Les articles de la catégorie "Hommage"

Mort de Wilhelm Brasse, ancien prisonnier et photographe d’Auschwitz

25 oct 2012   //   Hommage, Le métier  //  Laissez un commentaire

Sur ordre des autorités, Wilhelm Brasse, ancien détenu du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau, avait pris en photo des dizaines de milliers de ses compagnons. Il s’est éteint mardi à 95 ans à Zywiec, dans le sud de la Pologne.

Wilhelm Brasse a également fourni des documents sur les expérimentations pseudo-médicales du docteur Josef Mengele et d’Eduard Wirths, médecin en chef SS d’Auschwitz-Birkenau.

Né le 3 décembre 1917, il a travaillé dans sa jeunesse comme photographe dans le sud de la Pologne. Après le début de la Seconde Guerre mondiale, malgré ses origines autrichiennes, il a refusé de signer la « Volksliste », signifiant le ralliement à l’occupant allemand, et a rejoint l’armée polonaise. Arrêté par les Allemands lors d’une tentative de passage de la frontière hongroise en 1940, il a été envoyé dans le camp d’Auschwitz-Birkenau. Il y reçoit le numéro de prisonnier 3.444.

En janvier 1941, sur l’ordre de Rudolf Höss, le commandant du camp d’Auschwitz où furent exterminées environ 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, une cellule d’identification de prisonniers, la Erkennungsdienst, est créée. Brasse y est affecté dès février avec sept autres détenus. Leur travail consistait surtout à prendre en photo les nouveaux prisonniers.

« Sauf ceux envoyés directement dans les chambres à gaz », a-t-il déclaré à l’AFP en 2009. « En une nuit, on m’a ordonné de photographier 1.100 déportés du camp de Drancy en France », a-t-il alors ajouté. « J’étais le seul photographe professionnel de l’unité. Les Allemands avaient besoin de moi et cela m’a permis de survivre. » Le musée du camp conserve quelque 39.000 photos dont Brasse est l’auteur.

Le 17 janvier 1945, à l’approche de l’Armée Rouge, on lui a ordonné de tout détruire. Le photographe a tout de même réussi à sauver une partie des négatifs. Après l’évacuation du camp, il fut envoyé dans les camps de Mauthausen, de Melk et d’Ebensee en Autriche où il fut libéré par les troupes américaines.

Wilhelm Brasse n’a plus retouché à une caméra après la guerre. Il sera inhumé dans le cimetière de Zywiec.

40 ans de photojournalisme – Génération Sipa

18 sept 2012   //   Hommage, Sipa  //  Laissez un commentaire

SIPA revient sur 40 ans de photojournalisme à un moment où la profession perd de sa superbe. A l’ère du numérique et à l’époque où chaque amateur produit des quantités impressionnantes d’images du monde entier, ce livre veut revenir sur toute une époque et une profession, peut être plongée dans un mal-être profond.

L’agence SIPA Press est une agence de photojournalisme crée en 1973 par le journaliste et reporter turc Gökşin Sipahioğlu. Il couvre personnellement les événements de Mai 68, ce qui lui donne l’occasion de venir en France.

C’est en 1969 que Gökşin Sipahioğlu monte sa propre agence dans un studio de 16m² sur les Champs-Elysées loué à Fernand Raynaud. Il développe les films argentiques dans les toilettes. SIPA vient de son propre nom de famille. C’est seulement en 1973 que naît officiellement l’agence SIPA Press. Mais cela n’empêche pas les problèmes logistiques, l’agence s’installe rue de Berri, où en cas de panne de courant, Gökşin Sipahioğlu fait tirer des rallonges pour brancher les agrandisseurs dessus, et les machines à écrire sont installées dans le couloir !

La période faste de l’agence se situe entre 1975 et 2000, les photos de l’agence sont omniprésentes à la une de Paris-Match, VSD et du Figaro Magazine. Il est l’homme des bons coups. Par exemple lors de l’invasion de Chypre il a l’idée de distribuer 150 appareils photo jetables aux soldats de l’armée turque pour récupérer des images du cœur de l’action.

En 1989 l’agence prend place dans 8.000m² au boulevard Murat à Paris. Gökşin Sipahioğlu est décédé en octobre dernier.

Ce livre permet de retrouver un pan de l’histoire du photojournalisme avec par exemple des images de l’IRA en 1971 par Sylvain Julienne. Lech Walesa en 1982 par Wojtek Laski, Yasser Arafat en 1983, le terroriste Carlos à l’aéroport d’Alger en 1975 par Nik Wheeler. Mais aussi des images de la Lybie en 2011 prises par Onur Coban, ou encore des images de l’attentat du 11 septembre en 2001 par Bill Biggart.

Une belle manière de rendre hommage à une profession entière et aussi une manière de garder une trace de l’histoire qui file devant nos yeux.

 

40 ans de photojournalisme – Génération Sipa
De Michel Setboun et Sylvie Dauvillier
Création graphique et mise en page : Grégory Bricout
© 2012, Éditions de La Martinière
239 pages – 39 euros

Pour le commander cliquez ici

Hommage à Rémi Ochlik

24 fév 2012   //   Hommage, Rémi Ochlik  //  1 commentaire

Rémi Ochlik© DR

Rémi Ochlik et Marie Colvin sont morts mercredi à Homs en Syrie à 28 ans en faisant leur métier de reporter de guerre.

L’école Icart Photo à Levallois-Perret, où était née la passion de Rémi Ochlik pour le photo-reportage de guerre, a décidé de lui rendre hommage. C’est dans cette école qu’il avait préparé son premier reportage en Haïti en 2004. Récompensé par plusieurs prix, il aimait aller au plus près des gens qu’il photographiait avec son 35 mm pour dénoncer les atrocités dont il était le témoin.

Rémi Ochlik avait fondé en 2005 l’agence IP3 Press. Lauréat en février du World Press Photo pour ses reportages en Libye, Rémi Ochlik avait travaillé en République Démocratique du Congo en 2008, à Haïti en 2010 avant de couvrir les évènements du printemps arabe.

 

Source : http://www.francetv.fr - Jean-Michel Ogier

Dans le Bronx, les derniers clichés d’un photographe de guerre

L’ombre de Tim Hetherington plane sur le Bronx Documentary Center. Un autel recouvert de fleurs et de bougies trône dans  l’entrée de ce nouveau lieu dédié aux arts documentaires. Sous un gigantesque panneau où se lit, en anglais et en espagnol, la biographie du photojournaliste anglais, un large et émouvant photomontage attire l’œil.

Il est mort le 20 avril dernier à Misurata et Michael Kamber et Danielle Jackson, fondateurs de cette galerie et proches d’Hetherington, ne cachent pas qu’il s’agit là d’une exposition particulière : « Nous voulions rendre hommage à Tim. Quand nous avons décidé de créer ce lieu, il était même question qu’il habite au-dessus de la galerie », explique Jackson. Quand la terrible nouvelle est tombée, ce photographe de guerre et cette ancienne de Magnum ont rapidement décidé de présenter une sélection de ses toutes dernières photos.

©Tim Hetherington

Les larges clichés en couleur révèlent des rebelles libyens, appareils photo et téléphones portables à la main, obsédés par leur autoreprésentation. Les photos témoignent du chaos et de la violence de la révolution libyenne. « Je ne me considère pas comme un photographe de guerre », disait Hetherington, récompensé par le World Press. « Ce qui compte c’est le récit ».  L’exposition propose également des vidéos de travaux plus anciens de cet habitué des zones de conflits ainsi que des interviews. A voir jusqu’au 2 décembre 2011.

 

Au Bronx Documentary Center

 Jusqu’à 2 décembre 2011, du mercredi au jeudi, 11h-18h

614 Courtlandt Avenue Bronx, New York 10451

Pour plus d’infos, visitez le site

Décès du photographe Göksin Sipahioglu, fondateur de l’agence Sipa

5 oct 2011   //   Hommage, Sipa  //  Laissez un commentaire

Le photographe, fondateur de la célèbre agence Sipa est mort mercredi 5 octobre, dans un paysage médiatique bien différent. Les magazines ne se battent plus pour les meilleures images, les photographes ont du mal à vivre, et les agences photos sont en pleine déconfiture. De la vie extravagante de Goksin Sipahioglu, on aurait pu faire un film. L’homme lui-même ne laissait pas indifférent : immense (il a été basketteur professionnel), beau parleur, homme à femmes, aventurier et un peu voyou, il faisait confiance facilement et pouvait s’emporter tout aussi rapidement.

Né en 1926 à Izmir, en Turquie, le jeune homme commence par s’embarquer dans une double carrière de basketteur et de journaliste. Très tôt, il se vante d’aligner les scoops: en 1958, il est  » le premier journaliste turc à entrer en pays communiste après la guerre », dit-il au Monde. Il est aussi le premier occidental à photographier l’Albanie passée sous régime communiste en 1961. Mais c’est surtout à Cuba qu’il s’illustre, en 1962 : durant la crise des missiles, alors que le blocus de l’île est mis en place, il se glisse dans un cargo turc qui doit acheminer du blé à La Havane via la Barbade. A l’époque, il dirige aussi des journaux.

Mai 68 ©Goksin Sipahioglu

C’est Paris, capitale montante du photojournalisme, qui va lancer sa deuxième carrière. D’abord correspondant d’Hürriyet, principal quotidien turc, en 1966, il couvre mai 68 avec brio – et se fait blesser par une grenade. En 1969, il crée finalement avec sa compagne une agence : les films sont développés dans les toilettes d’un studio de 16 mètres carrés ! Pendant des années, tout est artisanal : les anciens de l’agence se souviennent des fois où Goksin Sipahioglu prenait la monnaie de la machine à café pour payer les photographes et des coupures d’électricité pour facture impayée « on tirait une rallonge jusqu’à la prise du couloir… »Sipa, créée officiellement en 1973, devient pourtant très rapidement un modèle, au côté de Gamma et Sygma.

Mai 68, ©Goksin Sipahioglu

Le patron a un sens du scoop, et il a aussi du flair pour dénicher les bons photographes. Un nombre impressionnant d’entre eux se sont vus donner leur chance à Sipa, y compris… le plombier de l’agence. Parmi les plus connus, Luc Delayahe, Alexandra Boulat, Abbas, Patrick Chauvel, Reza ou Christine Spengler ont fait leurs classes à Sipa. Mais Göksin Sipahioglu a des manières patronales particulières : il tutoie tout le monde et marche à l’affectif mais ne supporte pas les syndicats. Il cajole ses photographes mais se montre aussi très possessif. Et il ne partage pas le pouvoir.

Avec la crise de la presse et la montée du « people », les agences photo d’actualité vont connaître des heures difficiles. Pendant longtemps Göksin Sipahioglu refusera obstinément de vendre, avant de céder en 2001, devant les pertes, et d’accepterl’offre de Sud Communication. En juillet dernier, toujours déficitaire, l’agence a finalement été revendue à un groupe allemand qui a licencié les deux tiers des photographes et a annoncé sa volonté de transformer Sipa en agence généraliste. Une idée bien loin de l’ancienne Sipa, fleuron du photojournalisme créé par Goksin Sipahioglu.

Hommage de Régis Le Sommier à Chris Hondros

14 sept 2011   //   Hommage, Hondros Chris, La révolution arabe  //  1 commentaire

« J’ai appris la nouvelle à mon arrivée à New York. Ta photo était partout sur les écrans de CNN dans l’aéroport. Tu étais, disait-on, entre la vie et la mort, touché à la tête par un éclat d’obus à Misrata, en Libye. Immédiatement, je t’ai imaginé, allongé à l’arrière d’un pick-up en route vers l’hôpital. Je te voyais, les jambes inertes, ballotté sur une route chaotique avec ces bottes que tu portais en reportage. Ces bottines noires, auxquelles souvent collait la poussière d’Irak ou d’Afghanistan, je les ai toujours trouvées tellement inconfortables. Comment pouvais-tu marcher avec des chaussures pareilles? On aurait dit qu’elles te tordaient les pieds. Dieu sait si j’ai eu le temps de les observer.

Il y a six mois, je les avais devant moi tous les jours. En arpentant les champs de mines de Kandahar en compagnie des soldats de la 101e Division aéroportée, je tâchais de mettre mes pieds à l’endroit où tu avais posé les tiens. Précaution dérisoire quand on sait qu’il ne faut parfois que quelques centimètres pour perdre ses jambes et qu’une mine peut sauter alors que les éclaireurs ont déjà marché dessus. C’est hélas ce qui est arrivé à ton camarade, photographe du «New York Times», Joao Silva. Par moments, j’étais devant toi, et c’est toi qui posais tes pieds dans mes traces. Pas une seule fois je n’ai imaginé que tu puisses (ou que je puisse) sauter. Mais à chaque retour de patrouille, nous poussions un soupir de soulagement en nous regardant. Une de plus. Et à la fin du séjour, nous prenions bien soin de ne jamais dire que demain, ça serait la dernière, ou bien sinon… Au cours des cinq voyages que nous avons faits tous les deux en Irak et en Afghanistan, j’ai imaginé bien des scénarios tragiques, sauf celui d’avoir un jour à écrire ces lignes.

Je t’ai rencontré, la première fois, pendant la campagne présidentielle de John Kerry en 2004. J’ai d’abord vu ton nom écrit sur la porte d’une chambre d’hôtel de Cleveland dans l’Ohio. J’avais en tête la photo du guerrier en dreadlocks tirant une roquette au Liberia, ta première «plaque» comme on dit dans le jargon. Il me fallait un photographe pour suivre Kerry. On a conclu un accord. Tout de suite notre amitié fut faite de longues conversations sur le monde, l’Amérique, la France, etc., que nous arrêtions puis reprenions à chaque reportage. Tu me disais souvent: «Régis, il faut que tu viennes en Irak.» Correspondant de Paris Match aux Etats-Unis, j’écrivais à l’époque de plus en plus d’histoires de soldats revenus au pays défigurés. «Il te manque un morceau du puzzle», répétais-tu. En mars 2006, après avoir convaincu ma rédaction, nous nous sommes retrouvés dans un hôpital de campagne américain, au nord de Bagdad. Depuis, je t’ai suivi partout.

Tu m’as appris la patience au long de ces interminables attentes — hélicoptère retardé, convoi inexistant, gradé peu coopérant – qui nous menaient d’un camp retranché à un autre. Tu m’as appris l’humilité car, dans la guerre, il ne sert à rien de forcer les choses, elles viennent très vite à vous. Tu m’as même appris à dormir, à profiter de la moindre parcelle de temps libre pour fermer les yeux et regonfler les batteries. Il n’y a que sur le terrain de la musique que je refusais de m’aventurer avec toi. Tu étais fou de classique. Un jour où nous roulions au beau milieu d’un ouragan au Texas, tu me fis écouter les variations Goldberg de Bach. «Tu entends? Le piano de Glenn Gould, c’est comme des gouttes d’eau qui tombent.» La pluie au-dehors tombait si fort que j’entendais à peine la musique. J’acquiesçais. Va pour le piano qui imite les gouttes d’eau. J’aimais ton enthousiasme, ton détachement aussi, cette façon que tu avais de prendre la vie parfois très sérieusement.

Tu détestais la techno que je me mettais dans les oreilles, le soir, en Irak, pour oublier la trouille que j’avais à l’idée de ce qui nous attendait le lendemain. Mais ce n’était pas cela la bande-son de nos aventures. Ni le classique, ni la techno. Parfois, c’était la prière du muezzin, comme le soir de cette longue patrouille dans la province du Helmand en Afghanistan. Cette fois, c’est moi qui avais pris ton appareil et appuyé sur le déclencheur. On te voit juché sur le toit d’un véhicule blindé, dans la tombée du jour. C’était le samedi 13 mars, l’année dernière. Tu avais 40 ans. Parfois, c’était un air de country. Tu as passé tellement de temps avec les soldats américains… Tu partais jusqu’à deux mois d’affilée avec eux, si longtemps qu’un jour, au beau milieu d’un quartier paumé de Bagdad, tu reçus un coup de fil de la fourrière de New York. Ta vieille Toyota, garée comme toujours sur la 35ième rue, allait être embarquée. Tu passas la matinée, je me rappelle, à appeler pour trouver, depuis l’Irak, quelqu’un qui aille la déplacer.

Il y eut le jazz, aussi, des notes timides entendues à la Nouvelle-Orléans après l’ouragan Katrina, lorsque nous parcourions à la rame, parmi des chiens affamés et des cadavres flottants, les rues de la cité engloutie. Tu venais de me rejoindre, prenant la place du photographe Alvaro Canovas qui avait dû rentrer à Paris. Dire que c’est avec Alvaro que tu as passé à Misrata le dernier jour de ta vie ! Chris, tu n’avais pas d’enfants. Pour y remédier, tu allais te marier en août prochain avec ta fiancée, Christina. Tu adorais les miens. Tu en as photographié aussi beaucoup. Ton plus célèbre cliché restera cette petite fille, maculée du sang de ses parents tués par erreur par les soldats américains, alors que leur voiture franchissait un check-point.

Quelques jours après cette tragédie, tu reçus un appel de Paul Wolfovitz. Le cliché avait beau dénoncer les errances militaires de Bush, le numéro deux du Pentagone, admiratif, t’invita à déjeuner pour te demander comment on faisait pour devenir photographe de guerre. Il faut croire que, comme beaucoup, tu l’avais interpellé. Aujourd’hui, je me demande avec qui je vais bien pouvoir continuer ces conversations du bout du monde. Et si jamais je retourne en Afghanistan, j’ignore qui guidera mes pas. »

Décès du photographe Lucas Mebrouk Dolega

19 jan 2011   //   Hommage, Le métier, Lucas Mebrouk Dolega  //  1 commentaire

Le photographe journaliste franco-allemand Lucas Mebrouk Dolega, est décédé suite à de graves blessures le lundi 17 janvier à l’hôpital Rabta de Tunis. Né à Paris de mère allemande et de père franco-marocain, il aurait passé une partie de sa jeunesse à Tanger.

©Lucas Mebrouk Dolega

Manifestation à Tunis le 14 janvier 2011

Envoyé par l’agence européenne de photographie de presse (EPA) de Francfort pour couvrir la révolution du jasmin à Tunis, ce jeune photographe de 32 ans a été la cible d’un tir de grenade de gaz lacrymogène le 14 janvier devant le ministère de l’Intérieur tunisien, selon l’un de ses confrères Julien Muguet. Ainsi, malgré l’opération qu’il a subie à l’institut national de neurochirurgie, le photographe Lucas Mebrouk Dolega n’a pas pu survivre à ses blessures.


Source : www.yabiladi.com

Hommage à Christian Poveda

Le FIGRA a rendu hommage cette année à Christian Poveda, réalisateur et grand reporter de nationalité française, assassiné au Salvador en septembre 2009, alors son documentaire « La vida loca » témoignage exceptionnel et explosif sur les gangs du Salvador sortait sur les écrans de cinéma en France.

Son film est une véritable plongée aux images “choc” dans la vie de ces gangs surtout connus du grand public pour leurs tatouages spectaculaires sur tout le corps, les fameux « maras ».

Christian Poveda savait parfaitement l’importance du FIGRA pour les réalisateurs et producteurs de documentaires. Assassiné le 30 septembre au Salvador, il appartient aujourd’hui au panthéon des trente-neuf journalistes qui ont payé de leur vie la passion de filmer au plus près de la réalité des faits et des hommes.

Il eût été ravi d’être là pour débattre avec le public des raisons essentielles de son investissement quatre ans durant pour mener à terme la réalisation de « La Vida Loca ». Revenu en 2001 dans le pays qui l’avait fait connaître dans les années 1980, en pleine guerre civile, il n’avait pas supporter la banalisation dans la capitale salvadorienne de la mort (10 victimes en moyenne par jour), que générait la guerre sans pitié des gangs viscéralement attachés à leur slogan « Tuer pour vivre, vire pour tuer ».

Les « Pandilleros » l’appelaient « l’Ami », tant il avait fait de sa caméra un coup de poing qui n’était que main tendue vers l’espoir d’un pacte de paix entre la « Salvatrucha » et la « 18 ». Certains chefs de gangs voulaient faire de lui leur médiateur. Mais condamnés par la majorité d’entre eux, ils l’ont précédé dans la mort.

Christian Poveda a payé de sa vie l’œuvre ultime d’un journaliste, réalisateur fidèle à des convictions, qui font l’honneur et la grandeur du métier.

 

Source : http://culturebox.france3.fr/

Décès du photographe Dennis Stock

Le photographe américain Dennis Stock est mort le 11 janvier 2010 à Sarasota en Floride, des suites d’un cancer. Il avait 81 ans. Photographe du tout Hollywood dans les années 1950-1960, le plus emblématique de ses clichés est peut-être celui de James Dean à Times Square, pris en 1955. Le jeune homme, tête rentrée dans les épaules, marche, solitaire, une cigarette aux lèvres. Stock a contribué à créer la légende de l’acteur


Passeront devant son objectif Audrey Hepburn, Marylin Monroe, John Wayne, Marlon Brando.

A la mort de James Dean, qui était un de ses proches amis, il se consacre à une série de portraits des grandes figures du jazz : Billie Holiday, Miles Davis, Gene Krupa ou encore Duke Ellington seront immortalisés dans son recueil de photographies « Jazz Street » paru en 1960.

A la fin des années 1960, il s’intéresse à la communauté hippie de Californie, parcourant les festivals de musique, fascinés par ces «marginaux» qu’il apprend à connaître. Puis, dans les années 1970, il passe à la couleur, photographiant des paysages naturels. Ses dernières œuvres étaient, selon l’Agence Magnum qui lui consacre un porte-folio, «des fleurs à la limite de l’abstraction».

En 2007, ses photographies avaient été l’objet d’une rétrospective à Perpignan, à l’occasion du Festival International du Photojournalisme.

La Vida Loca – Christian Poveda

17 oct 2009   //   Christian Poveda, Hommage, La photo au cinema  //  2 commentaires

Le réalisateur de La Vida Loca, documentaire sortit le 30 septembre au cinema a été retrouvé mort au Salvador, tué par balles, début septembre. Ce dernier trounait actuellement un second documentaire sur les gangs.

« La Vida Loca » traite du gang des Maras, construits sur le modèle des gangs de L.A, ils sévissent en Amérique Centrale. Pour la petite histoire, « Mara » est un mot provenant de l’argot salvadorien. Son sens a évolué de «groupe d’amis» à «groupe de criminels». Mara désigne, à l’origine, la fourmi légionnaire mais c’est également l’abréviation de marabunta : une migration massive et destructrice de ces fourmis chasseuses…

©Christian Poveda

C’est dans les années 80 qur Poveda arrive pour la première fois au Salvador en tant que photo-reporter. En 81, il réalise son premier documentaire, mais c’est dans les années 90, après avoir quitté le photo-journalisme, qu’il décide de se consacrer exclusivement à la réalisation.

Caméra embarquée, Poveda nous ramène le quotidien d’une jeunesse sans espoir, livrée à elle-même et à la mort. Après une guerre révolutionnaire au Salvador, qui dura 15 ans, la nouvelle guerre oppose « les pauvres aux pauvres »! Désormais, on ne peut plus nier que les jeunes filmés par Poveda sont autant des meurtriers que des victimes…

Ce documentaire sur les gangs du Salvador, discret mais puissant, simple mais intelligent, prend avec la disparition de son auteur, un rayonnement médiatique encore plus important.

Il réalisa, entre autre au cours de sa carrière de réalisateur, On ne tue pas que le temps en 96 et Voyage au bout de la droite en 98. En tout il aura signé 15 documentaires avant La Vida Loca.

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