Les articles de la catégorie "Les beaux livres"

Don’t Take My Pictures, Iraqis Don’t Cry

oct 24, 2009   //   Les beaux livres, Les livres  //  Laissez un commentaire
« Je suis né sur la ligne de démarcation au Liban, dit-il  comme un signe du destin. Lorsque j’ai réalisé que je ne pouvais prendre les armes, j’ai accroché mon appareil photo en bandoulière. C’était mon arme à moi. » Autre signe du destin : son amie lui offre un jour Nam, l’album de photos de Tim Page sur la guerre du Vietnam. « Je rêvais de faire ce métier. Tout ce que je fais, c’est prendre la guerre à contre-pied, poursuit-il. Au lieu d’être en déni comme tant de Libanais, j’ai fait front. »
La Bosnie, Mogadiscio, Gaza et maintenant l’Irak : autant de visages de la guerre du Liban démultipliée, déformée et recomposée, en images et aujourd’hui en split-screen par ce photojournaliste à l’AFP qui couvre les conflits depuis près de 30 ans.

Esprit libre et indépendant, préférant la lumière naturelle à l’artificielle, les grands espaces au studio et l’inconfort aux commodités d’un bureau, le photographe voyageur quitte le Liban. Il traque, poursuit, capte l’image et tente de digérer l’injustice, les souffrances, les malheurs. En 2006, il quitte Bagdad, contourne le blocus et rentre au Liban « pour photographier à nouveau (mon) peuple qui pleure », dit-il.

 

Dans ce bel ouvrage, Patrick Baz partage ses coups de gueule, son désarroi devant tant de haine, sa solitude d’intrus au milieu de jeunes soldats américains « avec qui j’avais parfois du mal à communiquer ».

 

Lancé en avant première le 10 octobre au prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, Don’t Take My Picture. Iraqis Don’t Cry a reçu un très bon accueil de la part du public et de la presse français. Au Salon du livre de Beyrouth, c’est le regard de ses compatriotes qui se posera sur son livre. Patrick Baz espère qu’ils y liront un grand « non » à la guerre.

 

Unreasonable behaviour – McCullin

Entre l’érection du mur de Berlin au cours de l’été 1961 et son travail sur les ravages du sida en Afrique australe en 2001, Don McCullin n’a cessé de regarder les souffrances des autres à travers les conflits majeurs de ces quatre décennies. Un regard chargé de colère toujours, de tristesse aussi, de désespérance même, sur les inqualifiables cruautés infligées par les hommes à leurs semblables.

 

Un regard empli d’incompréhension et de compassion tout à la fois, regard de solidarité à l’égard des plus faibles, des démunis, des réprouvés, des victimes de ces inacceptables situations. Chypre divisée, le Congo meurtri, le Vietnam bombardé et torturé, le Moyen-Orient déchiré, le Biafra affamé, le Bangladesh ravagé, le Cambodge assassiné, le Salvador révolté, l’Irlande tourmentée, l’Irak insurgé.

 

Ni voyeur, ni chasseur, ni même vraiment chroniqueur ou historien, Don McCullin, autodidacte en photographie comme dans sa lecture du monde, est un homme au visage marqué mais à l’oeil limpide et innocent, incrédule devant la barbarie. A travers ses puissantes images publiées régulièrement durant vingt ans dans l’important Sunday Times Magazine, il se voue à déranger le confort dominical de ses compatriotes en leur présentant ces injustices faites à l’homme par l’homme à travers la planète. Dans sa photographie, il y a et Zola et Goya.

 

En même temps, il proclame sa propre culpabilité avec ses images impuissantes à changer le cours des choses… comme il n’a pu empêcher la mort de son père lorsqu’il avait quatorze ans, ou plus tard celle de ses proches. Son regard demeure l’émouvant miroir de celui des sujets qu’il photographie, auxquels il s’identifie. Il est profondément solidaire. Et puis il y a l’Angleterre qu’il photographiera souvent entre les reportages de guerre. Et cette fois il y a du Dickens chez McCullin.

 

Une Angleterre qu’il continue de photographier aujourd’hui. Personnage hors du commun, difficile à cerner de façon définitive, ses intérêts sont divers :les bords du Gange ; les paysages du Somerset ; les tribus perdues du Sud éthiopien ; les traces de l’empire romain autour du bassin méditerranéen. Mais toujours avec ce même regard profond et inquiet sur l’homme.

 

Il aura fallu attendre plus de vingt ans pour que cette autobiographie de Don McCullin, qui se termine en 1982, soit enfin publiée en français. Elle nous amène à nous demander qui nous racontera le quart de siècle écoulé depuis, celui durant lequel le grand photographe de guerre a choisi de devenir un homme en quête d’une paix impossible.

 

 

  • Broché: 383 pages
  • Editeur : Delpire (7 mars 2007)
  • Collection : Des Images et des Mots
  •  

    Texte de Robert Pledge, Directeur de l’agence Contact Press Images

     


    Femmes d’éternité – Olivier et Danielle Föllmi

    Femmes déternité - Föllmi

    Élégantes femmes indiennes, jeunes mères de famille Himba, bergères courageuses du Zanskar, villageoises du Rajasthan au travail, cet ouvrage est un vibrant hommage à ces femmes qui ont marqué le parcours photographique d’Olivier Föllmi, au cours de ses trente années de ph

    otographie autour du monde. Femmes d’éternité est un hymne à la femme universelle, celle qui porte en elle l’élan vital, la créatrice, celle qui incarne le lien social et la solidarité. Au fil des jours, images et citations se mêlent pour mettre à l’honneur la féminité. Un livre indispensable, fort, qui ne laissera personne insensible

    .

    Les filles du Mirabai – Hans Silvester

    Lorsque Hans Silvester est parti pour un voyage dans le nord de l’Inde, il était loin de se douter qu’il rencontrerait des femmes évoluant dans un univers où, malgré des moyens précaires, elles partagent un bonheur quotidien. Il suffit de voir leur rire, leur beauté, leurs créations artistiques pour se rendre compte qu’elles vivent autrement et que le bonheur n’est pas celui que l’on connaît. C’est beau et serein. Chaque chose est à sa place. Et si le village est détruit par la mousson, il sera reconstruit par des mains de femmes qui le rendront plus beau et plus agréable à vivre. Une leçon à méditer.

    Hans Silvester  »Les filles de Mirabai », du 9 Octobre au 22 Décembre 2009, Galerie de l’Etrave, 4 bis avenue d’Evian, Thonon-les-Bains.

    Vietnam – Larry Burrows

    Larry Burrows a photographié la guerre du Vietnam depuis les premiers moments de l’engagement américain, en 1962, jusqu’à sa mort en 1971, lorsque son hélicoptère fut abattu à la frontière entre le Vietnam et le Laos. Il s’est trouvé au cœur du conflit, dans un pays dévasté, parmi des soldats et des civils traumatisés par la cruauté de la guerre. Ses images, publiées par le magazine Life, ont touché la conscience américaine et contribué à faire naître les mouvements de protestation qui ont secoué les Etats-Unis dans les années 60.

     

    Les photographies réunies dans cet ouvrage, dont certaines sont inédites, mettent en évidence le talent de Burrows, son courage – il n’hésitait pas à se pencher avec son appareil par les portes d’un avion en vol – et son humanité, qui apparaît à travers les images de soldats blessés ou épuisés, d’enfants vietnamiens souffrant physiquement et psychologiquement de la guerre. Ces photographies sont brutales, poignantes et terriblement réalistes. Elles constituent un brillant exercice de photojournalisme, transcrivant l’histoire en marche tout en atteignant un très haut niveau artistique.

     

    Comme le dit David Halberstam,  » Larry Burrows fit oeuvre d’historien autant que de photographe et d’artiste. Grâce à ses reportages, les générations nées après sa mort possèdent un témoignage unique de ce que fut cette terrible guerre. Ce livre est en quelque sorte son testament. « 

     


    Je tenais particulièrement à vous parler de ce photographe car c’est par le biais de son travail sur le Vietnam que j’ai notamment commencé à m’intéresser au photojournalisme et à y être sensibilisé.  Si vous voulez vous procurer ce livre il n’est malheureusement plus édité mais vous pouvez le faire venir du Royaume-Uni en cliquant ici

    A l’ombre des Montagnes – Steve McCurry

    oct 5, 2009   //   Les beaux livres, Les livres  //  Laissez un commentaire

    Photographe de la prestigieuse agence Magnum depuis 1986, Steve Mc Curry a reçu la médaille d’or Capa en 1980 pour son travail sur l’Afghanistan. On ne peut réduire l’œuvre d’un tel artiste à une destination. Mais ce véritable carrefour de l’Asie centrale occupe une place à part dans la vie du photographe. « Si je persiste à y retourner, c’est peut-être parce que l’Afghanistan reste pour moi une énigme. » Ni reporter de guerre, ni documentariste, Steve Mc Curry traverse le pays à contre-courant des événements. « De plus en plus, le théâtre de l’ordinaire, les accalmies de la vie trouvaient le chemin de mon objectif. » Le résultat est saisissant.

    Fille au châle vert, Peshawar, Pakistan, 2002 ©Steve McCurry


    À l’ombre des montagnes rassemble 110 clichés en couleurs, réalisés sur plus d’une vingtaine d’années. Des scènes de rue, des instants de vie quotidienne, avec des ruines omniprésentes, fondues dans le décor. En fil rouge, des portraits. Magnifiques. Inoubliables. Comme celui, célèbre, de Shabat Gula, cette jeune fille afghane aux yeux verts que Steve Mc Curry photographie en 1980 pour National Geographic. Cet ouvrage en contient beaucoup d’autres.

    À la fin de l’ouvrage, chaque image est décortiquée, replacée dans son contexte, avec les explications du photographe.


    Éditions Phaidon

    152 pages – 47,46 €


    Pages :«12

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