Le photographe de l’Agence France-Presse John MacDougall, en poste à Berlin, s’est vu décerner l’un des prix allemands de photographie les plus renommés, « Rückblende » (flashback), pour un cliché lors d’une cérémonie d’hommage à trois soldats tués en Afghanistan.
Sur cette image, le reporter franco-américain a choisi de se concentrer sur la dimension humaine de la manifestation officielle, avec une femme soldat prenant dans ses bras pour le consoler un proche de la victime.
« Parmi les quatre photos que j’avais sélectionnées pour concourir à ce prix, je suis content que ce soit celle-ci qui ait été choisie car elle était pour moi la plus forte », a déclaré John MacDougall, lors de la remise de son prix mercredi soir.
© John MacDougall / AFP
Né en 1965 à Paris, John MacDougall a commencé par travailler comme traducteur dans une maison d’édition parisienne après des études de littérature à New York.
En 1989, il a été engagé comme éditeur au desk photo international de l’AFP à Paris avant de partir pour Hong Kong, l’Indonésie et les pays d’Asie du sud-est. En 2003, il s’est installé à Berlin, où il a participé à la fondation du service photo allemand de l’agence.
C’est la première fois qu’un journaliste de l’AFP reçoit le prix Rückblende, créé en 1995, qui comptait cette année 247 participants.



Le Musée de la Photographie André Villers de la ville de Mougins présente pour la première fois une exposition personnelle de Sarah Caron du 11 février au 3 Juin 2012. Cette exposition nous donne l’opportunité de voir l’oeuvre photographique de Sarah, images captées au cours de ces quinze dernières années au sein de cultures et de pays aussi différents comme l’Afghanistan, la Cisjordanie, le Chili, le Cameroun, Gaza, Cuba, Haïti, les Etats Unis, le Cambodge, l’Inde, le Pakistan, la Birmanie ou encore l’Indonésie, toutes marquées par la même géographie de la lumière qu’elle a créée avec cette écriture personnelle, et publiées par les plus importants medias des Etats Unis et d’Europe.
Sarah ne se contente pas de photographier ce qu’elle voit et de le refléter dans un reportage, elle nous dévoile un univers visuel créatif qui l’habite quel que soit le thème traité. Elle habite tellement l’image qu’elle en capte et en régule l’intensité de la lumière en fonction de la conscience du drame dont elle veut témoigner. Ces images ne disparaissent pas quand on a cessé de les regarder, elles s’arrêtent dans notre conscience car le niveau de suggestion dramatique avec lequel elles furent prises invite à réfléchir sur ce qui est en train de se passer, ce qui est arrivé avant et ce qui va se passer après la photo…
L’exposition présentée au musée de la photographie André Villiers à Mougins est composée de trois parties: A Fragile world, A land of Pure /Pakistan, In the Night for love.
Cette exposition nous donne l’opportunité de voir l’oeuvre photographique de Sarah Caron, images captées au sein de cultures et de pays aussi différents que sont l’Afghanistan, la Cisjordanie, le Chili, le Cameroun, Gaza, Cuba, Haïti, les Etats Unis, le Cambodge, l’Inde, le Pakistan, la Birmanie et l’Indonésie, elles sont toutes marquées par la même géographie de la lumière que Sarah a créée pour nous, avec une écriture qu’elle affirme dans l’ensemble de cette exposition personnelle. Ainsi est présenté son travail de photo - reporteur pour les plus importants médias des Etats-Unis et d’Europe au cours des quinze dernières années.
Au regard de la présentation, on est frappé par le nombre de thèmes traités au cours de ces années de travail : des veuves en Inde à la récente catastrophe Haïtienne en passant par la richesse culturelle du Pakistan, le caractère religieux catholique de la population cubaine. D’autres sujets comme l’homosexualité, le travestisme ou la vie des combattants dans les camps de réfugiés palestiniens sont également traités.
Sarah ne se contente pas de photographier ce qu’elle voit pour le refléter ensuite dans un reportage. Elle dévoile un univers visuel créatif qui l’habite quelque soit le thème traité. Cette créativité fait que les combattants (Brigade des Martyrs d’Al Aqsa) ou « les civils volontaires » surveillant la frontière aux Etats unis pour que les mexicains illégaux ne passent pas, aient moins d’importance que les ombres et leurs contrastes, que leurs regards et leurs gestes révélant leurs angoisses et leurs malheurs .
Du 11 février au 3 juin 2012 au musée de la photographie André Villiers
Porte Sarrazine – 06250 Mougins
Ouvert tous les jours: 10h/12h30 et 14h/18h

Un pionnier de la photographie est menacé de disparition. Kodak, marque mythique dont la création, en 1880, remonte aux premiers pas de la photo, a annoncé hier qu’elle déposait le bilan pour se restructurer. La société est désormais placée sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, ce qui la place à l’abri de ses créanciers. La mesure ne concerne pas les filiales du groupe hors des Etats-Unis.
Kodak avait été l’artisan de la démocratisation de la photographie au XXe siècle, en fabriquant des appareils bon marché et simples à utiliser. Dès 1900 avait été lancé le Brownie, vendu 1 dollar.
Et la pellicule couleur Kodachrome, mise sur le marché en 1935, a été une révolution en termes de qualité d’image, servant à immortaliser l’explosion du dirigeable Hindenburg en 1937.
Mais le groupe n’a pas su gérer le passage de l’argentique au numérique, après avoir pourtant inventé l’appareil photo numérique en 1975.Distancé par Sony ou Canon, il a amorcé son déclin dans les années 1980. Pour survivre, il va désormais se concentrer sur le développement et l’impression et vendre ses 1 100 brevets, qui intéressent les fabricants de téléphonie.

Tout comme Brassaï, Cartier-Bresson, Doisneau et Ronis, Izis compte parmi les plus grands photographes humanistes de sa génération. Entre poésie et photographie, Izis livre une vision personnelle d’un Paris qui le fascine, nostalgique et populaire. Dans sa flânerie solitaire, au hasard des coins de rues et des rencontres, il dessine le Paris de ses rêves, au réalisme onirique et atemporel.
Reporters sans frontières rend hommage à cet artiste à travers son nouvel album, en regroupant quelques-uns de ses clichés les plus emblématiques ainsi qu’une sélection de 40 photographies inédites.
Pour le commander cliquez ici

Stanley Greene a vécu 1000 vies: membre des Black Panthers et militant anti-guerre du Vietnam à l’adolescence, presque tué lors d’un attentat à la Maison Blanche de Moscou, remarqué par la légendaire W. Eugene Smith, il a été témoin de toutes les guerres contemporaines, notamment la Tchétchénie de 1994 à 2003 dont témoigne l’impressionnant «Open Wound: Chechnya.» L’existence de Stanley est dévouée corps et âme à son engagement photographique. A la fois timide et déterminé, il a cette impudeur des grands témoins; c’est cette impudeur que nous avons souhaité questionner avec lui.
Avec l’aide de Nathalie Lopparelli de l’atelier Fenêtre sur cour, son tireur depuis toujours, il a accepté de se plonger dans ses archives, de les redécouvrir, de se confronter à nouveau à l’horreur de certaines scènes, parfois longtemps occultées. De cette plongée en apnée est née l’exposition Entre chien et loup, un voyage non chronologique dans son travail – certains tirages étant exposés pour la première fois -, où l’Azerbaïdjan côtoie le Liban, où les femmes moscovites frôlent les soldats d’Irak, où la nuit parisienne se prolonge dans les eaux sombres de la Nouvelle Orléans, comme autant de fragments d’une longue histoire photographique où chaque image révèle une obscurité ou une tendresse là où on ne l’attendait pas.
Goz Beida, Tchad. Janvier 1995. ©Stanley Greene
En fouillant dans leurs archives, Stanley et Nathalie ont aussi retrouvé des images qui avaient été considérées comme immontrables. Oubliées pendant des années, elles lui sont revenues comme le ressac, l’ont hanté, puis se sont imposées. Exposées dans la salle du sous-sol, c’est une descente dans l’enfer de Greene; l’enfer, comme dans ces salles cachées qui abritaient autrefois les livres censurés de la BNF.
Peu de photo-journalistes sont capables de mettre des mots sur les intentions contenues derrière leurs images, sur la nécessité de couvrir les horreurs du monde, sur la difficulté de vivre avec. Stanley Greene fait partie de ceux qui peuvent, et il nous fera l’immense plaisir d’une rencontre avec le public, et de se livrer, aux côtés de ses images…
Jusqu’au 23 décembre 2011
A la Petite Poule Noire
12 bd des Filles du Calvaire / 75011 paris
Ouvert de 12h à 19h / du mardi au samedi
Métro Saint Sébastien Froissart

Séance de signatures en présence de Marc Riboud, Stanley Greene, Jane Evelyn Atwood et Titouan Lamazou
Marc Riboud – « 1, 2, 3, image »
Avec 1,2,3, image, les enfants apprennent à compter en suivant Marc Riboud sur les routes du monde. Une manière inédite d’associer les joies et les surprises du voyage à la découverte des nombres.
Invité par Henri Cartier-Bresson et Robert Capa à rejoindre l’agence Magnum dans les années 50, Marc Riboud est l’un des plus grands photographes français. En 1957, après un séjour d’un an en Inde, il fut l’un des premiers à photographier la Chine. Il a également photographié l’Algérie et de nombreux pays d’Afrique au moment où ils accédaient à l’indépendance. On lui doit quelques-unes des icônes du siècle dernier comme le Peintre de la tour Eiffel ou encoreJeune fille à la fleur face aux baïonnettes qu’il a photographiée lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam. Communiqué de presse
1. 2.. 3… Image, aux éditions Gallimard Jeunesse / Les Trois Ourses .
Stanley Greene – « Black Passport »
Black Passport en dit long sur le quotidien des photographes de guerre. Une profession à part, comme le souligne Stanley Greene, prenant l’exemple de cérémonies de remise de prix, qui voient ces derniers habillés en treillis kakis, quand leurs confrères endossent des costumes. Ni donneur de leçon, ni désabusé, ni voyeur, Black Passport est le témoignage puissant, vif, d’un homme blessé. Ce passeport, qui le mène en enfer aux quatre coins du monde, ne peut être que noir.
Stanley Greene vient de remporter le prix PIPAK 2011, succédant à Marc Riboud et Raymond Depardon. Le photographe est devenu une légende du photo-reportage, remportant notamment deux World Press.
Stanley Greene – Black Passport, éditeur : Schilt Publishing
Jane Evelyn Atwood – « Rue des Lombards »
Nommé « Artiste de l’UNESCO pour la Paix » en 2003, il a réalisé de nombreux portraits de femmes entre 2001 et 2007 pour son projet Zoé-Zoé, Femmes du Monde. Depuis, il s’engage activement auprès d’associations caritatives pour la défense des droits des femmes et des enfants dans le monde.
Ténèbres au paradis. Africaines des grands Lacs (Editions Gallimard)
Séance de signatures, samedi 17 décembre de 16h00 à 18h00
Polka Galerie, 12 rue Saint-Gilles, 75003 Paris

L’ombre de Tim Hetherington plane sur le Bronx Documentary Center. Un autel recouvert de fleurs et de bougies trône dans l’entrée de ce nouveau lieu dédié aux arts documentaires. Sous un gigantesque panneau où se lit, en anglais et en espagnol, la biographie du photojournaliste anglais, un large et émouvant photomontage attire l’œil.
Il est mort le 20 avril dernier à Misurata et Michael Kamber et Danielle Jackson, fondateurs de cette galerie et proches d’Hetherington, ne cachent pas qu’il s’agit là d’une exposition particulière : « Nous voulions rendre hommage à Tim. Quand nous avons décidé de créer ce lieu, il était même question qu’il habite au-dessus de la galerie », explique Jackson. Quand la terrible nouvelle est tombée, ce photographe de guerre et cette ancienne de Magnum ont rapidement décidé de présenter une sélection de ses toutes dernières photos.
Les larges clichés en couleur révèlent des rebelles libyens, appareils photo et téléphones portables à la main, obsédés par leur autoreprésentation. Les photos témoignent du chaos et de la violence de la révolution libyenne. « Je ne me considère pas comme un photographe de guerre », disait Hetherington, récompensé par le World Press. « Ce qui compte c’est le récit ». L’exposition propose également des vidéos de travaux plus anciens de cet habitué des zones de conflits ainsi que des interviews. A voir jusqu’au 2 décembre 2011.
Au Bronx Documentary Center
Jusqu’à 2 décembre, du mercredi au jeudi, 11h-18h
614 Courtlandt Avenue Bronx, New York 10451
Pour plus d’infos, visitez le site

Organisé par un ensemble de galeristes, le festival dévoile, au fil d’un parcours éclaté, la richesse et la diversité des lieux consacrés à la photographie à Saint-Germain-des-Prés, qu’ils soient galeries d’art, librairies spécialisées, institutions ou agences photographiques.
Le festival réunit une cinquantaine de lieux autour du thème « Regards croisés : images et mots à Saint Germain-des-Prés ».
Ce thème explore la complicité entre photographes et écrivains, images et textes dont l’association renvoie à l’identité même du quartier. Objet de fiction, sujet de récit, essence du désir, ou miroir qui se souvient, la photographie a toujours entretenu de nombreuses relations avec la littérature. D’Emile Zola à Hervé Guibert, en passant par Denis Roche ou Michel Tournier, de nombreux écrivains se sont intéressés à la pratique photographique.
Le thème des images et des mots se décline de différentes manières.
Travaux de photographes en relation à l’écrit ou à l’univers de la littérature :« Hommage à Théodore Brauner » chez Le Minotaure et Alain le Gaillard, « Dédipix to Futur / Lionel Bayol-Thémines 2011 » chez Maïa Muller, « Claude Jeanmart, Kafka : récits inachevés » chez GNG Art Contemporain, « Polaroids : Femmes-Fleurs » d’Araki chez Daniel Blau à la galerie Anthony Meyer, « Open See » de Jim Goldberg chez Magnum Gallery , Estelle Lagarde et IN GI chez Galerie Lefor Openo…
Inge Morath © The Inge Morath Foundation / courtesy Magnum Gallery
Place Furstemberg. Saint-Germain-des-Prés, Paris 1958
Portraits d’écrivains du 19e et 20e siècle :
« En regard : portraits d’écrivains » à la Librairie Signatures, « Gisèle Freund, portraits d’artistes » à la galerie Lucie Weill & Seligmann – Charles Zalber, « Dans l’intimité des mots » chez Roger Viollet, « Livres, Manuscrits, Photographies – liaisons littéraires et artistiques » chez Librairie A Saint-Benoît-des-Prés…
Collaborations entre photographes et écrivains :
« A travers sables… Aleix Plademunt et Benjamin Pelletier » chez Olivier Waltman, « Contributions, Alain Bublex et Raphaële Bertho » chez Georges-Philippe et Nathalie Vallois, « Le Crazy Horse, Images, Corps et Mots » par Antoine Poupel et Gilbert Lascault chez Espaces 54…
Mise en relation d’oeuvres avec des citations littéraires ou de la poésie :
« Mario Giacomelli (1925-2000), photographe et poète » chez Berthet-Aittouarès et Galerie Aittouarès, « Lucien Clergue, photographie et poésie » chez Patrice Trigano, « Cinétisations de Pol Bury et textes d’ Eugène Ionesco » chez Antoine Laurentin…
Festival Photo Saint Germain des Prés 2011
Jusqu’au 30 novembre 2011
Point Info du festival
27 rue Jacob
75006 Paris
Du lundi au vendredi de 9 heures 30 à 18 heures 30.
Le samedi de 12h à 19h samedi de 14 à 19 heures
Pour plus d’infos cliquez ici

Jusqu’au 15 janvier 2012, le Sénat présente « Cœurs de nature en France », une exposition photographique sur les grilles du Jardin du Luxembourg.

Une exposition, 80 photographies, 2 saisons :
- Du 15 septembre au 4 décembre : «Saison 1» consacrée aux cœurs de nature de métropole et d’outre- mer
- Du 6 décembre au 15 janvier : «Saison 2» entièrement dédiée à l’Outre-mer avec des photos des cœurs de nature de ces territoires. L’occasion d’une éclairage particulier de cet exceptionnel patrimoine naturel ultramarin qui abrite la majorité de la biodiversité nationale.
Exposition Coeurs de Nature en France
Jusqu’au 15 janvier 2012
Grilles du Jardin du Luxembourg
Rue de Médicis – 75006 Paris.
Accès libre.
Pour accompagner l’exposition présentée par le Sénat sur les grilles du Jardin du Luxembourg, Terre sauvage publie un numéro hors-série de prestige spécial Cœurs de nature.
Découvrez les coulisses de la mission photo, des reportages dans les espaces naturels, les acteurs, de nombreux portfolios…


Établissement public, l’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis près de soixante dix ans pour combattre la pauvreté et favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Elle met en oeuvre la politique de développement définie par le Gouvernement français..
A l’occasion de son 70e anniversaire, l’AFD a choisi de s’associer à Magnum Photos pour mieux faire connaître ses valeurs et son savoir-faire: le développement des pays du Sud. Une exposition gratuite et en plein air ira à la rencontre du public.
Repiquage de jeunes plants de riz produits en pépinère. L’agriculteur choisit les plants les plus vigoureux, ce qui améliore les rendements de manière importante. ©Dacolma Kapatchez.
Cette exposition vise à susciter un nouveau regard sur les pays du Sud, loin de l’image qui leur est trop souvent associée. Les photographies présentées mettent en lumière les défis et les réponses du développement. Elles montrent des projets, mettent en avant leurs résultats et racontent l’implication des partenaires du Sud. Grâce à des cubes dépliés qui évoquent les différentes facettes du développement, ces histoires de vie nous rappellent combien nous sommes aujourd’hui tous responsables d’un monde en pleine mutation.
L’exposition présente les regards de 7 photographes sur 7 enjeux de développement. Réalisés en 2011, ces reportages couvrent les thèmes suivants:
• L’agriculture en Guinée (Jonas Bendiksen)
• Le soutien à la croissance au Cambodge (John Vink)
• L’eau et l’assainissement dans les Territoires palestiniens (Paolo Pellegrin)
• L’éducation au Burkina-Faso (Bruno Barbey)
• Le développement urbain en Colombie (Thomas Dworzak)
• La santé mère-enfant en Mauritanie (Olivia Arthur)
• Les enjeux du climat en Indonésie (Jean Gaumy)
Pour plus d’infos cliquez ici

Exposant 200 clichés issus de la courte carrière (15 ans) de Diane Arbus et venus de nombreux musées et collections particulières, le Jeu de paume lève le voile sur une œuvre exceptionnelle, sans jamais chercher à en percer le troublant mystère. Jusqu’au 5 février 2012.
« Une photographie est un secret sur un secret. Plus elle vous en dit, moins vous en savez« . Diane Arbus.
Photographe pour Esquire, Harper’s bazaar, Show et The London Sunday Time, Diane Arbus signait parfois les textes qui accompagnaient ses photos. Son suicide en 1971, à l’âge de 48 ans, interrompt une carrière fulgurante. Mais dès l’année 1972, 250 000 personnes se pressent au MOMA pour voir la première grande rétrospective qui lui est consacrée.
Résolue à laisser le visiteur seul avec les clichés mystérieux de Diane Arbus, l’exposition du Jeu de Paume prend le parti d’éviter tout accrochage thématique ou chronologique. Les photos mènent les unes aux autres, comme dans un rêve, de l’orée des années 1950 à celle des années 1970. Cette exposition-fleuve se déroule sur deux étages et laisse le visiteur aux prises avec sa seule sensibilité, lui offrant tout de même en fin de parcours deux salles de documentation sur la vie de Diane Arbus et les aspects techniques de l’art la photographe, carnets personnels et fresques murales de son appartement compris.
Jeune homme et sa femme à Washington square Park, 1965
Dans un désordre assumé, le visiteur découvre donc les « rites » américains. Embarqués pour l’Amérique d’après-guerre l’ on voyage avec Arbus un peu partout dans les États-Unis des années 1960 : à Central Park, grands bourgeois au Bal masqué ou à l’Opéra, Disneyland, baigneurs à Coney Island ou autres grandes fêtes populaires, tous les « Rites, manières et coutumes de l’Amérique » sont interrogés. Arbus fixe également toute une série d’interlopes et de marginaux : nudistes, travestis, nains; dès les années 1950, l’on sent sa sympathie aussi bien pour ces figures étranges que pour les populations réprimées ou immigrés (Mexicains, noirs). La photo d’un « Jeune homme et de sa femme à Washington square Park » (1965) lui noir, l’air timide et elle blanche sûre d’elle même et enceinte est probablement un des clichés les plus fort sur le Civil Right Mouvement.
Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, N.Y.C. 1966
Les photos de Diane Arbus dérangent; elles dégagent une aura d’inquiétante étrangeté, et sur ce point, tous son égaux : une danseuse étoile vieillissante dans son lit (« La débutante de l’année 1938″ en 1966), tous ses portraits de nouveaux-nés, les icône James Brown (chez lui en bigoudis, 1966 !), Susan Sontag (1966) et Jorge Luis Borges (1969)sont aussi déroutants, si ce n’est plus que les couples de vieux nudistes, les nains ou les travestis et actrices burlesques qu’Arbus sait saisir sans leur voler leur mystère. Au paroxysme de ce climat inquiétant, l’on peut signaler deux sublimes clichés : « Petite fille assise dans un lit avec son petit-ami » (1966), où les deux enfants ont à peu près dix ans, ou encore l’inquiétante « Évêque à la mer » (1964). « Je crois vraiment qu’il y des choses que personne ne verrait si je ne les photographiais pas », estimait la photographe. En nous révélant ces choses que nous ne voulons ou ne pouvons pas voir, Diane Arbus nous met très sainement mal à l’aise et nous fait réfléchir sur notre rapport trop balisé et trop rassurant avec le réel.
A partir du 18 octobre 2011 jusqu’au 12 février 2012
Lieu: Jeu de paume, 1, place de la Concorde, Paris 8e, m° Concorde, 8,50 euros (TR 5,50 euros)
Horaire:
Mardi (nocturne) : 12h à 21h
Mercredi à vendredi : 12h à 19h
Samedi et dimanche : 10h à 19h
gratuit pour les -26 ans de 17hà 21h tous les derniers mardis du mois

La série Derrière l’Objectif des éditions Hoëbeke propose à des photographes de raconter l’histoire de leurs clichés. Après Willy Ronis et Reza, le photographe allemand Hans Silvester s’est prêté à l’exercice.
Pour Hans Silvester, la nature est… une seconde nature. On peut voir en lui le premier militant écologiste à s’être emparé de l’outil photographique comme d’une arme de persuasion. Mais son œuvre est également une approche sociologique et patrimoniale, qu’il chronique pendant trente ans l’évolution des habitants d’un village basque ou saisisse les derniers rites de peuples primitifs en Éthiopie.
Amoureux de la Terre, il l’est aussi des êtres qui la peuplent, y compris les animaux. Ses photos de chevaux ou de chats – immenses succès en librairie – en témoignent. Impossible, donc, de réduire le travail de Hans Silvester à un « genre ».
Son œuvre est un tout qui nous dit la beauté du monde et témoigne d’une grande indépendance : le photographe ne recherche jamais l’effet, il veut décider lui-même de ses reportages et se laisser porter par la chance, bonne fée dévouée à ceux qui, persévérants, la sollicitent.
Pour chacune de ces 200 images choisies au sein d’une œuvre foisonnante, toutes saisies sur le vif, toutes composées d’instinct, Hans Silvester confie commentaires, anecdotes et réflexions sur son travail. Ses propos dessinent l’aventure de la création photographique.
Derrière l´objectif de Hans Silvester
19,5 X 25 cm
160 pages
Éditions Hoëbeke
25 euros
Pour le commander cliquez ici

A l’occasion de la commémoration des 10 ans de l’assassinat du Commandant Massoud, les médias sont revenus sur une décennie de guerres, d’espoirs et de bouleversements profonds en Afghanistan. Reza a souhaité s’associer au projet de webdocumentaire réalisé par Arte Reportage. Celui-ci prévoit la diffusion quotidienne de modules vidéos réalisés en interne, mais également par de jeunes réalisateurs afghans, le cinéaste Barmak Akram et Reza, sur la plate-forme web : « AFGHANISTAN : 10 ANS, 100 REGARDS ».
A travers le premier module « Résistance », Reza livre ses souvenirs d’une amitié profonde avec le chef de la résistance afghane. Il porte un regard inédit sur la capacité de résistance du peuple afghan ainsi que le combat mené par Massoud et ses hommes contre l’envahisseur russe et les Talibans.
Cette plate-forme multimédia, dédiée à l’Afghanistan, rejoint l’esprit des formations aux métiers de l’information et de la communication menées par l’ONG Ainaworld depuis 10 ans, en donnant la parole aux Afghans.
Découvrez la plate-forme multimédia enrichie quotidiennement jusqu’au 4 novembre 2011

Qu’elles vivent en ville ou à la campagne, qu’elles soient femmes politiques ou brodeuses, chauffeurs de taxi ou réalisatrices, ingénieurs ou chefs d’entreprises, toutes sont actrices du changement profond de la société indienne et font évoluer chaque jour les frontières et le visage d’une Inde en perpétuel mouvement. Cette exposition a été présentée dans 5 villes indiennes (Bombay, Delhi, Kochi, Chennai, Calcutta), à Milan, Londres et Bruxelles avant d’arriver à Paris.
Ce projet combine les talents de l’agence Magnum Photos et de Zubaan, une maison d’édition basée à Delhi et spécialisée dans les livres pour et sur les femmes en Asie du Sud.

Six sujets sont couverts par six célèbres photographes de Magnum : Martine Franck, Alex Webb, Patrick Zachmann, Alessandra Sanguinetti, Olivia Arthur, et Raghu Rai ont été désignés pour souligner la diversité culturelle et géographique de l’existence des femmes en Inde. Chaque sujet met en évidence l’évolution du rôle, des aspirations, des opportunités et des défis que rencontrent les femmes indiennes.
Poursuivant un partenariat avec le Petit Palais initié en 2010 avec l’exposition Pierre et Alexandre Boulat, Reporters sans frontières a choisi Elles changent l’Inde pour l’ édition 2011 de son album 100 photos pour la liberté de la presse (sortie le 15 septembre) qui sera vendu au profit de l’association.
Pour commander l’album cliquez ici
Pour visiter l’exposition, rendez vous au Petit Palais du 21 octobre au 8 janvier 2012. Entrée gratuite.
Du mardi au dimanche de 10h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 20h. Fermé le lundi et jours fériés.
Petit Palais - Avenue Winston Churchill – 75008 Paris

Le photographe, fondateur de la célèbre agence Sipa est mort mercredi 5 octobre, dans un paysage médiatique bien différent. Les magazines ne se battent plus pour les meilleures images, les photographes ont du mal à vivre, et les agences photos sont en pleine déconfiture. De la vie extravagante de Goksin Sipahioglu, on aurait pu faire un film. L’homme lui-même ne laissait pas indifférent : immense (il a été basketteur professionnel), beau parleur, homme à femmes, aventurier et un peu voyou, il faisait confiance facilement et pouvait s’emporter tout aussi rapidement.
Né en 1926 à Izmir, en Turquie, le jeune homme commence par s’embarquer dans une double carrière de basketteur et de journaliste. Très tôt, il se vante d’aligner les scoops: en 1958, il est » le premier journaliste turc à entrer en pays communiste après la guerre », dit-il au Monde. Il est aussi le premier occidental à photographier l’Albanie passée sous régime communiste en 1961. Mais c’est surtout à Cuba qu’il s’illustre, en 1962 : durant la crise des missiles, alors que le blocus de l’île est mis en place, il se glisse dans un cargo turc qui doit acheminer du blé à La Havane via la Barbade. A l’époque, il dirige aussi des journaux.
Mai 68 ©Goksin Sipahioglu
C’est Paris, capitale montante du photojournalisme, qui va lancer sa deuxième carrière. D’abord correspondant d’Hürriyet, principal quotidien turc, en 1966, il couvre mai 68 avec brio – et se fait blesser par une grenade. En 1969, il crée finalement avec sa compagne une agence : les films sont développés dans les toilettes d’un studio de 16 mètres carrés ! Pendant des années, tout est artisanal : les anciens de l’agence se souviennent des fois où Goksin Sipahioglu prenait la monnaie de la machine à café pour payer les photographes et des coupures d’électricité pour facture impayée « on tirait une rallonge jusqu’à la prise du couloir… »Sipa, créée officiellement en 1973, devient pourtant très rapidement un modèle, au côté de Gamma et Sygma.
Mai 68, ©Goksin Sipahioglu
Le patron a un sens du scoop, et il a aussi du flair pour dénicher les bons photographes. Un nombre impressionnant d’entre eux se sont vus donner leur chance à Sipa, y compris… le plombier de l’agence. Parmi les plus connus, Luc Delayahe, Alexandra Boulat, Abbas, Patrick Chauvel, Reza ou Christine Spengler ont fait leurs classes à Sipa. Mais Göksin Sipahioglu a des manières patronales particulières : il tutoie tout le monde et marche à l’affectif mais ne supporte pas les syndicats. Il cajole ses photographes mais se montre aussi très possessif. Et il ne partage pas le pouvoir.
Avec la crise de la presse et la montée du « people », les agences photo d’actualité vont connaître des heures difficiles. Pendant longtemps Göksin Sipahioglu refusera obstinément de vendre, avant de céder en 2001, devant les pertes, et d’accepterl’offre de Sud Communication. En juillet dernier, toujours déficitaire, l’agence a finalement été revendue à un groupe allemand qui a licencié les deux tiers des photographes et a annoncé sa volonté de transformer Sipa en agence généraliste. Une idée bien loin de l’ancienne Sipa, fleuron du photojournalisme créé par Goksin Sipahioglu.

Rock’n’roll vibrations, 1973-1992 Parcours d’un enfant du rock – Georges Amann



















