Publié le 14th juin 2010

Le festival de photojournalisme Visa pour l’Image, du 30 août au 5 septembre 2010 à Perpignan, entend dénoncer le recours excessif aux logiciels de retouche qui dénature l’authenticité des images.

Pour la 22e édition de cette grand-messe mondiale du reportage, les organisateurs veulent plus que jamais défendre la profession dont « la production se réduit de mois en mois et de jour en jour », selon Jean-François Leroy, directeur général du Festival.

Ce dernier dénonce « l’overphotoshopping » (surutilisation de Photoshop) qui « travestit, déforme de plus en plus la réalité ». « Certains photographes ne se rendent pas compte qu’ils se tirent une balle dans le pied quand leurs photos sont plus éclatantes que la page de publicité qui côtoie leurs images », a-t-il dénoncé mardi en présentant le Festival.

Il a fustigé « ce qui aurait dû être une simple aide qui est devenu un passage obligé (…) On accentue à l’excès, on dramatise les nuages, on joue avec les couleurs, et la réalité dans tout ça », s’est insurgé Jean-François Leroy.

« Vous connaissiez le ciel violet et les nuages roses de Haïti après le séisme, des gravats si blancs qu’ils en deviennent éblouissants, eh bien non en vrai leur ciel est gris et les gravats sont ternes ».

« On exigera désormais pour les expositions de Visa les fichiers numériques originaux », a-t-il dit.

La profession subit de plein fouet les conséquences de l’arrivée de « la photographie numérique qui supprime tout recul », a rappelé Jean-Paul Griolet, président de Visa pour l’Image.

Parmi les nouveautés, sera mis en place « +Visa Transmission+, un lieu d’échanges, de rencontres, mais surtout de passage de témoins », a expliqué M. Leroy. Le photojournalisme est aussi « un savoir-faire » et « il est grand temps de faire savoir ce savoir-faire et les valeurs communes qu’il véhicule », a-t-il dit.

A l’instar des précédentes éditions, Visa proposera une trentaine d’expositions, des soirées de projections et une table ronde réunissant photographes, responsables éditoriaux et commerciaux, chercheurs et universitaires. « Les échanges s’organiseront autour de photographies +qui posent problème+ », a souligné Jean Lelièvre, organisateur des débats.

Parmi les expositions phares, celle de William Albert Allard (National Geographic), pionnier de la couleur, qui présentera une sélection de ses cinquante années de reportages. Grégoire Korganow a découvert le SMUR 95 (SAMU) en étant victime d’un accident de moto. Il y a consacré ensuite plusieurs journées de reportage.

Les travaux de deux photographes de l’Agence-France Presse sont également à l’honneur, ceux d’Olivier Laban-Mattéi sur les hommes et femmes luttant pour leur survie dans des pays sinistrés par des guerres, des dictatures ou des catastrophes naturelles et une sélection d’images de Roberto Schmidt.

Stéphanie Sinclair montrera quant à elle un travail de longue haleine sur la polygamie aux Etats Unis, en particulier dans une secte mormone des plus fermées. Visa proposera aussi la première rétrospective de l’oeuvre de Kazuyoshi Nomachi, consacrée aux pèlerinages sur différentes continents.

Le festival décernera sept prix, dont les Visa d’or news, magazine et presse quotidienne.

La 21e édition en 2008 avait totalisé quelque 190.000 entrées et accueilli près de 3.000 professionnels.


Source : http://bonjour.news352.lu



Publié le 25th mai 2010

L’agence de photojournalisme Sygma été déclarée en cessation de paiement à la suite d’un contentieux juridique avec un ex-photographe, a indiqué vendredi le gérant de cette société de 29 salariés, filiale du groupe Corbis. Le gérant de la société Corbis Sygma, l’une des agences historiques de photojournalisme avec Sipa et Gamma, a indiqué avoir«déposé au tribunal de commerce de Paris une déclaration de cessation de paiement (dépôt de bilan) avec une demande de liquidation judiciaire».

L’audience doit avoir lieu mardi matin. «Je suis dans l’impossibilité de payer mes créanciers», a déclaré Stefan Biberfeld, gérant de Sygma, qui fut fondée en 1973 et a été rachetée en 1999 par le groupe américain Corbis, propriété personnelle de Bill Gates. «Cette impossibilité est due en grande partie à un jugement de la cour d’appel de Paris», fin avril, sur un contentieux concernant la perte d’images d’un ancien photographe de Sygma, a précisé Biberfeld. Dominique Aubert, photographe reporter à Sygma de 1987 à 1995, a demandé en 2003 une restitution de son matériel et de son oeuvre.


La justice a constaté que «certaines images (750 sur 250.000) avaient été non retrouvées et estimé les dommages à 1,5 million d’euros», a expliqué le gérant. «Les archives étaient conçues pour les clients, par thématiques, pas pour être restituées à un photographe», a-t-il souligné. L’exécution du jugement «a entraîné la saisie de nos comptes bancaires, de nos biens immobiliers et de nos comptes clients», a-t-il ajouté. Ce responsable a préféré demander une liquidation plutôt qu’un redressement (le tribunal tranchera) car selon lui, «un repreneur serait confronté aux mêmes problématiques que pose cette jurisprudence».


D’autres contentieux sont en effet en cours avec d’autres photographes réclamant la restitution de leur matériel. «Economiquement notre structure ne pourrait pas tenir au vu des coûts de structure qui chaque mois sont dans le rouge depuis dix ans», selon Biberfeld. «Nos dettes fiscales s’élèvent à 73 millions d’euros sur ces dix dernières années. En 2009 nous avons essuyé 2 millions d’euros de pertes», a-t-il précisé. L’agence Sygma, qui fut l’une des plus grandes agences photographiques, avait été fondée en 1973 par Hubert Henrotte après un conflit avec l’agence Gamma. En 2001, 90 personnes dont 42 photographes avaient été licenciés dans le cadre d’un plan social. Une liquidation judiciaire entraînerait le licenciement des 29 derniers salariés. En janvier, le groupe Eyedea, qui coiffe notamment les agences photographiques Gamma et Rapho, a été déclaré en cessation de paiement. Quatre dossiers ont été déposés pour sa reprise.


(Source AFP)

Publié le 30th janvier 2010

Marre de laisser dormir vos photos dans votre ordinateur ?  Artysign propose d’imprimer sur toile de peintre, avec châssis bois, une photo, une illustration ou encore un dessin en quelques clics.  Pour ceux qui préfèrent miser sur des valeurs sures, le site propose de choisir l’oeuvre d’un artiste.

« Artysign est née d’une idée simple explique Damien Lambrecht créateur de l’entreprise. Il s’agissait de répondre aux attenres des particuliers et des entreprises qui recherchent une décoration de plus en plus personnalisée et singulière, tout en garantissant un niveau de prix accessible pour des produits de grande qualité. Et la toile était parfaite pour ça. »

Les prix proposés défient toute concurrence puisque vous pouvez vous offrir une toile (au format 24*33 cm) pour seulement 39€. Et pour ceux qui ont envie d’un plus grand format., Artysign vous propose le 130*195 cm pour un tarif de 289€.

De votre coté, rien de plus simple, il vous suffit de télécharger votre photo, de choisir son format et de procéder au recadrage. Votre toile vous sera livrée entre 48h et 7 jours.

Pour plus d’information, le site c’est

Source : « Artysign imprime votre photo préférée sur toile : c’est géant », Priscillia Fattelay, Magazine Photo.


Publié le 9th octobre 2009

Téhéran. Eté 2009. Des centaines de photos et de vidéos relayées par internet témoignent du mouvement contestataire qui a rejoint la rue après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle. Des témoignages qui ne sont pas issus du travail de photoreporters, mais des téléphones mobiles des manifestants. Au même moment, le 28 juillet dernier, le tribunal de commerce de Paris place la société Eyedea Presse, propriétaire, entre autres, de l’agence Gamma, en redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois pour étudier son plan de continuation d’activité. Ces deux événements n’ont certes pas de lien direct, mais ils montrent que les frontières du photojournalisme sont en train de bouger.

C’est une institution qui vacille. Gamma, la plus ancienne agence photographique de la mythique trilogie qu’elle formait avec Sygma et Sipa, est sur le point de disparaître. Ces trois noms prestigieux, qui ont fait de Paris la capitale du photojournalisme des années 70 à 90, feront-ils bientôt partie de l’Histoire ? Déjà Sygma a disparu, avalée en 1999 avec son fonds de 40 millions d’images par l’américain Corbis, propriété de Bill Gates, dont l’une des premières décisions fut de licencier les photographes. Sipa, pour sa part, a été rachetée en 2001 par le groupe Sud Communication, détenu par Pierre Fabre, fondateur des laboratoires du même nom.

Les raisons de cette lente agonie sont nombreuses et profondes. C’est d’abord dans la révolution des nouvelles tech no logies de l’information et de la communication qu’il faut chercher les causes structurelles. La disparition de l’argentique au profit du numérique a irrémédiablement modifié notre rapport à la photographie. Autrefois photo objet, nécessitant un support physique (le tirage papier), l’image s’est dématérialisée sur un support électronique, modifiable, multipliable, diffusable à l’infini. De témoignage d’un « grand » événement, qu’il soit international ou familial, la photo, désormais intégrée à tous les téléphones portables, est devenue une trace de chaque instant, aussi futile soit-il. D’abord réservée aux professionnels ou aux amateurs éclairés, elle est devenue « facile » pour tous, donnant l’illusion que nous pouvons tous être Raymond Depardon. A cela s’ajoutent également la crise de la presse et la préférence du public pour les photos people plutôt que pour celles d’actualité.

On pourrait facilement transposer les causes citées plus haut à l’univers de la musique, où les maisons de disques traversent une crise tout aussi profonde que celle des agences de photojournalisme. Confortablement assises sur un modèle adapté aux années 80-90, agences et majors n’ont pas vu le ciel s’assombrir et la tempête se lever.

L’appréhension du média internet par les agences photo et les photographes professionnels est symptomatique. Convaincus que la priorité devait être donnée à l’esthétisme, la majorité de leurs sites internet sont des aberrations du point vue du référencement sur les moteurs de recherche. Alors que le réseau est devenu le principal moyen de diffusion du travail des photographes, à travers des galeries en ligne, certains sites, réalisés en Flash ou utilisant des moteurs de recherche internes pour leur fonds, incompatibles avec Google ou Yahoo, sont quasi introuvables sur le net. Une faille que n’ont pas manqué d’exploiter de nouveaux entrants. Ils en ont même profité pour imposer un nouveau modèle économique : les sites de microstock. A l’instar de Fotolia, qui compte 7 millions de photos disponibles à partir de 1 euro, et plus de 4 millions de pages référencées sur Google. Le principe ? Fotolia se définit comme une «place de marché mondiale de l’image libre de droits (…) alimentée en continu par des photographes et des graphistes qui touchent des droits d’auteur pour chaque image vendue…» Ainsi tout le monde peut-il vendre ses photos et les acheter pour une somme modique. Quand la quantité devient plus rentable que la qualité…

Aujourd’hui, c’est derrière ce modèle que courent les grandes agences. Mais au prix de vente du cliché, il devient difficile de salarier des photographes professionnels. Et le cas de Gamma est éloquent. Les orientations stratégiques du groupe (effacement du nom des agences, abandon des sujets d’actualité, licenciement des photographes, etc.) portent à croire que l’agence souhaite se transformer en simple fonds d’images sans reporters. L’information est devenue une marchandise comme les autres, soumise aux mêmes impératifs de rentabilité.

Souvenez-vous de la photo de cette fillette grièvement brûlée au Vietnam, s’enfuyant de son village bombardé au napalm. Pris le 8 juin 1972 par le photographe Nick Ut d’Associated Press, ce cliché, en représentant toute l’atrocité de la guerre, a fortement contribué à la fin de ce conflit dans le Sud du Vietnam. Qui seront les photographes d’actualité de demain ? Les caméras de vidéosurveillance ?

(source : Le Figaro)

Publié le 6th octobre 2009

Aujourd’hui se pose la question de l’avenir de ce métier avec la mondialisation des moyens de communication et leur concentration au sein de quelques grands groupes internationaux. L’âge d’or du photojournalisme se termine et pourtant, celui-ci n’a jamais été tant courtisé par le grand public, les médias, les festivals et les milieux culturels. Depuis plus de dix ans, les nouvelles technologies et l’apparition du numérique ont redéfini les pratiques de la profession. De profonds changements se sont opérés dans les domaines de la production, de la diffusion et de la consommation de la photographie d’information. Le photojournalisme est à la croisée des chemins, néanmoins, des jeunes agences continuent à l’inscrire dans l’histoire en lui faisant don d’un nouveau chapitre.

(source : wikipedia)