » et de « diversité « . »Ces œuvrent mettent en exergue les valeurs qui prévalent au Maroc à savoir la fraternité, la diversité, le respect mutuel et la tolérance « , s’est-elle félicitée.

©Leila Ghandi

Née à Casablanca en 1980, Leïla Ghandi est diplômée de Sciences Po Paris. Auteur et photographe indépendante, elle parcourt le monde en solitaire depuis l’âge de 15 ans munie, entre autres, d’un appareil photo et d’une caméra. Son objectif, dit-elle, est de dresser « un portrait humain de ce qui nous entoure » et de « raconter le monde autrement ».

L’artiste marocaine, qui collabore avec la presse nationale et internationale, la radio et la télévision, ainsi qu’avec des institutions comme l’UNESCO, a participé à de nombreuses expositions à travers le monde.

Elle est l’auteur de « Chroniques de Chine », un recueil de textes et de photographies publié en France et au Maroc.

Leïla Ghandi a reçu au Sénat français le Trophée EuroMed de la Réussite au Féminin en 2008, le Prix Littérature de l’USAID en 2009, et en 2010 elle est nommée opinion leader par l’organisme de l’ONU Search for Common Ground.

Pour plus d’informations rendez vous sur sont site  : http://www.leilaghandi.com
30/01/2011 18:45. (MAP) Maghreb Arabe Presse

http://www.marocjournal.net

Décès du photographe Lucas Mebrouk Dolega

jan 19, 2011   //   Hommage, Le métier, Lucas Mebrouk Dolega  //  1 commentaire

Le photographe journaliste franco-allemand Lucas Mebrouk Dolega, est décédé suite à de graves blessures le lundi 17 janvier à l’hôpital Rabta de Tunis. Né à Paris de mère allemande et de père franco-marocain, il aurait passé une partie de sa jeunesse à Tanger.

©Lucas Mebrouk Dolega

Manifestation à Tunis le 14 janvier 2011

Envoyé par l’agence européenne de photographie de presse (EPA) de Francfort pour couvrir la révolution du jasmin à Tunis, ce jeune photographe de 32 ans a été la cible d’un tir de grenade de gaz lacrymogène le 14 janvier devant le ministère de l’Intérieur tunisien, selon l’un de ses confrères Julien Muguet. Ainsi, malgré l’opération qu’il a subie à l’institut national de neurochirurgie, le photographe Lucas Mebrouk Dolega n’a pas pu survivre à ses blessures.


Source : www.yabiladi.com

Sarah Caron, une vie de photo-reporter

Depuis seize ans, la photoreporter Sarah Caron travaille sur les terrains les plus chauds de la planète et collabore avec les plus grands medias internationaux. De sa dernière immersion, elle a tiré un long récit, Le Pakistan à vif (Jean-Claude Gawsewitch) et une magnifique planche photographique, Pakistan/Land of the Pure (ed. Images en manoeuvres). Trois ans de voyage au coeur d’un pays rongé par l’instabilité politique (plus de 400 attentats ayant tué près de 4000 personnes), qui l’amènent à suivre de près les dernières heures de Benazir Bhutto, à entrer dans les zones tribales, interdites aux étrangers, ou à s’immiscer dans la fashion week de Lahore…

Vous êtes habituellement discrète sur vos conditions de travail. Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire ce livre?

On me posait beaucoup de questions sur mon expérience de photo-reporter… Nous ne sommes pas si nombreux à avoir travaillé au Pakistan dans de telles conditions. C’est l’éditeur Jean-Claude Gawsewitch qui m’a contactée pour me convaincre de raconter mes expériences. Je me suis dit que j’avais le devoir de raconter ce que j’avais vu là-bas, en trois ans de reportage.

Sarah Caron ici, en 2006, dans l'extrême sud de la Thaïlande

Vous atterrissez au Pakistan aux premiers jours de novembre 2007, avec une commande pour Time – un portrait de Benazir Bhutto – qui est de retour au pays après neuf ans d’exil, et vous vous retrouvez « assignée à résidence » avec elle, trois semaines avant son assassinat… Quelle impression vous a-t-elle faite?

Une présence très forte, un regard fort, elle prenait bien la lumière, comme on dit. J’étais très impressionnée à l’idée de la rencontrer. Elle m’a invitée à dîner et a appris qu’elle venait d’être assignée à résidence par le président Musharraf qui avait décrété l’état d’urgence. Et je suis restée avec elle… Elle était stressée, elle se sentait clairement en danger. Elle entendait bien mener une campagne électorale exemplaire, mais son intention, en fait, était d’avoir la peau de Musharraf. Sa bataille se déroulait sous un habillage démocratique mais il s’agissait d’un règlement de comptes avec lui.

Elle est alors la candidate préférée des Américains…

Oui, une icône. Et tout le monde a oublié les années de corruption de ses premiers mandats et son soutien aux religieux (1994-1995) qui ont favorisé la montée des talibans et leur prise de pouvoir à Kaboul… Au moment de son deuxième mandat de Premier ministre, la formation des talibans, recrutés dans les écoles coraniques des régions tribales le long de la frontière afghane, se faisait sous la houlette de l’ISI (services secrets). Benazir était alors convaincue qu’elle pouvait compter sur les talibans pour faire de l’Afghanistan une nation stable et qu’elle en retirerait à terme les bénéfices. Et elle était alors conseillée par l’ISI…

Vous êtes allée dans les régions tribales, interdites aux étrangers, vous avez interviewé des talibans… Etes-vous une tête brûlée?

Non, je ne crois pas. Les risques que j’ai encourus sont simplement le prix à payer de l’engagement photojournalistique. Je reste pragmatique et lucide, je fais toujours très attention au choix du « fixeur », très important dans ces pays-là… Ma vie peut en dépendre. Il doit parler les langues locales, se montrer diplomate, malin, fiable… Pour me sortir de situations critiques, j’ai aussi appris à me servir de mes « antennes ». L’intuition fait partie intégrante de mon « job ».

Vous décrivez une talibanisation accélérée dans le nord-ouest.

Oui, et depuis les inondations, c’est encore plus inquiétant, car le gouvernement n’a pas soutenu la population. Les islamistes ont pris la main auprès des plus démunis, leur cote de sympathie a beaucoup grimpé. C’est la ligne dure qui prévaut dans ces endroits : interdiction de l’école pour les filles, pas une femme non voilée dans la rue… L’armée a fait des opérations militaires pour détalibaniser la vallée de Swat, mais ils se sont déplacés au Nord. C’est un jeu de l’oie.

Vous passez trois à quatre mois par an à Paris, le reste du temps en voyage. Aucune envie de vous arrêter un peu?

Non! Ma vie se déroule dans ces reportages. Je suis toujours contente de revenir, même si j’ai rapidement envie de repartir.

Source : http://www.lexpress.fr

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